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Nuits Sonores est-il le meilleur festival de musique électronique en France ?

NS

On vous laisse déterminer la réponse à travers l’expérience d’Elodie BOUHLAL & de Marine Monbeig : 4 jours & 3 nuits aux Nuits Sonores.

MERCREDI 13 MAI

Je suis devant. T’es où ?

Un an qu’on en entend parler. Et on y est. Juste devant. Notre accréditation scellée au poignet, même qu’il faudrait nous passer dessus avec une scie sauteuse pour pouvoir nous l’enlever. On a même assisté aux conférences de presse pour bien tout comprendre le jour J. Et on y est, juste devant . Sauf que j’arrive seule et que je veux être sûre de ne pas rater les copains à l’intérieur, histoire de me mettre dans le bain tout de suite. Ils sont entre les portes deux et trois. Tous trouvés !

Il fait beau, il fait bon, la nuit tombe, ambiance détendue sur le parvis de la Sucrière pour l’inauguration. A l’intérieur, décor de circonstance, trois énormes portraits sont suspendus au dessus de la scène : Ben Klock, John Talabot et Jamie XX qui vont présenter leur vision du festival sur les trois prochains jours. Il y a même des transats pour ceux qui sont déjà fatigués avant de commencer. On prend un seul verre en se disant qu’on aura bien le temps d’en boire beaucoup (beaucoup) d’autres.

Malheureusement, j’ai juste le temps d’avoir envie de rester que je dois déjà partir chercher mon binôme à la gare. Sur le chemin, le visuel du festival réalisé par le studio féminin Twice a littéralement envahi la ville.

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JEUDI 14 MAI

Je suis au bar. T’es où ?

Binôme à la main, on décide de faire un tour aux apéros Warsaw pour la Carte Blanche à Varsovie, sûrement un peu trop tôt puisque le lieu est quasiment désert. Cette année, c’est au tour de la capitale polonaise de venir présenter sa scène locale. On y voit Pietnastka de loin, mélange plutôt réussi de percussions et synthés. Reconstitution du cadre oblige, on fait un tour au bar à lait. Juste à côté, les Mini Sonores proposent de sensibiliser les enfants à l’art en général : les ateliers Rock your Clip et Stop Motion nous donnent clairement envie d’avoir 8 ans à nouveau. Dommage, on se fait recaler à cause de notre taille jugée apparemment (et pour la première fois) trop importante .

Arrivées à la Sucrière pour le Day 1, et après s’être fait fouillées jusqu’au baton de rouge à lèvres, on est contentes parce que c’est le jour consacré à Ben Klock, et qu’on aime beaucoup ce qu’il fait. Et aussi parce qu’il y a une boule à facettes au dessus de sa tête. On adore les boules à facettes. Avec les copains, on n’a pas l’air tous d‘accord quant au nombre de portes dans la salle. Rapport à un nombre différent selon qu’on se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur. Du coup, on choisit de se donner rendez-vous au bar. Et puis comme on a soif c’est plus simple. Je suis là où il y a plein de jeunes qui boivent beaucoup d’eau et je dis aux autres que c’est vachement bien qu’on n’ai plus besoin de picoler pour s’amuser, nan ? Nan.

Ben Klock termine son set, on propose d’aller se mêler aux vrais gens dehors et faire un Extra (un Off pour les non initiés, ou pour tout autre festival) juste à côté. Les Extras regroupent une trentaine d’événements gratuits à travers la ville pendant toute la durée du festival. Jumpez Jeunesse est organisé par Roulez Jeunesse, un festival auquel j’ai assisté l’année dernière au vélodrome du Parc de la Tête d’Or. (Merci d’avoir programmé Rocky au passage, c’était fabuleux). Ils proposent une session d’air bag jump, sorte de suicide annoncé avec ton vélo et un coussin gonflable. Ma copine Marion a super envie d’ essayer. Nous on est trop des flippettes, alors on décide de rester mater les garçons qui ont des casquettes à l’envers. Ce qui est moins bien avec les Extras en plein air, c’est que c’est pas toi qui décide quand ta journée se termine. C’est la pluie. La pluie a donc décidé que ce serait maintenant.


T’es où à l’intérieur ?

Bon, on a vraiment envie de faire la fête maintenant. Et ça tombe bien, c’est la Nuit 2 : le circuit. On a le choix entre une quinzaine de soirées dans la ville. On hésite entre Jessamine au Bateau Bellona et Lotfi à la Plateforme. Finalement, on choisit d’aller au Transbordeur. Parce qu’il y a Mawimbi Crew qui mixe, c’est les copains du binôme.

Le transbordeur, c’est super, on passe la moitié de la soirée à fumer des clopes dehors, l’autre moitié à fumer des clopes en faisant la queue pour les toilettes. On voit Mawimbi Crew qui incendie la grande salle à base d’électro africaine.

On rentre relativement tôt pour se préserver pour demain, mais after compris, en fait ça change rien.

