Avec « It’s a Long Way To Happiness », Alban Claudin fait de notre vie un film

Crédits : Lily Gantelmi d’Ille

Alban Claudin sort son premier album solo « It’s a Long Way to Happiness », ce vendredi 26 Mars 2021. Le pianiste-claviériste de Clara Luciani nous offre ainsi un projet mélancolique, poétique et méditatif.

Douce jeunesse en Bourgogne

C’est à Sens en Bourgogne que grandit Alban Claudin, entre un père prof de batterie et une sœur qui jouait du piano : instruments, musique et rythme ont marqué son enfance. « Sans aucune pression académique de sa famille », il commence les cours de piano vers cinq ans. L’histoire d’amour peut commencer, et, de Mozart à Yann Tiersen, les rencontres débutent sous ses doigts. Vient ensuite une vie d’adolescent rythmée par une grande passion pour le foot, le piano et aussi la batterie dont il joue au sein d’un groupe de rock monté avec des copains (groupe qui sera d’ailleurs repéré et signé). Du foot et du rock : une adolescence ordinaire, finalement. Mais le conservatoire l’attend bientôt et c’est à Dijon que sa vie d’adulte et de pianiste s’affirme. 

De la collaboration à l’émancipation

Affirmant son talent au sein du conservatoire, il commence à placer des compositions pour de la musique à l’image et vers 2010 il est repéré et contacté pour accompagner une artiste qui cherchait un pianiste, et qui n’est autre que Clara Luciani. De là commence une longue aventure de plusieurs années avec l’artiste qu’il suit dans chaque concert et pour les tournées nationales et internationales. Sa vie de musicien est définitivement appréciée et vécue pleinement. Il se souvient « de l’aventure humaine avec l’équipe, de la fierté pour le travail de Clara Luciani et pour sa persévérance à avoir réussi ce parcours ». Cependant, il continue à travailler pour ses compositions personnelles et, fort de son expérience sur scène, il programme la sortie de son projet perso durant toutes ces années.

Un album poétique où la mélancolie n’est jamais triste

           

Dans cet album, sans voix, les notes de piano sont les seules à pouvoir guider l’auditeur, chaque morceau dégage sa poésie propre. Le but de l’artiste est que « Chacun puisse se faire son histoire ». Le choix des titres reste d’ailleurs très ouvert et libre d’interprétation, le but étant de se laisser rêver, imaginer et surtout de « ressentir le plus d’émotions ». Or, c’est bien ce qui arrive, cet album est dédié à tous ceux qui cherchent à vivre comme dans un film, à sublimer chaque émotion, chaque réalité par une ambiance, une mélodie qui décuple le rapport au monde. Marcher dans Paris, les larmes aux bords des yeux, traverser un territoire en train et se laisser submerger par la joie ou le souvenir : les émotions développées par chaque morceau sont si profondes qu’elles sonnent juste, peu importe le moment que l’on est en train de vivre. On avait d’ailleurs vu dans son clip It’s a Long Way to Happiness sa capacité à mettre en scène la vie d’un employé de bureau qui se met à courir éperdument dans les rues de Paris, hurlant son envie de vivre à la poursuite d’un but : mettre une pièce dans le gobelet du pianiste, de l’artiste qui donne sens à la vie. C’est bien ça l’enjeu de cet album, nous rappeler que l’art peut rendre la quête du bonheur évidente ou tout du moins belle.

 Quelques influences et de belles thématiques

 

Certes, on reconnaît Erik Satie pour la ligne mélodique très claire à peine accompagnée ou Yann Tiersen pour les ruptures de cadences lentes puis accélérées, mais c’est surtout Chilly Gonzales qui semble récemment avoir le plus inspiré notre pianiste. Les deux artistes partagent l’envie, en tant qu’instrumentistes, de sortir de l’ombre et de faire découvrir leur univers. Dernière influence, Aphex Twin que le pianiste reprend en cover sur les réseaux et avec qui il partage des rythmes pop et électro.

Au travers de la tracklist de ce « rockeur qui fait du classique », des thématiques poétiques voire littéraires apparaissent :

la bohème et l’ivresse avec La fée verte (évoquant l’absinthe, chère aux poètes parisiens du XIXe) et Night Shift (la ronde de nuit).

la nature avec Dandelion (le pissenlit en anglais) et One thousand Trees, où l’on ressent le goût pour la promenade et la rêverie.

la quête du bonheur, de l’absolu qui passe par la méditation contemplative avec Peacefull mind et  Power Spot (référence à ces lieux gorgés d’énergies magnétiques et telluriques où il est bon de se ressourcer).  Autant de thématiques qui sont présentes dans la poésie romantique française ou britannique du milieu du XIXe siècle, de Keats à Baudelaire en passant par Hugo ou Verlaine. Ce que ces écrivains cherchent à mettre en mots, Alban Claudin le met en musique avec élégance et  sincérité.

Ce qu’on lui souhaite

Une belle reconnaissance de son projet, plein de concerts idéalement, (il fait la première partie de Chassol le 4 juin 2021 au Trianon) et aussi de voyager encore, des tournées au Japon, au Canada et aux Etats-Unis où il a déjà conquis un certain public. Pour notre part, on rêverait de voir sa musique sublimer un film ! En attendant, c’est notre vie qui en devient un grâce à Alban Claudin.

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Marie-Gaëtane Anton

 

 

 

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