Avec son nouveau disque SKO, Alicia. met l’intime au grand jour (et c’est beau)

Pochette de l’ep SKO

Elle a commencé la musique dans sa chambre et fait désormais partie de la sélection iNOUïS du Printemps de Bourges. Un an seulement après sa signature chez le Label Neuve, Alicia. sort SKO : un deuxième EP à la fois engagé et intimiste.

Un EP à soi

La songwriteuse qui écrivait sur les autres s’exprime désormais à la première personne. Un EP si personnel qu’Alicia. lui offre son propre (troisième) nom : SKO pour Siokau. La sincérité désarmante de la chanteuse paye doucement. Il faut dire que ses « morceaux sont tous tirés d’une histoire vraie« , la sienne. Histoire toute en nuance dans laquelle se reconnaissent déjà des milliers de fans. L’artiste assume son ambivalence entre femme forte et fleur bleue, deux versants d’une même pièce.

Avec une spontanéité rare, Alicia. s’attaque autant à l’intime qu’au collectif. Un pari gagnant comme en témoigne cette place dans la sélection iNOUïS. La nouvelle a été un ascenseur émotionnel pour Alicia. qui se dit encore choquée. Maintenu puis annulé en raison du Covid-19, les concerts découvertes des Inouïs du Printemps de Bourges auront finalement lieu en septembre. L’occasion pour l’artiste de poser à nouveau le pied sur scène et retrouver ce public qui l’adore déjà.

« C’est sur scène que je me rends vraiment compte qu’il y a vraiment des gens qui me suivent. Ça me permet de mettre des visages sur des chiffres. (…) Sur scène tu me verras toujours heureuse et en train de vivre ma meilleure vie ».

ALICIA.

Une artiste engagée

Alicia. souhaite reprendre le contrôle, tout en musique, dans une société discriminante qu’elle n’hésite pas à dénoncer. Pour la songwriteuse, la politique n’est pas un grand mot. Popularisée par 1minute2rap avec un titre sur la vidéo des lycéens agenouillés à Mantes-la-Jolie en 2018, l’artiste n’a jamais eu peur de l’engagement.

« Il n’y a rien de plus libérateur que de s’exprimer. Le seul moyen pour moi de dire quelque chose, c’est en chantant. »

ALICIA.

Des collaborations prometteuses

L’artiste a été popularisée par sa collaboration avec le rappeur Tsew the kid, un ami de longue date dont l’univers lui est familier. Mais pour ses collaborations, l’artistique prime sur les affinités. Après un featuring avec Grand Corps Malade (à paraître sur son album Mesdames prévu en septembre), Alicia. aimerait travailler avec des grands noms de la scène belge comme Roméo Elvis, Damso ou Hicham. Et l’artiste connait ses classiques : elle cite Jacques Brel, Edith Piaf, Barbara quand on l’interroge sur ses influences. La street n’a qu’à bien se tenir. Alicia. a aussi été marquée par le R&B américain comme Alicia Keys qui a bercé son enfance et à laquelle elle doit son prénom.

L’EP doit sa richesse à ce mélange d’influences. A un travail plus classique avec un beatmaker, Alicia. préfère s’entourer du pianiste jazz Yaron Herman, du guitariste Louis Duraux et de la chanteuse Nova. Un peu de chaleur acoustique pour cet EP sincère et prometteur. La vision de l’artiste se propage de support en support. Véritable touche à tout, Alicia. maîtrise la création sonore et visuelle en s’attaquant par exemple à la réalisation de Sasuke. En composant entre février et juin les titres de l’album, l’artiste a porté une vision claire et précise d’un projet mature et inédit.

Retrouvez l’EP SKO ici.

Et si vous voulez (re)voir l’improvisation vidéo hilarante d’Alicia. réalisée par ses soins pendant la quarantaine, c’est par ici.

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Mathis Grosos

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