[POP CREW] Boukan Records chahute les soirées parisiennes

@Raffaele Cariou

Ne vous fiez pas au nom : Boukan Records est ce qu’il y a de mieux organisé

[POP CREW] c’est un nouveau format qui part à la rencontre des collectifs qui redéfinissent la ville à coups de soirées, d’expo, de performances et d’événements en tous genres. On se placera plutôt depuis Paris, ses bâtiments historiques, RIP Notre-Dame de Paris, ses bars, ses galleries et ses clubs. Depuis un petit moment maintenant, le nombre de collectifs qui souhaitent ajouter leur pierre à l’édifice des soirées parisiennes se développent à vitesse grand V. On est donc allé toquer à leur porte pour discuter ensemble d’eux, de Paris et des autres, on vous les présente chaque semaine.

Premier collectif, Boukan Records : initialement un label qui a viré collectif. On a discuté avec son créateur, William Essef.

Dans quel contexte as-tu monté Boukan Records ?
Ça fait 3 ans que Boukan Records a été monté, on organise d’ailleurs une soirée avec avec le collectif Chkoun is it ? à la Station le 17 mai ! De base c’était un label. Avant ça, j’avais monté un collectif pluridisciplinaire avec des potes de Cergy, ça s’appelait le YGRK Klub. On a fait pas mal de soirées en banlieue et à Paris. Monter un label, c’était pour être plus sérieux et plus axé musique.
Avec Boukan, on a commencé à proposer de la musique à laquelle on croit et qu’on défend. Jusque-là on a eu des sorties plutôt musiques électroniques, mais il y a pas mal de projets hip-hop qui vont voir le jour d’ici très peu de temps. On essaye de brasser le tout lors des soirées qu’on organise en faisant se côtoyer plusieurs artistes aux différentes influences.

Vous vouliez faire quoi à la base avec Boukan Records ?
À la base, la volonté du label c’était un truc un peu propre à notre génération. On a grandi dans les années 2000 avec Skyrock, Générations 88.2. On a tous la même base RnB.
Quand on a commencé à sortir dans des soirées où passait de la musique électronique house ou UK, nos before ou nos afters étaient souvent ambiancés par le RnB. Je me suis toujours demandé « Pourquoi on n’exporterait pas ça en soirée ? Pourquoi on ne proposerait pas un concept qui puisse allier hip-hop/RnB avec la musique électronique ».
Il y a des ponts qui existent entre tous les styles musicaux, donc on essaye de les arpenter et de les défendre le mieux possible.

Tu viens de Cergy, ça te semble important d’étendre les soirées à la banlieue parisienne ?
C’est important déjà parce qu’en termes de lieux à Paris, il y a moins de contraintes. Au niveau des restrictions sonores, des normes de sécurité, des horaires. C’est beaucoup plus souple donc on peut proposer des formats qui nous correspondent davantage et qui sont plus faciles à mettre en place.
La banlieue, c’est là d’où on vient. Ça ne nous a jamais fait peur d’organiser des évènements là-bas. Elle aura toujours une grande place dans nos vies même si aujourd’hui, pour des raisons pratiques, on est tous basés à Paris. Ça nous a permis d’arpenter des courants musicaux auxquels on n’aurait pas été confrontés ailleurs. Si j’aime autant le kuduro, le logobi (revival coupé-décalé, version banlieue), c’est parce que c’était ce que nos mères et nos tantes écoutaient quand on sortait des cours et qu’on allait jouer à FIFA entre potes.
Ça a clairement construit ma culture musicale. Mes premières aprem de « teufeurs » c’était les aprem logobi en fait ! Ça doit sûrement jouer sur le fait qu’on aime les fêtes l’après-midi. C’est de la musique solaire.

 

Vous vous organisez comment au sein de Boukan Records ?
Alors il y a moi, William aka Bamao Yendé, c’est moi qui gère le label. Après, en termes de production, chacun participe, il y a d’autres groupes qui intègrent le label. Il y a Fatal Walima, MOKU JOHN, ce sont des potes qui faisaient partie du premier collectif que j’avais, avec lesquels j’ai appris à faire du son et avec qui on a posé les premiers sets. Après il y a Nyoko Bokbae, c’est un groupe qui est basé entre Paris et Saint-Denis, ils participent aussi au projet. Il y a Sottoh, Waldman, Nein di Nein, Kabaka qui est dans le 94 aussi.
On est nombreux. On a beaucoup propagé le côté musique électronique mais là on va commencer à présenter le côté hip-hop, plus live, plus chanté.

Vous allez faire plus de soirées ?
J’ai déjà commencé à initier ça lors des dernières soirées qu’on a faites. J’essaye de les motiver à faire emcee pendant les Dj sets. Quand j’ai commencé réellement à découvrir la culture UK, avec les emcee qui peuvent rapper sur n’importe quel rythme, j’ai trouvé que ça permettait d’intensifier la connexion avec le public. L’échange est encore plus direct quand t’es emcee, tu peux transmettre encore plus d’émotions, encore plus de vibes, c’est ça qu’on veut. On veut se rapprocher au maximum des gens qui viennent à nos soirées.

Au vu du nombre de collectifs qui se crée, ce n’est pas trop difficile de trouver sa place ?
On a réussi à se faire une petite réputation donc les gens ils connectent.
Nos soirées se passent bien, généralement les personnes qui viennent une fois reviennent. Ils en parlent à leurs amis et ça nous permet de grandir et d’être plus crédibles. On fait des productions pour d’autres artistes aussi ce qui permet d’élargir le cercle. Il y a pas mal de collectifs qui gravitent à nos côtés avec lesquels on partage les mêmes valeurs (La Créole, Big Brothers, Mermaid Express…). Artistiquement, on commence aussi à avoir plus de sorties. Ça nous encourage à continuer de bosser.

C’est quoi la suite pour Boukan Records ?
On aimerait bien sortir des vinyles bientôt. D’un point de vue personnel, je produis beaucoup plus de hip-hop que de musique électronique. Du coup, mes ambitions seraient de sortir des disques à un moment pour continuer d’étendre les collaborations que je fais.
Le collectif Mermaid Express va ouvrir un lieu à Montreuil, ça s’appelle le Velvet Moon, ça va être un lieu hyper chaleureux, avec de bonnes énergies. On va y monter un studio avec Lief Records. À terme, ce serait bien qu’on puisse avoir de bonnes machines et qu’on puisse développer des sonorités propres à Boukan. C’est déjà du travail ça ! Et pour le moment, on veut surtout partager nos vibes un maximum.

 

Bamao Yendé jouera à We Love Green le Samedi 1er Juin

Fatal Walima sera à Peacock Society en juillet.

Nyoko Bokbae sera à la Villette Sonique en juillet

 

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