Le carnet de bord d’EHLA est là : « vous avez déjà pensé à compter vos croutons ? »

Selfie de l’artiste Ehla, confinée chez elle

Après le poème éructé de Bertrand Belin et la vidéo ensoleillée de nos Bonnie & Clyde du rock français Bandit Bandit, c’est au tour de la chanteuse EHLA de nous livrer ses mots de quarantaine…

EHLA elle l’a… le cool ! On n’a déjà pas dû lui faire la blague à cette chanteuse à « l’indéfinissable charme » comme le chantait si bien France Gall ! Fille du sud, mais surtout gosse des années 90 – comme l’attestent ses chemises colorées, ses lunettes faussement baby-doll (flirtant avec la Nirvana mania) et ses cheveux décolorées à la Blondie –  EHLA dévoile sur son premier premier EP (PAS D’ICI, sorti fin février) des mélodies synthétiques, mélo et des paroles teintées d’un spleen urbain certain. PAS D’ICI, mais pourtant dans notre coeur…

Ehla est aussi à retrouver sur la fameuse compile du label KITSUNE PARISIEN.

Retrouvez ci-dessous, le carnet de bord en quarantaine d’Ehla écrit dans son intégralité et un extrait audio sur notre compte instagram :

9:00 – Les jours passent et ne se ressemblent pas. Il y a dix jours à cette heure ci, j’étais en répétition avec 3 musiciens géniaux pour préparer mes concerts parisiens. Voilà qu’aujourd’hui je suis en pyjama agrippée à la rambarde de ma fenêtre, essayant de croiser le regard de mon voisin d’en face (je tente des connexions, on fait ce qu’on peut hein ? ). Incroyable il me sourit et me lâche même un « coucou » fébrile (Yes!). Il aura fallu cinq années pour que cet homme se rende compte de mon existence, il aura fallu qu’on nous confine pour se rendre compte de l’importance des autres…

10:00 – Après avoir épié le voisin et rêvassé à la fenêtre, sous quelques fragiles rayons de soleil (Paris, Paris…) Je file à la cuisine dévorer la moitié du gâteau que j’ai fait hier (initialement pour mon chéri).

10:30 – J’attrape mon livre, Lignes de faille de Nancy Huston (sublime…) Il faut dire que je lis beaucoup en ce moment, plus qu’à mon habitude car j’ai très peur de devenir bête et de ne plus savoir écrire de chanson.

11:15 – J’enchaine avec une dictée pour muscler mes neurones et je ne vous dirais pas combien de fautes j’ai faites, car j’ai une dignité (rire).

12:00 – Vient le temps de la cuisine ! Qui l’eut cru ? C’est dingue, en temps normal je déteste cuisiner, mais j’ai besoin de déconnecter, ne penser à rien. Habituellement c’est la musique qui me procure cette sensation… L’ennui c’est que depuis l’annonce du confinement, je peine à sortir des notes. Comme si ce n’était pas le moment, comme si c’était mal venu de chanter alors que certains sont sur le front face à ce satané virus, essayant de nous sauver coûte que coûte…

 

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Enfin revenons en à mes fourneaux… Oh rage, Oh désespoir la moitié de mon plat est encore brûlé. Ok j’abandonne… on mangera des Monster Munch !

14:00 – Bon tout compte fait, je mets mes craintes de côté, j’allume mon Mac, branche mon micro et mon clavier maitre. Tic, tac, tic, tac… les minutes passent, rien de super ne se passe ni sous mes doigts, ni venant de mes cordes vocales. Mais je m’accroche, comme je me suis toujours accrochée. Je joue, j’efface, je rejoue… j’arrête, je jette un coup d’oeil à mon téléphone il est déjà 17:00.

17:30 – Je m’allonge deux minutes sur mon lit. Puis je retourne à mon clavier, comme pour me prouver que finalement le méchant virus ne gagnera pas cette bataille. Ma bataille. Celle que je mène depuis 6 ans. Cela prendra le temps que ça prendra, mais j’y reviendrai. La musique a toujours été là, fidèle et vaillante, mon antidote ! (d’ailleurs j’en ai fait une chanson que tu peux aller écouter sur toutes les plateformes :) Alors ce n’est qu’une histoire de jours avant qu’on se retrouve elle et moi…

18:30 – Rituel appel vidéo à ma famille. Merci Internet !

20:00 – J’avale un bol de soupe avec des croutons en regardant Self Made sur Netflix, une bonne petite série que je vous conseille ! Sinon vous avez déjà pensé à compter vos croutons ? c’est fou ce que ça peut occuper, puis c’est rigolo de voir les danses qu’ils réalisent, en laissant derrière eux cette traînée de minuscules petites miettes… Rien ne va plus, je m’éparpille, et j’ai perdu le fil de la série. Arrgh !

Bon pour clôturer ces quelques lignes, et pour éviter de vous raconter combien j’ai compté de petits carreaux à mon plafond, je suis retourné dans ma série et suis allée me coucher avec ces pensées :

On va rester patients, on va faire comme on peut. On va continuer de vivre, de rêver, d’exister, différemment pendant quelques jours, mais aussi fort ! Je voudrais déculpabiliser tous les artistes qui comme moi, durant ce climat étrange, ont un peu de mal à se sentir porté par leur passion, cela va revenir . N’ayez crainte, elle est là, en nous, prête à resurgir une fois le nuage passé. Petit message aussi à ceux qui y arrivent, qui nous font rire, chanter, qui nous divertissent déjà : Merci ! Pour ma part je vous rejoint très vite c’est promis, juste le temps de reprendre mes esprits… et de finir de compter mes croutons (rires).

A très bientôt, courage à tous ! On y arrivera, tous ensemble ! Il paraît que nous serons même de meilleures personnes après la tempête…

Bises
Ehla :)

Retrouvez tous nos carnets de bord de la quarantaine ici.



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