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VENDREDI 15 MAI

T’es où sous la pluie ?

Mon binôme se réveille et m’apprend que le meilleur remède contre la gueule de bois, c’est les huitres. Coïncidence, il y a un Extra (un Off, tu suis ?) Oyster à la Plateforme, lieu d’événements sous forme de péniche. Coloc sous le bras, et bravant la tempête, une queue sans fin fait qu’on se retrouve finalement au Café du Rhône pour un Extra improvisé entourés de tout Paris. Une planche charcut-fromage (sûrement aussi efficace que les huitres contre nos maux) et quelques pintes plus tard, il est l’heure de partir pour la Nuit 3.

T’es où ?

La Nuit 3. La vraie. Celle qu’on attendait depuis le début. La Night quoi. Finis les problèmes d’organisation des années précédentes. Cette fois, ils sont prêts, ça se sent. Nouvelle fouille au corps, nouveau foutage de gueule devant ma photo à la borne. On y est. Les murs bruts de l’ancien marché de gros sont teintés de projections lumineuses qui nous plongent immédiatement dans une atmosphère qui s’annonce hors du temps.

Coloc et moi, on veut visiter le site. Halle 2, on écoute Kelela qui nous séduit avec son RnB envoutant. Halle 3, on s’en prend plein les oreilles avec Jessica93. Coloc me tend des boules Quies, mais non merci, j’aime bien ce qu’il fait le monsieur. Juste à côté, plein de food truck, dont un gluten free, ce qui tombe bien, Coloc a besoin de forces (pas moi, moi je triche pas). On passe devant un photomaton qu’on s’était jurés d’essayer puis oublié, le bar pro devant lequel on se donne des rendez-vous fixes toutes les heures (la bonne idée), la queue pour acheter les tokens. La halle 1.

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T’es où !

OMAGAD. La halle 1. Ciel de boules à facettes. Je sais pas encore ce que je veux voir mais je sais que je veux rester ici toute ma vie. Parce que l’Ancien Marché de Gros, je connais. C’est un hangar, c’est pratique pour les festivals, mais pas vraiment joli. Alors que là, 25 boules à facettes qui se renvoient ces lumières sur fond d’électro, je dois avouer que c’est captivant. Y a même un Minion là haut. Un Minion ! Arty Farty a décidé de réunir toutes mes passions dans la vie pour en faire un festival. Bonheur.

Premier rendez-vous fixe. Faut qu’on aille voir Brodinski maintenant. Il fait un live de son dernier album qu’on adore. Sur fond de mains dansant sous LSD, Louis est beau et excite littéralement la halle 2. Cet album est encore mieux en live. On enchaine avec Palma, chouchous lyonnais déja vus environ 18 fois mais dont on ne se lasse pas.

T’es où bordel ?!

Après deux rendez-vous fixes manqués, on se retrouve au bar pro. Minion est là, il s’incruste dans notre conversation (à savoir qui est beau/qui est pas beau), coupe de champagne à la main pour nous expliquer que Pantone a sorti une couleur à son nom. Je comprends rien, et je trouve qu’il se la raconte un peu. Je m’en fiche, je veux retourner voir les boules à facettes magiques là. Personne ? Tant pis pour vous.

Un copain me dit de le retrouver halle 1, il est là, à gauche. Sauf qu’il y a quand même 10.000 personnes, et que la gauche c’est grand. Sont vraiment belles ces boules à facettes. On dirait ma chambre. En plus bruyant peut être. C’est moi où y a beaucoup de bruit en fait ? Et puis je crois que j’ai besoin de boire de l’eau maintenant. De toute façon, il est bientôt 5 heures, j’ai perdu tout le monde, et finalement ma maison elle est pas mal non plus.

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SAMEDI 16 MAI

Tes ou. ?.

On se réveille avec des étoiles plein les yeux et des boules à facettes plein la tête. Boules à facettes is the new black. Qu’on se le dise.

On a très faim et Coloc 2 a posé sa Marmite Urbaine sur un Extra organisé par Symphomix et le Court-Circuit. On convient d’aller déjeuner là bas, vers 15 heures. Comme on a dû laisser pas mal de neurones au Marché de Gros, on arrive sur place vers 19 heures (rapport à l’anti-cernes) pour le premier vrai repas depuis mercredi soir. Une nuée de festivaliers en communion dans une ambiance « Welcome back to le turfu » aux détails soignés jusqu’aux combinaisons de cosmonautes des organisateurs. Et une fois rassasiées, comme on oublie vite, on a hyper envie d’y retourner ce soir. Mais impossible de négocier la moindre place.

Du coup, direction le Café du Rhône, valeur sûre des soirées lyonnaises mal organisées. Lotfi est là, nous qui étions si déçues de ne pas l’avoir vu mixer à la plateforme la veille. Les Nuits Sonores s’arrêteront là pour nous. Maintenant, on a super envie de manger des huitres.

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