ALDEBERT : « un jour sans fin » ou 24H de la vie d’un artiste (et papa) confiné

Crédit : Sylvain Granjon

Dimanche, c’est jour OFF. Enfin presque. Ce compositeur pour enfants (aka les mioches, mouflets ou marmots) nous raconte sa quarantaine en tant que papa artiste. Jonglage assuré. 

Vous pensiez pouvoir assurer votre télé-travail sans encombre, entre une tasse de thé fumant et une place premium sur le canapé ? Que nenni, la marmaille et les cours à domicile envoyés par son professeur de CE2 et de CM1 sont là pour vous rappeler à l’ordre. Pendant cette quarantaine, on ne sait finalement plus vraiment qui il faut le plus plaindre (nos aides soignants et nos malades sont hors catégories, hein, on est d’accord) : les gens esseulés ou les familles nombreuses et leurs emplois du temps complexes.

Alors après vous avoir dévoilé le quotidien de bon nombre d’artistes comme Bandit bandit, Cléa Vincent ou encore Lukas Ionesco, c’est autour d’Alderbert de nous confier son journal de bord.

 

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24H de la vie d’un artiste papa confiné

8h00 : « je me fais réveiller par mes deux garçons qui débattent à +72 DB en bas dans le salon, au sujet du prénom de la Poule de Mme le Maire dans la saison 3 de Pat’ Patrouille. Je les départage en me retapant l’épisode avec eux tout ça pour confirmer qu’elle s’appelle bien Galineta. Ça s’est fait.

8h30 : J’allume aussitôt la Nespresso pour le premier d’une longue série de café allongés, à l’image de cette journée qui démarre. Mise en place du petit déjeuner et réveil de la troisième. Petit déj en famille à base de céréales et de bols de lait renversés. Maman part bosser dans son bureau, je suis de « matinée » : On se partage les demi-journées.

9h : Deuxième café, il est l’heure de s’habiller… pis bon finalement on s’en fout, on reste en pyjama, atelier « Faucon Millenium en Lego » avec le grand, montage d’un vaisseau plus modeste en parallèle avec le moyen et gestion de la petite dernière qui fait des saltos ratés sur les canapés.

10h : Troisième café, tout le monde s’habille, oh pis nan, on met juste un pull et on sort dans le jardin pour le championnat du monde de Mölkky. Difficile de rester dans la partie avec Lison (2 ans) qui pique les quilles après chaque lancer. Gabin propose de l’assommer avec, justement… bof pas sûr. Après réflexion, je la place en autonomie sur « l’atelier bac à sable » à côté de nous. Sable qu’elle ingère et mâchouille gaiement en me regardant tricher au Mölkky.

11h : Quatrième café, On s’habille ? heu nan toujours pas, atelier science et nature : on cherche un noisetier en bordure de forêt pour un « atelier fabrication d’arc » :
– « Mais tu sais faire un arc papa ? » demande l’aîné « bien sûr fiston » je réponds d’un ton assuré. J’en profite pour mater discretos un tuto sur YouTube. Evidemment dans la vidéo, le mec (qui est blond) fabrique avec une facilité déconcertante un arc magnifique qui marche nickel. Moi j’ai même pas d’Opinel, qu’à cela ne tienne, tu vas voir qu’on va se tailler des flèches avec le couteau à pain. Et ça va bien aller…

12h : Repas en famille hyper élaboré et très équilibré à base de Gnocchis, de fromage râpé et de ketchup (ma spécialité pour ainsi dire ). Temps de préparation : 7mn. Par contre, ce soir les enfants, rien à voir, ce s’ra : Coquillettes à la crème et aux lardons (beaucoup moins évident).

13h : Maman prend le relais et je file m’enfermer à triple tour dans mon bureau afin d’ avancer sur mes chansons et sur les vidéos en cours, destinées aux réseaux sociaux.
Oh Zut : Je tombe encore dans un vortex de procrastination en commençant par partager des bonnes blagues sur le confinement sur ma page FB perso et en allant mater des clips de Metal.

15h30 : Pause café bien méritée. Je trouve enfin l’idée du pont sur une prochaine chanson ce qui me fait rebondir sur une idée de mise en scène débile pour une prochaine vidéo. Je réponds enfin aux 60 mails et messages en retard. Je pourrais faire pareil avec le courrier papier mais… nan c’est trop long alors je continue de faire monter la pile qui doit bien faire ses 20 cm d’épaisseur maintenant.

16h : Pause Toblerone géant, que j’ai pécho au Duty Free à l’aéroport de La Réunion y a quinze jours. Malheureusement le carton est vide et bien rangé dans le placard, merci mes gars. Goûter en famille.

16h30 : Vérification des devoirs des deux garçons : Tout va bien, nous n’avons qu’une semaine de retard, pas de panique ! Je note toutefois que je ne comprends pas toujours les énoncés des exercices de Maths de Charlie, pas évident ce troisième trimestre de CP…

17h : Apéro, heu non c’est un peu tôt, documentaire sur les poissons sur Netflix… OK ça tient dix minutes : trop calme, on bascule finalement sur une séance collective de sport sur YouTube avec un coach qui monte les genoux vachement plus haut que nous. Je console Gabin qui a voulu assurer l’atelier sur l’accoudoir du canapé et s’est pris une grosse boîte. Cris, pleurs, sueurs, musique, ambiance…

18h : Apéro en visio-conférence avec les copains en ligne et atelier coquillettes aux lardons pour les enfants. Bar virtuel hyper convivial où tout le monde parle même temps.

18h30 : Comme à l’hospice donc, c’est le dîner en famille : Débat et polémique sur le sujet Star Wars à propos du personnage ambigu de Boba Fett, les Mandalorians sont-ils gentils ou méchants ? Deux écoles d’affrontent. À suivre.

19h30 : Coucher de la plus petite sans encombres et ateliers histoire dans la foulée dans les chambres des garçons.

20H00 : Pyjama, les dents, pipi, au lit
– Vous voulez quoi comme histoire les gars ? Un Monsieur Madame ? Un conte de fée ?
– Heu non plutôt une histoire inventée horrible avec des tronçonneuses … ok ça tombe bien j’ai sous la main Tom-Tom et Nana contre Freddy Krugger. Vous m’en direz des nouvelles…

20h30 : Ils dorment, je redescends au salon, tout est calme …Ah non fausse alerte, La petite pleure : le câlin a été, comme souvent ces derniers soirs, bâclé au profit de Netflix, elle réclame donc un petit bonus. Je remonte.

21h : Le calme qui règne dans le salon n’est interrompu que par l’intermittent bip des nombreuses notifications What’s App des groupes qui se sont créés depuis le début de ce confinement.

22h : – Chérie on se mate la nouvelle saison de Better Call Saul ? « hôôôof chuis crevée, je monte », oui ben pareil, suis foutu. Allez bonne nuit à demain… »

 

Guillaume Aldebert est un compositeur célèbre auprès du jeune public (et de leurs parents), notamment pour son album Enfantillage qui fête ses 10 ans et où il revient célébrer ses classiques avec de nouvelles versions, des reprises, des inédits et du live (mais ça il faudra attendre encore un peu).

Et retrouvez Aldebert en concert en direct sur Facebok dès 16H30 pour le festival Je reste à la maison.

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