On était au concert en livestream des Pirouettes… Depuis le Trianon

Crédits : Louise Desnos

Le 24 février, The Pirouettes présentaient Équilibre dans un format bien particulier : le concert en streaming. Nous étions à son enregistrement dans la magnifique salle Montmartroise du Trianon.

Ce mercredi 24 février, il flottait comme un air de monde d’avant dans les rues de Montmartre. Devant les grilles de l’entrée des artistes du Trianon, située rue de Steinkerque, une petite foule hétéroclite se presse pour assister à un événement tellement rare et disparu de nos jours qu’il mériterait presque sa place dans un musée : un concert

Alors que l’on rentre sagement au coeur de la magnifique salle Parisienne au son du briefing #tousanticovid de l’équipe de production de l’événement, quelques centaines de spectatrices et spectateurs virtuels nous rejoignent pour profiter de cette expérience depuis leur canapé, leur lit ou bien encore leur smartphone. 

Eh oui. Crise sanitaire oblige, The Pirouettes fêtaient la sortie de leur Équilibre nouvellement trouvé après leur rupture – et accessoirement, leur retour à la scène après plus d’un an sans en fouler une – devant cette poignée de chanceux que sont leurs amis. Une façon pour eux de ne pas seulement se retrouver avec l’équipe technique chargée de capturer le moment, et de pouvoir donc se transcender presque (presque) autant que si une foule en délire se trouvait sous leurs pieds. 

 

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“Il me faut un peu de temps pour me reprendre mon souffle”

21h. Victoria entre en scène. Seule. Elle interprète Pli du coeur avant de quitter les planches au moment du fondu au noir. Une scène aussi inattendue qu’inhabituelle. Mais ça n’est que pour mieux revenir, accompagnée de Léo, pour un Nouveau Départ chanson qui résume à elle-seule les aventures des Pirouettes depuis la sortie de Monopolis en 2018 – qui lance véritablement les hostilités.

L’heure suivante sera un voyage spatio-temporel dans les grandes étapes du duo Annécien, de leurs débuts avec une version très cold-wave de Dernier Métro jusqu’à cette interprétation pleine d’espièglerie du déjà très espiègle Ou La La, en passant par Ce Paradis, le poignant Lâcher Prise – et une apparition surprise de Timothée Joly. Sans oublier l’incontournable Escalier – “le premier morceau qu’on coche sur une setlist”, dixit Léo. 

Souvent éloignés sur cette scène en forme… d’escalier, le duo n’a paradoxalement jamais semblé aussi proche que dans cette épreuve qui demande une force mentale incroyable… Là où beaucoup d’autres formations basées sur un couple sur les planches comme dans la vie se seraient contentées d’un message posté sur les réseaux sociaux pour annoncer leur séparation, avant de s’évaporer. Comme me le confie Léo…

“On ne voulait pas laisser les gens sur le précédent album, on avait vraiment envie de sortir Équilibre pour clôturer notre aventure. Et je suis super heureux de pouvoir le défendre sur scène.”

The Pirouettes ont vraiment joué le jeu du livestream – j’espère qu’ils apprécieront le jeu de mots – à la quasi-perfection. Comme l’admet une Vickie encore en train de se remettre de cet effort intense une dizaine de minutes après la fin du set, le duo n’a pas vraiment fait la distinction entre concert “réel” et concert “virtuel”.

“On a fait une résidence en janvier, pendant près d’un mois. Et même si c’est frustrant de se préparer autant pour ne pas jouer devant notre public, on s’accroche et on attend la prochaine opportunité avec impatience. Mais je suis quand même satisfaite de notre prestation”. 

Une prestation aux chorégraphies attachantes, sublimée par des musiciens de scène talentueux – “j’espère que vous avez tous remarqué le break de batterie d’Hugo !“– et des techniciens-lumière sans doute tout aussi heureux que le groupe de pouvoir exercer leur art après une année d’extinction des feux. L’envoûtant ballet des projecteurs laissait parfois la place à des séquences nous plongeant à la limite de l’épilepsie, sans même parler des magnifiques couleurs rappelant la pochette de Carrément Carrément projetées sur l’énorme fond de scène. 

Au Trianon, c’était une salle, deux ambiances. Alors que les gens sagement assis aux premiers rangs contemplaient, plongés dans une sorte de transe par les mouvements hypnotiques du duo, le fond de la salle s’est mué en piste de danse… Comme les salons des spectateurs du live virtuel, dont les stories se mirent à inonder les réseaux des Pirouettes sitôt la soirée terminée.

En résumé, The Pirouettes au Trianon – et dans nos ordinateurs –, c’était un concert (presque) comme avant, plein de joie et de moments de complicité. Un concert d’un duo toujours en osmose artistique malgré les difficultés de la vie. Un concert à la saveur si particulière en ces temps où l’exercice se fait encore plus rare qu’un politicien sans casserole. L’histoire ne nous dit cependant pas si un hélicoptère les a ramenés jusque dans leurs draps

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Article : Jules Vandale

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