[POP TALK] La Sacem innove pour ses auteur.rice.s

La Sacem comme faire-valoir de la musique au cinéma

Partenaire du Festival de Cannes, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) s’associe à l’ensemble des sélections cannoises et propose plusieurs rendez-vous pour valoriser la musique à l’image et ses compositeur.rice.s. À cette occasion, on a discuté avec Jean-Noël Tronc, directeur de la Sacem, du rôle essentiel de cette institution , de l’impact du manifeste F.E.M.M et de parité.

Quelle est la mission de la Sacem ?
La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique est la maison des créateurs : auteurs, compositeurs, éditeurs de musique, humoristes, doubleurs, réalisateurs. Près de 165 000 membres dont plus de 20 000 créateurs étrangers l’ont choisie pour protéger leurs œuvres et défendre leurs intérêts dans le monde entier.
Sa mission essentielle est de collecter les droits d’auteur et de les répartir aux auteurs, compositeurs et éditeurs dont les œuvres ont été diffusées ou reproduites. Cette mission est fondamentale pour pérenniser la création et le fonctionnement de la filière musicale. La Sacem déploie une politique de soutien à la création qui est l’une des plus importantes au monde. Accompagnement des carrières artistiques, aide à la diffusion des œuvres et à l’insertion des jeunes professionnels, l’action culturelle est inscrite dans les statuts de la Sacem depuis 1963.

 En tant que directeur qu’avez-vous mis en place pour soutenir durablement les compositeur.rice.s ?
Tout au long de l’année la Sacem accompagne, soutient les compositeurs et la musique à l’image par le biais de nombreux dispositifs dédiés.

Leurs objectifs :

  • Couvrir tous les formats,
  • Faire évoluer les pratiques,
  • Encourager la création musicale,
  • Valoriser le travail du compositeur

L’Action Culturelle de la Sacem soutient la création de musique originale via notamment son programme « Création de musique originale » (9 formats : documentaire, fiction TV, formats digitaux et innovants, long métrage de fiction, court métrage, séries fiction et animation/ TV Unitaire et série et les jeux vidéo (dont le lancement est prévu cette année.)

Outre ces programmes d’aides, la formation et l’insertion professionnelle des compositrices et compositeurs, notre action en direction des festivals audiovisuels incite les organisateurs à inclure et valoriser les créatrices et créateurs dans leurs programmes. Cela se traduit comme le fait de les inclure au sein d’un jury, inviter systématiquement les compositrices ou compositeurs au même titre que les réalisatrices et réalisateurs pour présenter leurs films, avoir un Prix de la meilleure musique originale au palmarès, donner davantage de visibilité à la musique au travers de master classes, de leçons de musique, d’ITV, de portraits etc. De plus, la Sacem soutient les organismes professionnels représentant les compositrices et compositeurs tels que le SNAC, l’UNAC ou l’UCMF et les accompagne tout au long de l’année. Et, nous travaillons étroitement avec les ministères et nos sociétés sœurs en France et à l’international pour une vision globale. Nous avons notamment développé des programmes en collaboration avec le Ministère de l’éducation nationale et la SCAM comme La fabrique à Musique de Film et Brouillon d’un rêve.

Qu’est-il encore possible de faire pour aider les jeunes compositeur.rice.s ?
Il est nécessaire d’avoir une vision panoramique du métier et de la chaine de production d’un film pour sensibiliser les réalisateurs et les producteurs à la création de musique originale. La musique originale c’est en effet une production à part entière au sein de la production d’un film, d’ailleurs cette partie bien souvent déléguée aux compositrices ou compositeurs eux-mêmes… Ainsi, mieux former les acteurs du métier aux droits d’auteurs et à ses enjeux, aux coûts de fabrication de la musique mais aussi permettre de réfléchir et concevoir la musique plus en amont du processus de création aiderait certainement les compositrices et compositeurs et participerait également à une meilleure répartition de la valeur de l’œuvre audiovisuelle in fine. C’est d’ailleurs un axe sur lequel les équipes de l’Action Culturelle travaillent en ce moment avec les grandes écoles de Cinéma et les Universités comme La Sorbonne et Louis Lumière.

Quel effet le F.E.M.M a t’il eu à la Sacem ?
Comptez-vous œuvrer à davantage de parité (le Sacem ne compte que 17% de femmes) et à une meilleure répartition des postes de pouvoir ?
Le travail du F.E.M.M a eu un accueil très positif au sein de la Sacem, où nous l’avons relayé d’ailleurs avant sa parution pour permettre à celles et ceux qui le souhaitaient de se joindre aux signataires.
La question de l’égalité Femmes Hommes est un combat nécessaire, comme les chiffres d’adhésion à la Sacem que vous citez le prouvent.

