Les clips de cette semaine, pour faire sortir votre côté redneck

Capture d’écran du clip “Trevor Philippe” de Johnny Mafia

Avec Johnny Mafia, Hippie Hourrah, La Femme ou bien Felixita, laissez sortir votre côté redneck avec les clips de cette semaine !

Hippie Hourrah – Fantôme

Entre une version fantasmée des sonorités orientales et rock psychédélique à grand renfort de sitars, de percussions traditionnelles et d’une voix passée dans une chambre d’écho, le dernier single de Hippie Hourrah, Fantôme, saura sans nul doute vous transporter dans un état de plénitude lysergique. Une plénitude dans laquelle vos pensées seront sans doute habitées par des images similaires à celles qui l’illustrent, magnifiques et méditatives, réalisées par le duo Joey Desjardins/Gabriel Favreau. Brouillant les frontières entre art et occultisme, Hippie Hourrah arrivera sans mal à nous faire ouvrir notre troisième oeil.

La Femme – Nouvelle Orléans 

La semaine dernière, Marlon Magnée nous informait qu’il fallait voir chacun des clips de Paradigmes, troisième album de La Femme, comme le reportage farfelu d’une émission toute aussi farfelue. Preuve en est avec Nouvelle-Orléans, plongée dans un concours de danse entre disco, drag-queen et voguing haut en couleurs, dans un clip réalisé par l’indéboulonnable Aymeric Bergada du Cadet, collaborateur régulier de la formation. Une formation qui est évidemment le “groupe du mois” du talk-show Paradigmes et qui interprète ici cet électro-swing aux notes psychédéliques. On a trouvé le digne successeur du Plus Grand Cabaret du Monde. 

Komorebi – Voorpret 

Intraduisible en français, le mot néerlendais Voorpret signifie peu ou prou “plaisir éprouvé avant d’éprouver le plaisir”. Une forme d’attente que l’on expérimente tous à notre façon depuis plus d’un an, que ce soit de pouvoir partager un Moscow Mule en terrasse ou juste profiter d’un peu de chaleur humaine. Comme le duo Komorebi, on attend patiemment dans une chambre seulement éclairée par quelques rayons, tout en écoutant leur synth-pop mélancolique et aux sonorités aussi légères qu’un rideau. Impossible de forcer le destin, donc on y emmagasine de l’excitation en attendant le moment de tout laisser éclater à la face du monde. Une sensation qui doit être celle du duo, sans doute impatient avant la sortie de leur premier EP le 21 mai.

Robbing Millions – Tiny Tino

Même si vous êtes une marionnette qui ressemble à la poupée cauchemardesque qui accompagnait ma petite cousine dans tous ses déplacements, vous avez quand même droit à vivre une vie pleine de fun et d’amis. C’est le crédo de Tiny Tino, dernier clip du belge Lucien Fraipont, aka Robbing Millions, et shooté dans les rues de Los Angeles, où il a résidé quelques mois, par Juan Larrazabal. Une weird pop qui rappelle l’inénarrable Mac Demarco – qui se paye le luxe d’apparaître en guest-star, accompagné de Kirin J Callinan –, avec une rythmique enfantine et des petites notes de synthés rappelant les sons d’une vieille gameboy. L’instant le plus insolite et le plus réjouissant de votre semaine.

Felixita – J’aime les gars

Entre métaphores footballistiques et douce érotisation de la masculinité, Felixita s’amuse à prendre le contre-pied du classique de Jacques Dutronc dans un single où l’espièglerie est la seule règle. Seule dans un stade rempli d’étranges entrejambes en short ou escaladant un torse géant – l’abus de Félimonade est dangereux pour la santé – dans un clip réalisé par l’Etat Libre du Monde, elle nous conte ce qui lui plaît chez les garçons, tant qu’ils sont choux. La jeune artiste conjugue astucieusement le meilleur des mondes, entre rythmique et diction empruntées à la trap et mélodie décontractée façon post-yéyé. On aime les gars, et on aime aussi Felixita.

