La songwriteuse hollandaise Someone est « quelqu’un » de bien (et on vous dit pourquoi)

Crédits Sara Amroussi-Gilissen

Orbit II, premier album de Someone, sort enfin. Entre thérapie et remise en question, Tessa Rose Jackson nous confie son besoin constant de renouveau, son addiction aux écrans et l’inspiration qu’est le cinéma. 

On l’entend dans les publicités, les films et les séries. L’univers de Tessa Rose Jackson auquel se prêtent si bien les images prend de nouveaux tons avec ce premier album planant : Orbit II. Après quelques E.P., Tessa Rose Jackson, devenue Someone, a peaufiné une esthétique abstraite, géométrique et colorée. Si elle doit ses clips au réalisateur David Spearing, c’est elle qui a créé cet univers de toute pièce pour contenir cette imagination débordante. On vous en parlait déjà en mai dernier.

Quand Tessa Rose Jackson parle de l’espace, elle a des étoiles dans les yeux. La jeune artiste hollandaise est fascinée par les astres : chacun peut les voir, personne n’y a été. Véritable « porte de l’imagination » pour la compositrice. Depuis son petit home studio à Amsterdam, Someone imagine d’autres ciels. Paroles métaphoriques, productions planantes, Orbit II a tout d’un voyage aérien. Mais l’artiste sait aussi descendre de son nuage et parler sans filtre.

Avec You live in my phone, l’artiste porte un regard acerbe sur une société de l’écran où les relations sont superficielles et la comparaison inévitable. Véritable galerie des glaces, les réseaux sociaux sont les plateformes idéales pour les injonctions à la performance, et à la beauté. Une certaine idée du bonheur dont on devine très vite le manque de profondeur.

Une application de réalité augmentée pour Orbit II

La technologie a pourtant été un support inégalable pour l’artiste. Son E.P. Orbit avait été promu et diffusé sur une application de réalité augmentée. Le principe : proposer des visuels en accord avec les morceaux de l’album pour complètement happer un spectateur bien souvent distrait. Someone croit qu’il est important de prendre le temps de découvrir et le risque de ne pas aimer. De bonnes découvertes sont souvent à la clé. Essayez nos playlists, vous pourriez être surpris. Dans cette optique, elle a travaillé ses visuels avec Ramjam, une entreprise qui travaille sur les nouvelles technologies à Brighton.

« Nous vivons des existences très rapides où tout doit être efficace. Je voulais vraiment trouver une astuce pour que les gens consacrent du temps à quelque chose avant de savoir s’ils l’aimeront. »

Et si les chansons de Tessa Rose Jackson sont connues du petit écran, c’est le grand écran qui la fascine. Pour composer, Someone s’installe face à un film dont elle passe un extrait en boucle. L’inspiration vient des personnages et de l’histoire qu’elle construit autour d’eux. Les films font l’effet d’une « téléportation » pour l’artiste. Pas étonnant que trône un grand poster de Star Wars dans l’appartement de la compositrice.

Un disque thérapeutique

Someone l’admet sans mal : ses textes sont très personnels. Avant de jouer le titre Forget Forgive en live, la chanteuse s’interroge : sera-t-elle capable de le faire ? La charge émotionnelle de la chanson est déroutante. Ecrit en heure, le titre est « aussi proche d’une thérapie qu’il est possible de l’être ». Tessa Rose Jackson dit souvent de l’album qu’il parle du temps présent. « Ici et maintenant » est moins une maxime qu’un état de fait : Orbit II est la confession musicale de Someone à l’instant t.

« Il y a des chansons très personnelles dans cet album. C’est étrange, en écrivant une chanson, on ne se rend pas compte de sa dimension autobiographique jusqu’à ce qu’en la relisant on réalise : ‘Oh d’accord, j’ai dit ça en public’. C’est vraiment à propos de ce que ça fait d’être moi à présent mais aussi mes ressentis vis-à-vis du reste du monde ».

Des Beatles à Tame Impala

Mais si le premier album est éminemment nourri de l’intime, il fait appel à un imaginaire large. L’artiste reprend Playground Love qu’elle avait publié dans le cadre d’Airspace, EP hommage au duo français Air. Les références, Tessa Rose Jackson n’en manque pas. Interrogée sur ses influences, l’artiste s’empresse de lister les noms. Beck, Massive Attack, Tame Impala, Chris Cohen, Soft Hair…

« Mes influences changent chaque mois. Je peux me prendre d’une obsessions pour un artiste au point de presque en vouloir au reste de la musique de ne pas être comme celle de cet artiste. J’ai grandi en écoutant les Beatles puis je n’ai plus chanté que du jazz. Mes influences sont un mélange de plein de choses ».

Artiste complète aux références plurielles, Someone n’est décidément pas n’importe qui. Sur nos smartphones comme sur le grand écran, il semble que Tessa Rose Jackson soit résolue à nous en mettre plein la vue.

L’album Orbit II s’écoute ici.

Abonnez-vous à notre POP NEWS hebdomadaire ici.

Mathis Grosos

En poursuivant votre navigation, vous autorisez l'utilisation de cookies pour vous permettre une meilleure expérience et réaliser des statistiques de visite. En savoir plus