Des océans à nos penderies, ou comment la mode recycle le plastique.

Filets de pêche en attente d’être recyclés par Econyl, fournisseur de fibres textiles.

Et si la mode venait à la rescousse des animaux marins ? Ça n’est encore qu’une utopie, mais de jeunes marques sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers des textiles issus de matière plastique ramassée dans les océans puis recyclée.

Dans les débats sur l’écologie, on parle essentiellement du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. Oui, l’idée de voir un monde sans ours polaire et où la Bretagne est devenue un archipel, est dramatique, mais ça n’est au final qu’une seule pièce dans l’immense casse-tête des pratiques que nous devons au mieux réduire, voire bannir, pour le bien de la nature et de nos générations futures. Surtout celui de la nature.

Lassés de voir les tortues de mer s’embrocher avec des pailles, les dauphins s’étouffer dans des filets en nylon, un continent de déchets flotter quelque part dans le Pacifique Nord et les pays défavorisés crouler sous les décharges sauvages remplies de détritus plastiques, souvent amenés de l’Occident par bennes entières, nous commençons à prendre quelques décisions afin que ces images ne deviennent plus que de l’histoire ancienne. Suppressions des sacs dans les supermarchés, des pailles dans nos happy meals ou des couverts dans les salades industrielles, mais pas que. 

Alors que certains petits génies trouvent des moyens de ramasser le plastique des océans directement depuis un bateau afin de le recycler (car comme le disait Lavoisier, “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”), d’autres marques récupèrent ces déchets sans date de péremption pour en faire des vêtements. Adidas avait tenté l’expérience en 2016 avec sa Ultraboost Parley, dont l’enveloppe extérieure était composée de microfibres provenant de onze bouteilles ramassées aux Maldives, et prévoit que d’ici 2024, 100% des matériaux de ses vêtements soient issus du recyclage.

 

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Une bonne action qui en appelle d’autres

Cela a donné des (bonnes) idées à d’autres fabricants, telles que la française Ankore (qui y rajoute du coton bio, afin de créer une maille durable et respirante) ou la canadienne Oraki, qui n’utilisent que des composants issus de la “pêche au plastique”. Mais comment une bouteille d’eau peut-elle devenir un beau chandail, comme ils le disent chez nos Québécois adorés ? C’est une bonne question ça, Jammy ! Une fois repêché dans l’eau ou sur les plages, le plastique sous toutes ses formes est nettoyé avant de se voir broyé en paillettes. Il est ensuite fondu en granulés qui seront ensuite étirés de façon à former des fils, que l’on tissera comme un textile “normal”. Un processus qui consomme jusqu’à 30% moins d’eau et d’énergie qu’habituellement.

Est-ce donc l’industrie vestimentaire qui va empêcher les marsouins de confondre un sac plastique et une tortue ? Ça ne sera malheureusement pas suffisant. Mais c’est déjà un bon début, surtout si la pratique tend à se démocratiser. D’autres solutions existent. Pour citer Jeanne d’Arc, il faut bouter le plastique hors de nos vies. 

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Article : Jules Vandale

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