[POP GREEN] Véganisme et bon sens avec Fanny Maurer

Elle pique sa peau, pas celle des animaux

Voilà ce que la maquilleuse aux 156k annonce sur son blog Il Sera Une Fois. Mannequin tattoo de dizaines de couvertures de magazines spécialisés, Fanny Maurer a choisi son combat : soulager les animaux de la souffrance qui leur est infligée par l’industrie agro-alimentaire. Fanny est vegan, c’est à dire qu’elle ne consomme aucun produit, comestible ou non, issus de l’exploitation animale : pas de cuir, de laine, de daim, de miel, d’oeufs ou de fromage.
La fin de l’humanité est annoncée par les plus alarmistes pour le siècle prochain et il est désormais prouvé par toutes sortes d’études que la réduction, et idéalement la suppression de nos consommations d’animaux et dérivés, est l’action la plus efficace à titre individuel pour lutter contre le réchauffement climatique. On a rencontré Fanny pour nous aider à mieux comprendre pourquoi.

Comment a débuté ton engagement vegan, il y a eu un déclic ?
Oui complètement. J’étais déjà végétarienne depuis 10 ou 12 ans et, sur un job, lors d’une pause dej avec une photographe, on est allé se commander à manger et j’allais prendre un truc avec du parmesan. Elle me dit alors qu’elle essaye de passer vegan et qu’elle ne consomme déjà plus de fromages faits avec de la présure [lait d’origine animale extrait du quatrième estomac des veaux]. Je me suis renseignée le soir-même sur ce que c’était et le lendemain j’étais vegan, activiste et militante. J’ai réalisé qu’on tuait les animaux pour fabriquer du fromage et c’était fini.

Si tu devais donner 3 bonnes raisons de devenir vegan ?
Pour moi la première raison et la plus importante c’est les animaux. Je pourrais bouffer de l’arsenic si ça impliquait de ne plus faire de mal aux animaux.
Ensuite ça serait l’idée de faire des choix éthiques et l’environnement. C’est une suite logique si on fait couler ce système d’exploitation animale, la planète ira mieux et les animaux sauvages aussi.

Tu es très suivie sur Instagram, tu mesures ton influence sur les choix des gens ?
C’est une évidence. Tous les jours je reçois des dizaines de messages de gens qui me disent carrément « t’as changé ma vie », ou même des gens qui admettent « au début je te détestais mais j’ai quand même continué à te suivre et j’ai fini par ouvrir les yeux. »

« Il faut dépasser la peur que les autres se moquent de vous ou vous fassent sentir que vous êtes pénibles : à côté de ce que vivent les animaux ça n’est RIEN »

Quel conseil donnerais-tu à celles et ceux qui ont envie de franchir le cap mais qui sont retenus par des croyances diététiques ou historiques ?
Déjà, voir que si on est tant de vegans à être en bonne santé, debout et en vie c’est que ces croyances ne sont pas justifiées, ce sont juste des mythes inventés par les lobbies de l’exploitation animale. Et puis, pour des raisons sociales ou sociétales il faut dépasser la peur que les autres se moquent de vous ou vous fassent sentir que vous êtes pénibles : à côté de ce que vivent les animaux ça n’est RIEN. On ne se parle pas d’un choix de voiture ou de la peinture de ta chambre, les gens qui mangent de la viande ont tort, c’est tout.
Pour le fromage, qui est particulièrement difficile à arrêter sachez que les vaches ont une durée de vie d’environ 5 ans : on les utilise comme des objets en les inséminant à la chaîne, et, une fois qu’elles ne sont plus rentables, on les tue. Donc, en terme de souffrance animale, si on est vraiment logique, il vaudrait mieux arrêter le fromage et les œufs avant d’arrêter la viande pour laquelle la vache ou la poule est soulagée de ses souffrances d’un coup.

Tu encourages à regarder les docus ultra-violents de L214 par exemple ?
Bien sûr, parce que si c’est trop violent pour les yeux c’est que c’est trop violent pour le ventre. Si tu manges du fromage ou de la viande et que tu ne veux/peux pas regarder ces images c’est qu’il y a clairement un problème et ça montre que ce que tu manges, c’est pas correct . Moi ça me dérange pas de regarder une tomate se faire cueillir ou une carotte se faire découper par exemple.

« J’ai jamais regardé ce que faisait Lucy l’australopithèque pour savoir comment je dois me comporter en 2019 »

Que répondre à « oui mais on a toujours chassé, c’est notre nature » ?
On a toujours chassé mais on ne le fait plus. J’ai jamais regardé ce que faisait Lucy l’australopithèque pour savoir comment je dois me comporter en 2019. On a toujours chassé, on a toujours violé, on a fait du traffic d’enfants, c’est pas pour ça que c’est éthique ou moral. Il faut savoir soi-même où on place son baromètre de la morale. On sait aujourd’hui qu’on a pas besoin de viande pour vivre : les fausses excuses des protéines et de la chasse c’est n’importe quoi.

 Mais à l’époque où on chassait c’était nécessaire…
Oui bien sûr, mais en 2019, la chasse c’est aller au supermarché, 99% des gens ne chassent pas, donc cet argument n’est pas valide.

« Le veganisme n’a pas réponse à tout : on ne te demande pas de devenir un être absolument parfait, juste de faire au mieux »

Quand on est vegan, on ne consomme rien d’origine animale, quid du plastique et du synthétique -qui remplacent souvent- pour l’environnement ?
Attention aux lobbies, notamment de la fausse fourrure qui fait une campagne pour dire que porter de la fausse fourrure c’est mal parce que ça détruit la planète alors que la vraie fourrure c’est bien parce que ça dure dans le temps. C’est d’autant plus mensonger, que c’est une industrie qui utilise la pétrochimie [industrie des dérivés du pétrole] pour que la peau ne pourrisse pas, donc c’est tout aussi polluant mais en plus il y a la souffrance absolument atroce des animaux.
Après, le veganisme n’a pas réponse à tout : on ne te demande pas de devenir un être absolument parfait, juste de faire au mieux. Dans ma consommation personnelle j’essaye de faire au mieux : réduction des déchets, abandon des produits à base de pétrole, les simili, etc. Ma priorité reste l’exploitation animale parce que je pense que le jour où le sujet de l’élevage sera réglé, il n’y aura plus d’émissions de CO2 dues à ça etc, et le sujet du pétrole et du plastique deviendra minime puisque l’élevage est la première cause de pollution avant les transports.

Tu as un petit chien, Peanut. Si tu te considères vegan et anti-spéciste, quid des animaux de compagnie ?
Déjà, je n’appelle pas mon chien « animal de compagnie », je le considère comme un membre de ma famille. C’est sûr que si tu vas l’acheter dans un élevage ou une boutique, tu n’es pas anti-spéciste. En revanche si, comme pour mon chien, l’animal est issu d’un sauvetage, c’est différent parce que les animaux sont là, ils ne sont pas issus d’un quelconque business. Je préfère avoir un animal et lui apporter du confort et de l’amour que de le laisser crever dans une cage.

Tu penses à créer ta ligne de produits vegan et cruelty free?
Je garde ça pour moi pour l’instant 😌

Talk Agathe Rousselle
Photo Robin Navarro-Harraga

 

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