Des lendemains qui chantent avec Son Lux

Crédit BMF MEDIA

Le nouvel album de Son Lux ne ressemble à rien de ce que vous connaissez. Le trio américain fait son grand retour avec Tomorrow I, premier volume d’une trilogie musicale.

Ce 14 août, un petit miracle venait ponctuer la semaine : un nouvel album de Son Lux. Désormais bien (re)connu, le trio américain se renouvelle en profondeur tout en parsemant les titres de cette patte musicale si caractéristique.

Des idées brillantes dans l’ombre

En France, le groupe fait figure d’émergent. Et pourtant ! On a vu le groupe de Ryan Lott aux côtés de Woodkid lors de son grand retour en 2016 au Montreux Jazz Festival. Une interprétation rare de Eazy, le titre qui leur avait valu une reprise de Lorde et du rappeur G-Eazy, rien que ça. On avait aussi retrouvé le morceau dans Mon Roi de Maïwenn, preuve que le succès est contagieux. Et si Son Lux a accompagné ce premier retour de Yoann Lemoine (aka Woodkid), Ryan Lott, le leader, a accompagné le second en travaillant sur le titre Goliath (dont on vous parlait ici). Lott est d’ailleurs membre de Sisyphus, une collaboration aux côtés de Serengeti et Sufjan Stevens. Autant vous dire que l’artiste en a vu d’autres.

Aux côtés de l’artiste qui a initié le projet Son Lux, on trouve les excellents Rafiq Bhatia et Ian Chang. Le premier a déjà deux albums derrière lui et quelques jolies collaborations à son actif (avec Moses Sumney par exemple). Le guitariste américain n’a pas hésité à faire partager son talent. Il faut dire que depuis longtemps, on vous fait les louanges de Rafiq Bhatia. Le second est un batteur de génie qui s’est lui-même consacré à un album solo 属 Belonging avec la collaboration de Hanna Benn qui a assuré certaines premières parties du groupe mais aussi KAZU et Kiah Victoria. Le musicien n’a pas eu peur de s’entourer d’artistes singulières. Il faut dire qu’il est habitué aux partitions imprévisibles de Son Lux dont les irrégularités récurrentes ne sont pas sans rappeler certains titres de Radiohead comme Pyramid Song. Une musique qui respire, qui vit mais qui surtout se renouvelle profondément.

Lab’oratorio

Dans un dépouillement inédit, Son Lux livre des titres insaisissables, savamment réfléchis. Le groupe se laisse le temps d’installer chacun des morceaux avec de très belles parties instrumentales. Avec de superbes interludes pour cordes, le trio parfait l’immersion. Une belle façon de préparer les montées en puissance qui font la force du groupe. On en tient pour preuve les confusions orchestrales d’Involution avec ce qui semble être des variations de Breathe In/Breathe Out superposées. Dans le climax des morceaux, la voix si particulière de Ryan Lott est poussée à des aigus surhumains.

Avec cette esthétique minérale, Tomorrow I. est une exploration intime qui se réapproprie les codes du groupe pour mieux les détourner. Si certains sons ne sont pas sans rappeler ceux des précédents albums, c’est dans cette nouvelle histoire à fleur de peau qu’ils s’intègrent (et de se désintègrent). Son Lux troque l’énergie captivante de Change is everything, Lost it trying ou Dream State pour des morceaux plus planants, un virage que le dernier album Brighter Wounds laissait entrevoir.

Déséquilibres, ruptures et mues sont trois éléments incontournables de l’ADN du groupe dont il nous tarde de découvrir les prochains volets.

Tomorrow I. s’écoute ici.

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Mathis Grosos

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