Muddy Monk : La Nostalgie poétique d’un plaisir à la fois triste et sensuel

Muddy Monk présente TR, premier extrait de son album Ultra Dramatic Kid qui sortira en 2022. L’artiste réussi une nouvelle fois à nous surprendre et à nous toucher en plein coeur. 1minute46 intense mis en image par le réalisateur Félix de Givry. Il sera présent dimanche 21 novembre à la salle Pleyel à l’occasion du Pitchfork Festival pour présenter ce nouveau projet qui sans nul doute s’annonce magistral et poétique.

Tes productions sont orchestrales et grandiloquentes, quel est ton processus de création ?

Je commence toujours par l’instrumental en principe et après la musicalité de la voix que je pose dessus va m’inspirer. Je vais vraiment de la musique vers un texte, le texte est la touche finale.

Quand on écoute ta musique, on est confronté à une nostalgie poétique, un plaisir qui à la fois triste et sensuelle, quelles émotions tu as envie de transmettre aux gens qui écoutent ta musique ?

Dans les émotions ce que j’aime le plus transmettre, c’est une vision d’un monde un peu désespéré où il y a quand même des jolis passages, un contraste avec des moments magiques et des moments d’amour, c’est ce que je préfère.

En juin, tu as sorti 2 titres Athènes et Petit soldat qui sont un peu à contre-courant de tes deux premiers projets, qu’est-ce qui t’a donné envie de faire quelque chose de nouveau, de moins brut et radicale et qui sonne un peu plus comme une balade authentique ?

J’ai toujours envie de faire des styles très différents, de façon générale. J’ai même de la peine à me décider pour une direction. J’avais travaillé quelques balades dont ces 2 titres et en fait elles n’entraient pas sur la direction du prochain album donc je les ai sorties comme ça.

Dans le rythme des morceaux de Longue Ride et Ultra tape il y a une certaine urgence froide et saisissante, un désespoir à quoi doit-on s’attendre pour ton prochain album ?

Encore plus de désespoir !

Tu parles beaucoup d’amour et de nostalgie, ce sont des sujets qui sont importants pour toi?

Oui très important dans ma vie de toute façon, et en plus en musique je trouve que c’est une des thématiques les plus belles.

Tu bosses beaucoup seul,mais tu as aussi collaboré avec la team Bon Gamin, est ce que tu préfères vraiment faire tes projets en solo ou est-ce qu’il y a des artistes avec qui tu aimerais collaborer ?

 De base je n’aime pas trop la collaboration enfin, j’ai de la peine à sortir de ma bulle et à faire des compromis. Avec Bon Gamin, on a fait des choses, mais c’était à distance. Chacun bossait sa partie dans sa bulle, donc ça c’est quelque chose qui est confortable pour moi. Après il y a des collaborations qui pourrait m’intéresser, mais j’aime beaucoup cultiver mon truc tout seul. Pourquoi pas collaborer avec des producteurs de rap pour pouvoir m’impliquer sur des projets de production pour d’autres personnes, pareil pour l’écriture, c’est quelque chose qui m’intéresserait. Après la collaboration où on fait un projet à 2, on verra il y a quelques artistes que j’aimerais bien.

Dans Ultra Tape, le morceau Milenyum est le croisement des Daft Punk et de Christophe, qui rencontrent Sébastien Tellier, quelles sont tes influences ?

Il y a de tout ça clairement. Christophe, j’ai écouté pas mal certains morceaux dont Parle lui de moi  qui est assez intense. Daft Punk aussi, après il y’a Tame Impala, Kanye West, parce qu’il a une radicalité des concepts assez simple et clair que je trouve très fort.  

À côté de de ton succès, tu bosses dans la boulangerie de tes potes à Fribourg, en Suisse, comment tu arrives à allier les 2 ?

Au niveau de la production en studio ce n’est pas un problème. Après, quand je commence à devoir bouger pour la promo ou des dates, c’est plus complexe. Mais sinon je bosse 3 jours dans la boulangerie et ça me laisse bien du temps pour créer. J’ai fini mon album du coup je vais même plus en studio. Mais ça s’allie bien, la partie créative c’est facile mais la partie live forcément c’est plus problématique.

Dans Magnolia, tu te demandes si on quitte ses rêves, comment c’est la vie. Alors ?

On n’y est pas encore, on y travaille encore. Je pense que ça peut être bien. Je ne pense pas que j’ai accompli tout à fait cette quête mais je pense que c’est en route, c’est des allers-retours.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

De croire en mon projet et de continuer ce que je fais.

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