La Rivière, où coule le talent d’Anna Majidson

crédits Julie Mitchell

 

Une oscillation entre puissance et mesure, et à l’image des mélodies sur lesquelles elle pose sa voix, c’est ce qui pourrait définir le spectre musical d’Anna Majidson : trop inspiré et vaste pour être catégorisé, mais à la fois très précis dans ce qu’il communique à celui qui écoute.

Après un travail en duo sur le projet Haute qu’on ne présente plus, mémorable pour le live sur la chaîne Colors, la franco-américaine Anna Majidson, sort ce 25 février son second EP en solo : intitulé La Rivière, le projet de 7 titres fait suite à la sortie en 2021 de sa “Mixtape Telecom », un 4 titres qui semble avoir été fait pour amorcer l’accueil de ce second projet.

Et l’on voit en effet sur La Rivière la continuité d’un travail aussi précis sur la diversité des mélodies et des rythmes, l’intensité des paroles.. Mais dans l’inspiration des thématiques, quelque chose semble avoir été poussé plus loin, notamment sur les paroles, des refrains qui restent entêtants, mais se doublent de forte émotion.

 

Un peu plus proche(s)

Dans chacun des sept titres on voit se dérouler l’histoire au personnel, relationnelle d’Anna. Elle se livre et semble formuler en musique le flot de ses pensées, passées ou futures, tout en poésie : elle raconte par exemple dans le titre Natasha l’histoire d’une amitié qui se délite, mais aussi dans le titre Soleil Cendre en featuring avec le Bruxellois David Numwami , une relation amoureuse qui touche à sa fin : « Je descends voir si c’est toi ou pas, pourtant, c’est elle qui sèche tes larmes mieux que moi », nostalgique mais aussi profondément mélancolique « Quand le soleil me parle de toi, je n’oublie pas».

 

Se révéler à soi-même et aux autres ?

La fin de l’écoute de La Rivière, pour une oreille avertie aux compositions d’Anna, qu’elle révèle notamment dans ses vidéos de Covers réalisées en homemade sur les réseaux sociaux, provoque une certaine joie d’avoir pu partager l’intensité de ces morceaux. Et c’est la diversité des collaborations sur cet EP qui semble pouvoir révéler de manière sensible l’étendue de la beauté et de la créativité d’Anna.

Elle s’est entourée d’artistes talentueux des scènes avant-gardistes de l’éléctro-pop, du rnb, et du hip-hop, français et internationaux. Ces derniers semblent s’accorder à la perfection à son univers : le producteur Blasé qui l’a accompagnée depuis 2014, sur Haute, sur Soleil Cendre et Natasha, mais aussi le très poétique Sacha Rudy sur La Fin et En Deux Mots – qui sort par ailleurs lui-même son Propre EP « Somewhere » le même vendredi : une certaine coïncidence des agendas dont on ne peut que se satisfaire .

 

Release party le 03/03, au Pop-Up du Label, rue Abel, Paris 12ème.

Sorti le 25 février sur (C’est la Vie Films / The Orchard)