Avec sa playlist « Waiting to be changed », JAUNE lance un appel à se réinventer

Jaune, aka Jean Thévenin, sur le bord de la fenêtre de son appartement parisien

Eternel enthousiaste, le batteur Jean Thévenin à la tête du projet de pop naïve JAUNE nous offre sa musique préférée et une vision plutôt optimiste de notre époque avec un témoignage personnel de sa quarantaine. Un, deux, trois : Soleil !

Jaune (aka Jean Thévenin) est batteur pour François & The Atlas Mountains, mais aussi à la tête de son propre studio et projet de pop naïve et colorée. A l’occasion de sa création aux Rencontres TransMusicales de Rennes 2019, nous avions rencontré cet éternel enthousiaste. Retrouvez notre interview ici.

Une playlist indie pop « Waiting to be changed »

Pour la rédaction de Général POP, il a bien voulu nous concocter une playlist sur mesure baptisée « Waiting to be changed », et comme le chante si bien Atlas Sound dans le premier morceau de son mix, « c’est un appel à se réinventer ». On y retrouve des merveilles de la pop indie comme Big Thief, Weyes Blood, Solange ou encore Aldous Harding. Mais aussi des pépites frenchies : Orouni, Ricky Hollywood ou encore… Jaune himself ! Bonne écoute !

Carnet de bord de JAUNE en quarantaine

« Comme la plupart des musiciens de mon entourage, l’annonce du confinement a créé l’excitation de pouvoir enfin retrouver le temps long du questionnement sur ce qu’on fait.

Quel sens ça a de faire de la musique en 2020 ? En temps normal on avance chacun dans nos projets de sortie de disque, de promo, de composition pour des spectacles, des films, des tournées – on ne va pas se plaindre car la situation de musicien.ne en France est plutôt enviable comparé à la plupart des humains qui nous entourent – mais enfin si on a choisi de faire de la musique plutôt que de faire de la natation, fabriquer du pain, ou calculer des algorithmes c’est bien qu’il y avait un moteur qui nous poussait vers cet échange vibratoire entre le musicien, son instrument et le monde dans lequel l’instrument résonne.

Le premier jour au cours duquel ce confinement a été décrété je me suis posé beaucoup de questions, j’avais rapatrié chez moi mes instruments préférés (un Tom Basse, des petites percussions, des synthés, une boite à rythme, une reverb, un micro), j’ai commencé à aménager un espace de travail pour pouvoir faire quelque chose avec tout ça, déplacé des meubles pour caler une paire d’enceintes en face de mon bureau, regardé ce qui se passait dehors, avec notamment les pigeons qui prenaient possession du petit parc en face de chez moi, et un corbeau qui en même temps que j’aménageais mon home studio était fort occupé par la confection d’un nid dans l’arbre face à la cuisine, je l’observais s’escrimer à la tâche, à faire des dizaines d’aller et venues avec des petites brindilles dans le bec.

J’ai été courir une dernière fois dans le quartier (juste avant qu’il faille se munir du fameux formulaire) surtout pour observer un peu ce qui se tramait. Evidemment je me suis tenu à plus de trois mètres des rares personnes que j’ai pu croiser. Dans les rues, les rares apparitions humaines portaient un masque sur le visage, ou des foulards énormes qui leur donnaient l’allure de personnages de fiction.

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Le concert pour le @festivalchorus samedi aura lieu : sur mon balcon #confinement #kiffade

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A un croisement, je vis un homme immobile au milieu de la rue, il me regardait en souriant, il avait mis un nez rouge et j’ai eu le sentiment que c’est pour cet instant précis qu’avait été inventé le nez de clown, ça prenait tout son sens.

Je suis rentré chez moi. Dans l’escalier j’ai croisé la voisine du 6ème étage, on ne s’était jamais parlé et cette fois-ci on a échangé pendant 10 minutes, j’ai appris son métier, on a parlé comme si on habitait une ville où les gens se parlent dans l’escalier (Buenos Aires ? Lisbonne ?)

Et puis le premier soir, j’ai sorti le Tom Basse et quelques percussions sur le balcon. A vingt heure, quelques personnes de l’immeuble en face sont sorties, nous avons tous applaudi pour soutenir les soignants, et peut-être pour entendre nos corps résonner dans les rues désertes, pour comprendre que les fêtes existaient toujours. Je me suis mis à jouer du Tom Basse, les gens en face ont saisi des casseroles, au premier étage quelqu’un a même sorti une paire de congas et nous avons tous improvisé un moment de transe collectif, en tapant comme on pouvait et en poussant des petits cris. Ca a duré peut-être une dizaine de minutes, puis tout le monde a suivi un lent decrescendo jusqu’à laisser résonner le silence. A ce moment quelqu’un a hurlé : « Merci ! A demain ! « . Et nous avons tous hurlé à nos tours « A demain ! »

J’ai rentré le Tom Basse avec l’étrange impression d’avoir appris quelque chose – il faudra un moment pour que ça infuse et que j’en saisisse exactement la teneur – mais depuis ce jour nous nous retrouvons tous aux fenêtres à 20h pour taper des mains, hurler, taper sur des objets. Peut-être faire revivre les origines profondes de la musique. »

Un live à domicile

Impossible de rester silencieux pour Jean, et même en temps de crise, le voilà à la fenêtre de son balcon, respectant les consignes de rester chez soi pour un concert improvisé attirant l’attention de ses voisins et des (rares) passants. a revoir sur son compte instagram :

 

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Live confiné sur mon balcon

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