Matt Costa : quand un skateur se met à la folk song, c’est renversant !

Crédit Minh Pham

Ado accro à la planche à roulette, le Californien se prédestine à une carrière pro… Avant qu’un malencontreux accident ne vienne bouleverser tous ses plans. Depuis de l’eau a coulé sur la rampe et le songwriter qu’il est devenu ne cesse de nous surprendre. 

Quand le coeur du songwriter Matt Costa prend l’eau, le notre fait littéralement des sauts de joie (et des flips… ok on arrête avec les jeux de mots de skate, c’est lourd). Son sixième album Yellow Coat sorti un peu plus tôt cet automne, est un pur bijou de pop-folk. Et sous ses airs de breakup songs, ce disque nous inspire un sentiment d’espoir universel. Bien utile en ce moment…

« Cet album c’est tout ce que j’ai à offrir émotionnellement et musicalement. C’est un nouveau départ, et la meilleure façon que j’ai trouvé pour faire cohabiter ma vie et l’art. »

MATT COSTA

Un nouveau départ

Ce manteau jaune, celui qui reste, quand l’autre part, pourrait bien être une métaphore de l’imperméable amour qui prend tout d’un coup la flotte  (« Eros in a yellow coat, Broken eros in a yellow coat » extrait du titre Yellow Coat). Cet objet anodin, qui prend des proportions démesurées quand votre moitié met les voiles, laissant un grand vide dans votre coeur (et dans votre appartement) ? Celui qu’on a acheté « ensemble » et qui finit « tout seul » (« Do you recall on that Paris street, We bought coats in the rain » extrait du titre Sky Full of Tears).

Vous y êtes maintenant ? Alors appuyez sur PLAY et écoutez attentivement l’album Yellow Coat de Matt Costa pour commencer votre semaine en douceur

 

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Today “Yellow Coat” is released. I am very proud of this record. What is a yellow coat? A coat of armor or a personal shelter from the storm, hopefully Yellow Coat something that illuminates hope behind the eyes of listeners. Produced by @alexnewps . It’s brought to you by the incredible people @dangerbirdrecords. I hope you enjoy.

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Exutoire émotionnel plus que créatif, ce sixième album de Matt Costa est composé après une tournée de près de 2 ans… et met un point final à une relation amoureuse longue d’une décennie. Pendant l’enregistrement, Matt se retrouve ainsi en plein divorce, la musique l’aidant à se détacher de la peine qu’il ressent alors : « cet album c’était mon espace pour digérer tout ça ».

« J’y ai trouvé un sentiment d’apaisement et aussi ma nouvelle voie.  Mon ancienne vie, elle, est derrière moi et cet album s’en est la porte de sortie. »

Loin de tout confort

Pour composer et enregistrer Yellow Coat, Matt Costa choisit de s’isoler dans un espace réduit et plutôt austère. Il s’installe alors dans un studio de Laguna Beach (en Californie) comprenant juste le strict minimum de meubles et d’instruments. Croisant logement et studio d’enregistrement, il arrive à peine à y caser tous les instruments de musique nécessaires… La boîte à rythmes Wurlitzer Sideman prenant la place de sa table de nuit !

« Je me suis installé là-bas, loin de tout confort et besoin. j’ai dû vendre ou me débarrasser de la plupart de ce que je possédais. Ce que j’ai pu garder devait tenir dans un petit studio, en gros mes livres et quelques instruments. »

Côté production, Matt fait appel au grand producteur Alex Newport (At the Drive-In, Death Cab For Cutie, Bleached), rencontré via son label Dangerbird. Sur pistes, on découvre 12 morceaux lo-fi aux sonorités pop folk et s’inspirant ouvertement des 60’s.

So I Say Goodbye

Piochés dans les albums de chevet de Costa, les mythiques Nat King Cole et ambassadeurs de la french song que sont Serge Gainsbourg et la divine Françoise Hardy (pour qui Matt voue un culte – notamment à la chanson Voila) infusent subtilement dans ce nouveau disque.

« J’ai écouté non stop l’album Just One Of Those Things de Nat King Cole, l’année de conception de Yellow Coat. »

Et à mieux l’écouter, cet album de rupture a beau traverser toutes les teintes de peine et les nuances de douleur… Le public en ressort libéré, avec un sentiment immuable de lâcher prise. Et comme Matt le chante si bien sur le titre de clôture So I say goodbye, c’est une note note d’espoir et de persévérance que diffuse le disque Yellow Coat :

« Les choses se font et se défont en permanence. Cet album ça parle justement de ces vieux schémas, de ces habitudes malsaines qu’il faut briser, quelles qu’elles soient. »

De la planche à la piste

Révélé par Brushfire Records le label fondé par Jack Johnson, Matt Costa débute sa carrière à 21 ans, avec son disque Songs we sing (2006)…. Après un accident de skateboard, ce skateur prédestiné à une carrière professionnelle raccroche sa planche à roulette, troque son t-shirt grunge et se met à la guitare… Une chance pour nous, à en juger par le merveilleux répertoire qu’il nous offre depuis presque 15 ans de carrière. 

Et des vidéos de skate (des archives à revoir ici, héhé) aux vidéos clips, il n’y a qu’un pas… Pendant le confinement, le compositeur multi-tâches s’en est d’ailleurs donné à coeur joie, comme il nous le confie :

« J’ai transformé mon espace de vie en un studio d’enregistrement avec des écrans verts et scènes d’animation… Et j’ai réalisé les clips pour pas mal de chansons de ce disque, notamment avec l’aide de l’artiste Minh Pham… ça me rappelait quand j’étais ado et que j’éditais mes vidéos VHS de skate… tout en synchronisant la musique ! »

Découvrez l’album Yellow Cost (sorti en septembre dernier chez Dangerbird) en version digitale.

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Abigaïl Ainouz 

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