Pourquoi seulement 17% de femmes deviennent elles actrices ou compositrices alors que l’adhésion à leur société est non discriminatoire ?
Cette question est au cœur du travail d’un Groupe Égalité Femmes Hommes composé d’administratrices en poste ou non à la Sacem : les autrices Christine Lidon et Elisabeth Anais, l’autrice réalisatrice Marion Sarraut, l’auteur Frédéric Doll, l’éditeur Thierry Perier. Ils se sont donnés comme ambition d’activer les bons leviers pour corriger le déséquilibre Femmes Hommes que nous constatons dans les chiffres. L’action culturelle, levier essentiel également, travaille aussi avec ce groupe de travail.

Il s’agit d’une démarche où il faut changer aussi les mentalités, ce qui est très long, mais le groupe Égalité travaille sur plusieurs leviers :

– identifier les freins qui amènent les femmes à peu choisir la carrière de création, alors que la musique est pourtant une activité « non genrée » à la base (autant de filles que de garçons font de la musique dans l’enfance, contrairement, par exemple, à certains sports, très masculins, ou à l’inverse à une pratique artistique comme la danse, essentiellement féminine,

Une étude est en cours aussi bien sur les chiffres que sur des aspects qualitatifs avec des « entretiens parcours et carrière »,

– proposer des portraits de femmes ayant choisi la carrière musicale – tous types de métiers – pour offrir aux jeunes filles des modèles auxquels s’identifier afin qu’elles se sentent prêtes à choisir ces métiers. C’est dans ce but aussi que le musée en ligne de la sacem présente deux expositions sur les grandes femmes de la musique à travers l’histoire, souvent étonnement méconnues,

– travailler sur la formation initiale et continue pour lutter contre le sexisme et proposer des outils d’autonomisation aux femmes,

– développer un réseau professionnel et de mentorat pour les femmes dans les métiers de création et de la musique,

– réfléchir à un financement égalitaire des projets de création portés par des femmes ou majoritairement féminins via notre action culturelle.

C’est en traitant, par étapes, l’ensemble de ces sujets que la place des femmes et leur représentation pourra évoluer de manière durable.

En plein festival de Cannes, quels films soutenez-vous et quels sont vos compositeur.rice.s chouchous ?
Nous avons à ce stade identifié 35 sociétaires de la Sacem ayant un film à Cannes cette année, toutes sélections confondues, et nous avons soutenu 11 films en sélection ! Peut-être saluons la nouvelle génération de compositrices et compositeurs qui arrive à Cannes : Para One et Arthur Simonini avec « Portrait de la Jeune Fille en feu » de Céline Sciamma en sélection officielle, Wissam Hojeij avec « Ciniza Negra » de Sofia Quiros Ubeda à la Semaine, Julie Roué avec « Perdrix » de Erwan le Duc à la Quinzaine ou encore Alexis Rault avec « Les Hirondelles de Kaboul » de Zabou Breitman et Eléa Gobé Mevellec et Rob avec Papicha de Mounia Medour tous deux à Un Certain Regard ou encore Benoit de Villeuneuve et Gaspard Clauss avec Vif Argent de Stéphane Batut à l’Acid… et beaucoup d’autres naturellement, ce n’est pas une liste exhaustive. Notre Hommage à Bertrand Tavernier sera aussi l’occasion de mettre à l’honneur tous ces compositeurs qui ont porté l’école française de musique de film à ce niveau de reconnaissance au sein du cinéma mondial.

 Votre top 3 des meilleurs BO du festival ?
Je vous le dirai à la fin de la quinzaine.

Les temps forts de la Sacem :

Partenaire du Festival de Cannes, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) s’associe à l’ensemble des sélections cannoises et propose plusieurs rendez-vous pour valoriser la musique à l’image et ses compositeur.rice.s.

MASTER-CLASS « MUSIQUE ET CINÉMA » – MARC MARDER

Samedi 18 mai – de 11h à 13h, Pavillon Cinémas du Monde (n°109)

Marc Marder a composé une centaine de partitions pour le cinéma, la télévision, des musiques de scènes et des pièces de concert. Il a signé les partitions des 21 films de Rithy Panh – documentaires et fiction – et l’a accompagné au festival de Cannes où sept de ses films ont figuré en Sélection officielle.

A LIFE IN SOUDNTRACK – BERTRAND TAVERNIER

Lundi 20 mai – 16h30, Salle Buñuel

Pour la 2ème année, à travers ce rendez-vous organisé avec le Festival de Cannes, la Sacem distingue une personnalité (documentariste, cinéaste, journaliste, directeur d’institution ou encore directeur de collection phonographique) pour son engagement envers la musique de film et les compositeurs.Cette année, la Sacem et le Festival de Cannes rendent hommage au réalisateur Bertrand Tavernier.

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