Le compositeur islandais Ólafur Arnalds nous embarque en road trip sur son île

Crédits Marino Thorlacius

Le producteur et compositeur met en ligne Island Songs, un film qui documente la construction de l’album du même nom sorti en 2016. A travers les rencontres de sept artistes, Ólafur Arnalds trace un portrait touchant de son pays natal.

Depuis le début de sa carrière, l’artiste a enchaîné les projets ambitieux. Que cela soit The Chopin Project où il redécouvre les nocturnes de Chopin avec la pianiste nippo-allemande Alice Sara Ott, Trance Frendz où acoustique et électronique se mêlent délicieusement avec Nils Frahm, un autre prodige du label Erased Tapes ou encore des collaborations avec RY X, Odesza, SOHN, Max Cooper
Mais c’est en signant la B.O. de la série BBC Broadchurch qu’Ólafur Arnalds s’est fait connaître du grand public. Le show britannique qui met en scène Olivia Colman et David Tennant doit son succès à cette bande originale sombre où piano et sons électroniques se superposent. Un savant cocktail minimaliste pour lequel on retrouve parfois la voix d’Arnór Dan.

Retour aux sources islandaises

Après la tournée mondiale de Kiasmos, projet de techno minimale qu’il mène aux côtés de Janus Rasmussen, Ólafur Arnalds revient sur ses origines islandaises. Road trip musical mené aux côtés de sept artistes de sept villes différentes, Island Songs est un documentaire à l’image de l’album qu’il commente : lumineux, inspirant et profondément humain. Si l’artiste s’excuse de cloisonner la plupart des captations en intérieur pour une meilleure qualité de son, il offre dans ce film un aperçu des paysages magiques qui font la réputation du pays. Ce sont les discussions qui permettent ces bouffées d’air frais. L’occasion de rendre compte de la splendeur de cet environnement si caractéristique, un lieu de vie auquel la musique de l’artiste doit beaucoup.

Le compositeur a co-réalisé le film avec Baldvin Z (aka Baldvin Zophoníasson à qui on doit notamment quelques épisodes de la série Trapped, diffusée sur France 2 en 2016). La fluidité du mouvement épouse parfaitement les partitions d’Arnalds. Il semble que lorsque l’artiste pose ses mains sur ce piano étouffé, reconnaissable entre mille, le monde est en suspens. En 2019, l’artiste confiait pourtant au magazine Métalorgie être un mauvais pianiste :

« Le piano, j’en joue depuis que je suis enfant, mais je n’ai en fait jamais pris de cours. J’en joue vraiment mal, les vrais pianistes me le disent toujours que ma position derrière et ma technique sont mauvaises. Mais quelque part, ça marche quand même ! »

ÓLAFUR ARNALDS

Le compositeur était initialement batteur dans le groupe Fighting shit. Par manque de pratique, l’artiste a peu à peu renoncer à en jouer. Un batteur était toutefois présent sur scène pour la tournée de re:member, une première ! Les percussions restent prégnantes dans de nombreux projets de l’artiste (que serait Kiasmos sans ses bruitages percussifs ?)

Le sens du collectif

L’artiste doit une partie de son succès à ses collaborations. Si certaines sont récurrentes (Arnór Dan, Nils Frahm), Ólafur Arnalds aime les rencontres.

Très influencé par ses rencontres, en témoigne Ocean, sa collaboration avec RY X, Ólafur Arnalds revient à ses premiers amours. On retrouve l’esprit de Living Room Songs où se superposaient le piano et les cordes pour une belle montée en crescendo.

Cette influence, le film la montre à merveille. Chacun de ces morceaux est le fruit de longues discussions avec des artistes islandais singuliers. On trouve notamment le poète Einar Georg (qui se trouve être le grand-père d’Ásgeir Trausti !), la chanteuse Nanna Bryndís Hilmarsdóttir du groupe Of Monster and Men, le joueur de cor Brasstríó Mosfellsdals… Ólafur Arnalds s’entoure également du chœur du sud de l’Islande. L’occasion de redécouvrir les belles harmonies auxquelles nous a habitués l’artiste.

Avec eux, le compositeur évoque l’influence de l’Islande sur leur musique. La question de l’inspiration travaille depuis longtemps l’artiste qui s’est plus d’une fois essayé à l’improvisation. Mais c’est sur le rapport au public que se clôt le documentaire. Une façon de remercier ceux auxquels Ólafur Arnalds doit tout.

« Les collaborateurs les plus intéressants sont les auditeurs. C’est là que l’oeuvre d’art naît. On interprète ce que l’on entend et on décide que c’est en fait de la musique. »

ÓLAFUR ARNALDS

En attendant le prochain voyage d’Ólafur Arnalds, cette immersion dans le processus créatif devrait ravir les fans du musicien. L’occasion de découvrir au passage d’autres grands noms de la musique islandaise.

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Mathis Grosos

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