The Pirouettes, en quête d’Équilibre

Crédits : Louise Desnos

Séparés dans la vie mais pas (encore) en studio, The Pirouettes dévoilent Équilibre, un album aux allures d’au-revoir vers de nouveaux territoires pop. 

The Pirouettes viennent de sortir leur troisième album, Équilibre,  faisant suite à Carrément Carrément (2016) et Monopolis (2018). Ce dernier album marque ainsi la fin de cette trilogie, la fin de leur histoire d’amour et probablement la fin de l’aventure musicale qui les unissait. C’est donc un album chargé de symboles, une révérence mais sous le signe de l’espoir et du renouveau. Chercher l’équilibre après une rupture, voici en tout cas l’enjeu du duo pop qui signe un album qui plaira aux fans et sûrement à un nouveau public.

« L’amour est une impasse, ça je l’ai bien compris, pas vous ? »

in Avant qu’on se lasse

 Un album cathartique et thérapeutique

«Mets les voiles,

Laisse-moi évoluer de mon côté,

J’ai la dalle, j’ai le karma, j’ai envie de leur montrer,

En cavale, sans escale, jusqu’à la ligne d’arrivée»

in Mets les voiles

Vickie Chérie et Léo Bear Creek s’accordent à dire que la sortie de ce double album a failli ne jamais voir le jour«on a eu des moments de doutes, on a failli tout envoyer valser mais maintenant c’est fait.» Mais le travail avait déjà commencé, dès 2019, où les premiers sons ont été enregistrés depuis leur résidence à Los Angeles, notamment San Diego, ballade mélancolique et cinématographique où l’amour en décapotable et lunettes de soleil est encore possible. Il fallait donc, pour Vickie et Léo, aller au bout, malgré ou grâce à la séparation :

«La rupture nous a aidés aussi à écrire, ça nous aidés à cicatriser, exorciser. On s’est forcés à mettre des mots en chansons, ça fige les choses. »

Alors, bien sûr, on entend dans les chansons, notamment Mets les voiles, qu’il faut qu’ils évoluent chacun de leur côté, en cavale, sans escale : retrouver la liberté.

Cette liberté passe donc par l’équilibre. Pour eux le titre de l’album est d’ailleurs une «quête, un point d’entente ». L’équilibre, « tu es un rêve inatteignable »? comme le répète la chanson éponyme – pas si sûr, le rêve semble bien réel.

           

Un album solaire

« Oulala sais-tu bien à qui tu t’adresses sur ce ton ?

Oulala ne m’oblige pas à te donner de leçon, 

Oulala oulala je sais pas c’est toi qui vois! »

in Oulala

La joie de vivre des Pirouettes demeure bien dans l’album, de la pochette aux mélodies entraînantes, jusqu’aux paroles. Cette énergie positive, on la doit beaucoup aux prods, au synthé syncopé, qui fait honneur à la pop hexagonale comme dans Il n’y a que toi ou Love de moi. La raison pour laquelle ce duo a été fondé en 2011 semble donc plus que jamais évidente : rendre la vie plus douce, plus lumineuse.

Une façon de dire que la rupture aussi peut se vivre, et se vivre mieux, en musique. Notamment à travers des sons composés ou coécrits avec Dodi El Sherbini, Oulala et Les morsures Monica. Deux sons très rétros, qui plairont aux fans de la première heure, addicts au premier EP sans titre, tendre et incandescent sorti en 2012.

La formule magique des Pirouettes fonctionne donc toujours – ravis seront les fans qui se souviennent d’une première partie du groupe Pendentif à la maroquinerie, où ont débarqué deux ados amoureux chantant «le dernier métro» ou «Autoroute/Opéra » (petite pépite d’une autre époque pour les nostalgiques).

Le clip de Oulala les met en scène dans une salle de danse, aux outfits 80’s, sorte d’hommage filmé à la pellicule, aux grandes comédies musicales qui riment avec rupture comme Lalaland ou les parapluies de Cherbourg (Michel Legrand est d’ailleurs cité par le duo dans Love de moi : « J’arrive en sautillant sur un air de Michel Legrand. »). Finalement cet album nous dit que grâce à la pop, on ne peut pas se quitter dans la douleur, comme si c’était trop positif, que ça rendait trop joyeux pour se laisser dépasser par la peine.

Le nouveau départ

« J’ai eu beaucoup de partenaires cette année, 

j’ai dû souvent faire des choix, parfois faire à trois. »

in Nouveau départ

 

La suite, on l’entend déjà, on la perçoit avec des voix plus dissonantes. Avec le temps, on s’était habitué à des ballades à l’unisson où Vickie et Léo chantaient d’une seule voix. Désormais, l’émancipation passe aussi par des couplets séparés et des chansons où Léo a le lead notamment avec un apport de la musique urbaine. Les prods se modernisent véritablement grâce à des nouveaux compositeurs comme Sany San et Boumidjal ou SuperParka. 

Dans le titre Elevé par des loups, où Léo parle de son enfance et de ses parents, le flow de Léo est quasi rappé. L’album évoque aussi ces deux dernières années de vie séparée, témoignage de leurs expériences :

«  On avait envie de s’exprimer au-delà de nous deux. On a vécu deux ans chacun de notre côté et on avait des choses à raconter de cette période aussi ».

D’où le dernier titre de l’album nouveau départ, où il faut se prouver que le mojo est toujours là et « ça m’étonne un peu d’être retombé amoureux » dit la chanson.

Les attentes sont claires pour le duo, il fallait répondre présent, peut-être une dernière fois. Leur concert au Trianon le 24 février 2021 est maintenu avec une performance que le public pourra voir en live connecté. Belle initiative pour le duo que l’on retrouvera sûrement dans des projets solo et en feat avec des artistes aussi polymorphes qu’eux, entre l’urbain, l’électro et la pop comme Nusky ou Zuukou Mayzie. 

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Marie-Gaëtane Anton

 

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