[POP GREEN] Vaches à hublot et poulets obèses : ce qu’on trouve dans les centres zootechniques

Qu’ouïs-je ? Des trous dans les vaches ? La pratique a été largement médiatisée ces derniers jours grâce à l’action de l’association L214 et ses enquêtes dans les fermes, mais pourtant, c’est l’usage depuis 1854. 

Qu’est-ce que ce qu’il se passe au juste pour ces vaches ? 
Alors oui, ça peut paraître obscur, un trou dans une vache, on vous explique. Il s’agit d’une expérience sur des cobayes vivants, qui a lieu dans des fermes un peu spéciales appelées « centres zootechniques » (comme c’est le cas pour la ferme de Sourches détenue par la société Sanders). Dans ces centres, on n’a pas le droit de filmer ou de prendre des photos normalement, ce qui peut expliquer notre stupeur face à cette découverte.

Ces vaches, on les appelle les vaches « fistulées » : elles sont pourvu d’un hublot de 15 à 20cm de diamètre sur leur flanc, qui donne accès direct, par son ouverture, à une partie de leur estomac. Cela permet des observations et des interventions, des ajouts de nourritures différentes pour voir ce que ça donne, si on devait schématiser.

Mais pourquoi ?
Certaines personnes qui travaillent avec ces méthodes disent que c’est une façon d’expérimenter des alimentations différentes et leurs résultats « sans sacrifice » de l’animal. Le but est donc de faire des prélèvements et d’évaluer la qualité de tel ou tel aliment. Ça, c’est le but premier, mais finalement, quand on regarde plus loin, vers le but final, toutes ces motivations ne sont que des moyens au service d’une logique de rentabilité. Pour produire plus de lait et plus de viande, histoire de rentabiliser au maximum chaque animal de l’élevage.
Les défenseurs de la pratique avancent que ces expériences visent une réduction du nombre d’antibiotiques donnés aux vaches. Et que ça aiderait à faire baisser leur production de méthane. Enfin bon en vérité les fermes industrielles polluent énormément et sur tellement de fronts que c’est bien marrant de se donner autant de mal pour réduire la pollution venant des flatulences des pauvres vaches… Just saying. En plus de ça, leur régime alimentaire est déréglé dans le but de produire plus de lait donc elles mangent plus de céréales et leur rejet de méthane n’est de ce fait pas moins élevé.

Mais mais, mais comment ils font concrètement ?
Les éleveurs donnent aux vaches des aliments spéciaux d’abord testés dans des labos. Et puis tout simplement, ils plongent littéralement leurs mains ou leurs instruments dans la vache pour faire des prélèvements. Les prélèvements sont analysés pour ensuite modifier en labo les aliments. On peut aussi leur insérer directement différentes sortes de fourrages par cet élégant trou pour observer le process de digestion. En gros, c’est un peu comme de la digestion in vitro mais in vivo en même temps… L’éprouvette, c’est le bide de la vache, tout va bien.

Mais ça doit avoir des conséquences désastreuses sur les vaches, non ?
Ça crée une contradiction entre les besoins et les normes naturelles de l’animal et la réalité de son existence au sein de ces fermes. Les vaches subissent des opérations chirurgicales, et sont gardées dans des enclos, à portée de main et de vue. Elles ne sont que rarement lâchées dans les pâturages. Aujourd’hui, une vache produit 27 litres de lait, soit 5 fois plus que les besoins naturels d’un veau. D’ailleurs, il n’y a pas que des vaches qui sont victimes de ces expériences de rentabilité. Des poulets issus de souches à croissance rapide sont tellement obèses que leurs pattes ne les portent plus…

Et pourquoi on continue, qu’est-ce qu’on fait pour arrêter ça ?
Le problème est toujours le même, la logique de rentabilité qui prime sur le reste… Le Ministre de l’Agriculture a parlé d’une éventuelle solution alternative annoncée par l’Institut National de Recherche Agronomique pour 2024.
En attendant on peut signer les nombreuses pétitions mises en place par L214 pour la protection animale et le respect de l’éthique envers eux.
On peut également trouver des alternatives alimentaires, pour ceux qui aiment la viande et voudraient arrêter d’en acheter par conviction. Et pour ça, la société Impossible Food crée de la viande sans viande : ça ressemble et ça goûte comme de la viande mais ça n’en est pas, impossible mais vrai !
Et pour déguster des burgers avec des steaks végé qui ont vraiment un goût de viande, on vous propose de faire un petit tour dans un des établissements qui distribue la nourriture Beyond Meat !

On espère que ces solutions alternatives vous redonneront l’appétit après le dégoût qu’inspirent les images horribles présentées ci-dessus.

Et pour finir nous dirons : faites attention à la provenance de votre viande, ou sinon arrêtez d’en manger, et si vous galérez mangez des steaks végés et si ça ne vous va toujours pas battez vous comme L214 pour que l’agroalimentaire adopte des pratiques respectueuses et non nocives pour la santé des animaux ni pour la nôtre.

 

 

Louise G.

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