Ali Latif sort Mauvaise Réputation, un premier son solaire et prometteur

            Mis en avant par le mannequinat, Ali Latif revient à sa passion d’origine : le rap et annonce son EP 520  qui sortira fin 2021 avec un premier son clippé : Mauvaise réputation évoquant sa jeunesse, son quotidien d’adolescent mais surtout le regard de la société qui souvent juge ou stigmatise les personnes évoluant à la marge. 

« Au village sans prétention, j’ai mauvaise réputation. » 

            En 1952, un certain Georges Brassens chantait La mauvaise réputation, mettant en avant le fait que les gens « normaux » rejetaient son mode de vie anticonformiste. Soixante-dix plus tard, le jeune rappeur franco-tunisien, Ali Latif, vient rendre hommage à ce texte. « Brassens, comme moi, a grandi dans un village, son père était maçon, sa mère était femme de ménage, il a commis des larcins pour s’en sortir, il a été arrêté plusieurs fois, ça me parlait, et j’ai grandi avec Georges Brassens, mon père l’écoutait beaucoup. »

« J’ai passé l’été au chantier,

J’espère revoir le printemps en entier,

Papa n’est toujours pas rentier,

C’est avec lui qu’je suis au chantier.»

            Tout le son évoque ainsi son passé, ses expériences de jeunesse et son insertion complexe dans la vie active : « C’est simple, je suis conscient de la vision extérieure qu’ont les gens de moi par rapport au mannequinat, vu que c’est ce qui m’a mis en avant, mais le Ali qui s’exprime dans mes sons, il est là depuis bien plus longtemps, là je parle de ce que j’ai vécu avant, en tant que jeune ayant grandi dans un village Roquebrune-sur-Argens dans le Var. C’est un texte où je dis qu’il ne faut pas désespérer malgré le regard des gens, j’évoque toute cette période où je galérais, j’étais au chômage, mon quotidien de zonard et de vagabond. » 

            Ali Latif a donc abandonné sa cape Bottega Venetta et ses Air Jordan Dior présentes dans son précédent clip Roko c’est le texas, pour arborer ici l’authentique marcel blanc dans Mauvaise réputation. Autour d’une maison abandonnée, le soleil tape fort et une bande de jeunes, tous habillés en noir, regarde passer le temps ; lui seul se démarque du groupe et s’isole : « j’ai voulu être authentique dans ce clip, je voulais que l’esthétique soit naturelle ici. J’évoque le complexe du pauvre qui veut devenir riche, moi et mes potes on a passé notre enfance à se comparer aux autres, à regarder ce qu’ils avaient en plus et nous en moins. »

« J’cherche guidon pour m’guider

Un briquet pour bidon à brûler

Si j’traîne en bas d’chez toi

J’fais baisser le prix d’l’immobilier. »

            Autre particularité remarquable dès ce premier son, l’importance donnée au texte tant au travers du message véhiculé qu’au travers du travail rythmique et lyrical. Ali Latif a été bien formé, et pour  être un bon rappeur, il faut avoir écouté beaucoup de bons rappeurs, comme il le dit : «  Je suis un bousillé de rap, on peut partir d’IAM en passant par Lunatic, la Scred Connexion, la Cliqua ou la Fonky Family ou même Casey

            Fort de sa notoriété en tant que mannequin tant en France qu’en Tunisie, Ali Latif compte bien s’insérer dans la scène rap franco-tunisienne et aucun doute qu’il y arrivera au vu de ses premières propositions musicales et visuelles. L’EP du rappeur, fier et amoureux de la Tunisie, aura une coloration musicale méditerranéenne et célébrera ses proches, son passé et son pays natal : « Je veux évidemment que l’EP ait une sonorité méditerranéenne, grecque, turque ou arabe, je suis attaché à cette couleur musicale. »  On attend donc avec impatience la sortie de cet EP solaire et prometteur. 

Marie-Gaëtane Anton

en remerciant Ali Latif pour sa précieuse collaboration

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