.,;]) – Sol Sec

PointPointVirgule PointvirguleCrochetParenthèse, c’est la fusion artistique entre des synthétiseurs synth-wave et une exploration artistique de la transidentité et des questionnements qui en résultent. Sol Sec s’avère étonnamment entraînant malgré son discours plus sombre qu’une nuit à Pigalle, racontant ces moments où les factures s’accumulent bien plus rapidement que les sous dans votre compte en banque. Dans ces images tournées par l’équipe de l’Utopía Collectif Cinéma, Shay et Nina apparaissent comme transformées en robot, mouvements automatisés par la dépression, sujet qui touche malheureusement une grande partie des personnes queers. Tant que la musique et l’amour sont là pour nous extirper un minimum de nos mauvaises pensées… 

Lynks + Charlie Steen – This Is the Hit

Quand l’artiste hyperpop Lynks et Charlie Steen, plus connu comme étant celui qui gesticule derrière son micro chez les furibonds anglais de Shame, collaborent ensemble, il faut s’attendre à un résultat… Inattendu. Entre beats techno minimalistes et phrasé big-brotheresque, leur rencontre nous donne le droit à un clip en réalité virtuelle à 360 degrés, réalisé par Matt Knowles, au sein duquel d’étranges danseurs tout d’argent vêtu occupent un espace semblable à la Matrice dans lequel le jeune londonien se plaît à apparaître, bonnet au pins communiste vissé sur la tête. C’est ce qu’on appelle “sortir de sa zone de confort”. 

Bandit Bandit – Désorganisée

Grosses guitares à la Bryan’s Jonestown Massacre, voix hypnotisante et chœurs épais, Bandit Bandit nous séduit déjà rien qu’à l’oreille. Et en attendant la sortie de leur EP Tachycardie pour le 25 juin, le duo garage-psyché nous balance le clip aussi vintage que flamboyant de Désorganisée, réalisé par Théo Sauvage, coutumier du fait. Un délice visuel ne manquant pas de psychédélisme et de sensualité, tout comme le morceau qu’il accompagne de la meilleure façon possible. Un morceau qui justifie l’expression “chao organisé”, souvent utilisée par les gens qui justifient le manque de rangement de leur chambre ou de leur existence, et qui nous explose à la gueule.

Johnny Mafia – Trevor Philippe

Quoi de mieux pour illustrer un morceau intitulé Trevor Philippe, sans doute le plus connu des rednecks de l’histoire du jeu vidéo, que d’imaginer la vie d’une communauté desdits rednecks ? Johnny Mafia vous répondra sans doute “bah pas grand chose”, et ils auront raison. Slackers jusqu’à l’éternel, le quartet de Sens (dessus dessous) nous offre un monde aux milles et unes attachantes beauferies, entre tir au fusil sur des canettes de bière, moto sans casque, baby-foot alcoolisé et solo au tapping approximatif. Documentées par Nathan Bouam, ces images donnent envie de sortir son plus beau baggy troué du placard, couper nos cheveux façon mulet et de laisser, nous aussi, sortir notre côté redneck.

Tiste Cool – L’amour en Pyjama

Une escapade cafardeuse vers la Camargue, au volant d’une vieille 205 chargée d’instruments, afin d’y purger les fantômes d’une relation douloureusement passée, voilà ce que nous offre Tiste Cool avec le clip de L’amour en Pyjama, mis en images par Augustin Lacape. Spécialiste ès autofiction, le crooner nîmois, Mac Demarco Cévenol, nous berce avec des synthétiseurs cotonneux, quelques guitares au chorus perlé et sa voix compatissante, contant à qui veut l’entendre le matin où tout a changé. Une caresse auditive au pouvoir thérapeutique dans laquelle on s’abandonne volontiers. Une nouvelle preuve qu’être un loser magnifique est la meilleure chose qu’il soit.

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Jules Vandale

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