[POP GREEN] La mode durable : upcycling, recyclage et seconde main

Le textile est la 2e industrie la plus polluante après l’industrie pétrolière et pourtant on en a, à tort, une image moins négative.

Mais certains acteurs de la mode prennent le contrepied de ce qu’on appelle la « fast fashion » en mettant en place des alternatives durables, on assiste à un soubresaut écoresponsable qui redonne un peu d’espoir. Peut-être qu’on est pas si foutu que ça finalement. Pour une fois qu’on fait un Pop Green optimiste…

La fast fashion, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit de la grande majorité de la production de textile dans le monde. C’est le phénomène de renouvellement très rapide des collections, qui amène à une production intensive et massive de vêtements (et si c’est pour nous sortir des trucs moches en plus, cimer…). Cette production massive amène, logiquement, à une grande utilisation d’énergie en amont et à du gaspillage et beaucoup de déchets en aval. On jette quand même 11 kg de vêtements par an et par habitant…

Côté consommation : on achète pas cher et en quantité, vu la quantité et le prix bas, on a moins de scrupules à jeter et finalement on augmente notre masse de déchets textiles. Qui plus est, la fast fashion utilise des matières premières peu chères et donc plus de synthétique (beurk ça donne de l’urticaire), matières beaucoup plus polluantes que les matières naturelles…

Quelles solutions alternatives s’offrent à nous ?

L’idée est de faire du neuf avec du vieux, ce qui n’implique pas de changement esthétique perceptible, ni sur la qualité des tissus d’ailleurs.

Certaines marques qui ont intégré ces problématiques environnementales rachètent des tonnes de vieux habits, parfois ils en récupèrent même dans des containers relais qu’on voit dans la rue, ou encore prennent des chutes de tissus dans le but de confectionner des vêtements neufs avec. Les créateurs assemblent les tissus pour créer de nouveaux vêtements complètement neufs et inédits. Ca fonctionne un peu comme un collage, et ça s’appelle l’upcycling, une revalorisation du textile qu’Andrea Crews a rendu populaire, cool et loin des sarouels en chanvre.

On peut aussi recycler des matériaux déjà utilisés pour créer les matières premières des vêtements. Par exemple, on crée de la fibre de polyester à partir de bouteilles en plastique déjà utilisées, ou alors on utilise des chutes de coton. De cette façon, les créateurs évitent la surproduction de coton et de plastique et limitent la consommation d’eau. Il faut bien noter qu’on utilise 50L pour un t-shirt recyclé VS 2500 pour un t-shirt standard, rien que ça !

Une autre mesure que peuvent adopter les acteurs du textiles : ne pas délocaliser la fabrication des vêtements, ce qui est le cas pour toutes les grandes marques de la fast fashion et qui suppose une empreinte carbone monstrueuse ! Quelques marques responsables donnent une chance aux ateliers français ayant survécu à la délocalisation massive et en plus de réduire leur empreinte carbone, elles sauvent des emplois.

Un exemple en chiffres : la marque responsable Hopaal a déjà remis dans le circuit 5 tonnes de vêtements et 30 000 bouteilles en plastique recyclées !

Une autre solution s’offre aux consommateurs : la seconde main. On compte de nombreuses structures en lignes qui proposent des vêtements d’occasion et il y en a pour tous les goûts : Vestiaire Collective pour le luxe, Vinted pour le tout venant, et puis, en physique, les friperies diverses et variées pour le vintage qui a le vent en poupe. De cette façon, on empêche la surproduction et en même temps, ça nous permet de ne pas jeter nos vêtements ! On peut également choisir de donner ce dont on ne veut plus à des associations comme Emmaüs.

Préférer des vêtements de qualité avec des matières qui s’usent moins comme la laine, le lin et la soie par exemple, serait bénéfique pour éviter la surproduction en les gardant longtemps et être en mesure de les revendre.

Si on adopte ce principe de circularité pour l’industrie de la mode, on pourra continuer à se faire plaisir en achetant des vêtements sans pour autant tuer notre environnement. Le seul bémol serait le prix plus élevé de ce genre de vêtements car la fabrication est plus onéreuse et plus complexe, mais pour ceux qui n’ont pas les moyens, la friperie et la seconde main reste la meilleure option en attendant l’augmentation !

Il reste cependant à réglementer légalement tout ça, pour arriver à avoir plus de transparence sur l’origine du vêtement, ce qui pourra nous aider à mieux consommer. C’est déjà le cas pour d’autres produits de consommation et Edouard Philippe a annoncé l’année dernière que ça s’appliquerait au textile, ce qui est une bonne nouvelle !

Quelques exemples de marques écoresponsables qui adoptent ces gestes : 

Quelques événements marquants qui montrent qu’il y a du changement : 

  • Septembre 2018 : le Green Carpet Fashion Awards à Milan pendant la Fashion Week, réunissait des célébrités et designers portant des vêtements écoresponsables : Donatella Versace, Cindy Crawford, Anna Wintour et Cate Blanchett par exemple.
  • Décembre 2018 : Chanel bannit la fourrure et les peaux d’animaux exotiques.
  • Février 2019 : la première Fashion Week vegan a lieu à Los Angeles.
  • Aujourd’hui nous sommes au cœur, en France, d’un grand rendez-vous de sensibilisation à l’envers de la mode : la Fashion Revolution Week, portée par l’association Fashion Revolution, mouvement par ailleurs international. Toutes les infos ici.

En bref : arrêtons d’acheter n’importe quoi n’importe comment et de nous habiller comme tout le monde, place à la mode durable et à l’originalité !

Photo Chantapitch pour Andrea Crews
Louise G.

 

 

 

 

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