La sélection animée des clips de la semaine

Crédits : José – “Paraíso”

Cette semaine, les clips de la semaine, de  The Limiñanas et Laurent Garnier en passant par KCIDY, Charles Dollé ou José, font la part belle aux images animées par des mains expertes.

Lujipeka – Eclipse

Se mouvant seul, simplement éclairé par la lumière changeante d’une éclipse solaire, décor aussi onirique que minimaliste capté par les caméras de Manu Obadia-Wills, le Rennais Lujipeka – membre fondateur du duo Columbine – fait ce qu’il sait peut-être faire de mieux : un track plus qu’introspectif qui rappelle Château de Sable dans son format d’un long couplet sans refrain. Dans Eclipse, qui annonce un premier album en solitaire pour la fin de cette année 2021, Luji se confie sans fard sur un parcours commencé au fond de la classe – comme son acolyte Foda C – du lycée Bréquigny et qui l’a amené jusqu’à la scène du Zénith de La Villette

José – Paraíso

Le coup de foudre n’est pas seulement réservé à l’espèce humaine. Une larme qui tombe dans l’océan suite à une énième déception sentimentale peut elle aussi trouver son âme soeur et vivre toutes les étapes d’une relation amoureuse, entre félicité, candeur et turbulences. C’est ce que compte Paraíso, nouvelle mise en image animée de José – échappé de Stuck In The Sound – confectionnée par les mains expertes du duo Biscuit Studio. Dans une esthétique qui déborde d’onirisme, on suit la quête de deux petits globules vers le Paraíso, paradis des gens qui s’aiment. Une quête rythmée par une pop électronique nostalgiquement délicieuse.

Romane – Talking To A Wall

Trois mois après son premier single Fantasy, Romane revient avec Talking To A Wall. Mais sa musique, basée autour de sa voix magnétique, fantastique véhiculeuse d’émotions, se fait bien plus sombre. Avoir le sentiment de parler à un mur, c’est ce qui arrive souvent lorsqu’on est englouti dans la toxicité de certaines relations, et c’est ce que conte la jeune néo-soul woman dans ce clip réalisé à nouveau par Tamina Manganas. Un visuel raffiné et épuré, tout comme l’instrumentation du morceau, dans lequel elle baigne seule dans une obscurité seulement zébrée de quelques lumières de stroboscopes. 

Don Nino – A Beautiful Cloud

Guitares dronesques, percussions tribales, tempo lancinant… Il y a un je ne sais quoi d’hypnotique, ayahuasca musicale, dans A Beautiful Cloud, dernier single de Don Nino, projet solo de Nicolas Laureau, qui nous abreuve de sa pop lo-fi depuis déjà deux décennies et annonce son septième album pour la rentrée prochaine. Avec cette succession de collages surréalistes au milieu desquels se balade l’homme-orchestre, le clip d’A Beautiful Cloud accompagne d’une belle manière totalement do it yourself ce morceau qu’il faut voir comme une ode au ralentissement. 

The Limiñanas & Laurent Garnier – QUECALOR

The Limiñanas et Laurent Garnier. Ensemble. Sur un album. Qui sortira en septembre. Une excellente nouvelle qui s’accompagne d’un excellent clip pour le morceau QUECALORTrip en images animées conjuguant Gaspar Noé et Las Vegas Parano en un peu plus de quatre minutes, voyage initiatique à la recherche de soi et d’un amour perdu, le visuel façonné par Sylvain Rusques illustre formidablement bien cette piste électro-garage-psyché qui réunit le meilleur des deux protagonistes du long-format De Pelicula. Que Calor dans vos appartement quand vous allez la faire cracher par vos enceintes. 

KCIDY – Avec le vent

Les Gens Heureux de KCIDY, nom de scène et de plume de la Lyonnaise Pauline Le Claignec, est une douceur absolue dont on ne vous a, à mon goût, pas assez parlé ici. On rattrape un peu cet affront par l’intermédiaire du clip soyeux – et encore en images animées, décidément on ne s’en lasse pas – d’Avec Le Vent, morceau d’ouverture de ce disque, pépite entre Vladimir Cosma et Connan Mockasin. L’onirisme qui se dégage des dessins de Géraldine Charpentier nous conte une fable où l’on voyage à dos d’avion en papier, au milieu d’un univers peuplé de constellations humanoïdes. Sa morale ? Écouter Les Gens Heureux est très bon pour votre santé. 

Dani Terreur – Mec Cool Triste

Un mec cool triste” est un qualificatif qui peut s’appliquer à beaucoup de gens de notre entourage. Mec Cool Triste, c’est aussi le titre du dernier single plein d’autodérision de Dani Terreur. Avec sa rythmique quelque peu désabusée, son léger chorus et son chant étouffé, le guitariste nous conte l’envers du décor des gens solitaires, plongé dans le noir avec juste sa guitare et son ampli de poche. Être un mec cool triste est un art de vie qui n’est pas donné à tout le monde – c’est même réservé aux meilleurs d’entre nous. 

Klon – Nouveau Genre

Originaires d’une planète qui n’est pas encore répertoriée par la NASA, les sept extra-terrestres qui composent Klon sont invités à participer à leur premier télé-crochet terrien dans le clip de Nouveau Genre, réalisé par Valentin Pitarch. Ils ont beau répéter au cours du morceau qu’ils ne sont “pas fait pour plaire, leur électro-pop sans complexe, prônant une totale liberté, et l’étonnante forme du groupe aux allures de famille sectaire fait d’eux une des formations les plus attachantes à suivre dans le paysage francophone. Qu’ils viennent de Neptune ou d’ailleurs. 

The Goon Sax – Psychic

Moins d’un mois avant la sortie de Mirror II, troisième album des prodiges australiens The Goon Sax. Ce qui me met fortement en joie. Après avoir dévoilé In The Stone, le trio entrecroise fiction, fantasmes et réalité dans le clip psyché-DIY de Psychic, réalisé par Christine Marie Jones. Emmené par la voix débraillée de Louis Forster, une boîte à rythme d’un autre temps et un chorus opaque, Psychic tranche par rapport aux précédents indie-folk-pop de la bande, lorgnant presque du côté de la cold wave. La connexion Brisbane-Berlin a encore fait des merveilles. 

Charles Dollé – You Never Really

Avec ce tempo aussi hypnotisant que le pendule qui est agité devant ses yeux et ces sonorités rétro et vaporeuses, Charles Dollé fait de son dernier single You Never Really, avec cette ritournelle “you never really know yourself” en guise de refrain, un savoureux morceau tout à fait recommandé pour nos siestes estivales emplies de questions existentielles. Tout aussi savoureux est ce clip dessiné par Nevil Bernard, qui nous plonge dans une routine lancinante dont le seul échappatoire est une folle course à travers des paysages psychédéliques. Ou psyché-délices. 

Baptiste W. Hamon & Barbagallo – J’écoute l’eau

Voilà une nouvelle qui devrait réjouir les amateurs d’indie folk à la française. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo viennent d’annoncer, par l’intermédiaire de J’écoute l’eau, et ses sonorités aussi apaisantes que le bruit d’un ruisseau, un album façonné par leurs quatres mains expertes, entre la France et l’Australie, intitulé Barbaghamon. Des mains toutes aussi expertes que celles de Nevil Bernard – encore lui –, et ce clip poétique où, entre les libellules et les grenouilles, le cours de l’eau se mêle au cours de nos existences. Une façon de conclure en beauté cette sélection des clips d’une semaine très animée. 

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