Laissez-vous envoûter par le dernier voyage sonore du groupe brésilien Irmão Victor

Irmao Victor en concert (ça arrive) en mars dernier au festival brésilien Bradamundo-Carnaval 2020

Cette semaine sortait Mariposário d’Irmão Victor, troisième et dernière galette en date du groupe de Marco A. Benvegnu. Focus sur ce prodige brésilien, sa musique et son parcours.

Classer la musique d’Irmão Victor dans une catégorie est au moins aussi dur que d’assigner à résidence un globetrotter ! Une chose est sûre, c’est à Porte Alegre (au Sud du continent américain) que le prodige brésilien a révisé ses gammes. Deux ans et quelques morceaux enregistrés dans sa chambre plus tard, c’est la naissance d’Irmao Victor. Accompagné de deux amis musiciens, il font vibrer en trio Passo Fundo, leur ville d’origine, à quelques encablures de la frontière uruguayenne et argentine.

Quatre années sont passées, et le groupe bilingue se conjugue toujours au pluriel ! Véritable étendard sous lequel les membres changent mais non son leader (à l’image d’un Damon Albarn avec Gorillaz), Irmão Victor est aujourd’hui un groupe cosmopolite de São Paulo, Rio de Janeiro et aussi de… Toulouse !

Mariposário sendo lançado em Cd na França.
Início do ano que vem tem o vinil ein.
O logo menos o álbum volta pro Spotify.
Tá no YouTube já.

Beijo se cuidem

Publiée par Irmão Victor sur Mardi 1 décembre 2020

Mariposário à cœur ouvert

Cap un poil plus au Nord pour ce troisième album ! L’histoire de l’oeuvre Mariposário débute sur à Florianópolis (l’île de Santa Catarina, au sud du Brésil). Cité curieuse dans laquelle chaque quartier semble être une ville à part entière, Marco y joue alors du saxophone en centre-ville pour gagner un peu d’argent.

« Dans le futur Florianópolis sera plus connue à l’étranger. Le tourisme a beaucoup grandi ces dernières années et il y a des bons groupes comme Exclusive os Cabides et La Leuca. »

Alors qu’il avoue avoir été clairement affecté par la situation socio-politique brésilienne (depuis début 2019), le jeune homme de 26 ans n’a pourtant eu aucune intention de produire un album politique, privilégiant toujours l’évasion.

« L’élection de Bolsonaro m’a sans doute inspiré. Les mois qui ont suivi son arrivée au pouvoir ont été bien tristes pour les artistes et les gens qui travaillent dans la culture, ça c’est sur (…) Je ne suis pas fan des chansons frontalement politiques. Je crois qu’il faut beaucoup d’habilité́ pour qu’elles ne deviennent pas lourdes et prétentieuses. Et ça, c’est quand même rare. »

A l’image d’une ligne directive au projet, il nous confie que le titre Qual é a opinião dos especialistas sobre o assunto ? fut le premier à voir le jour : une ballade pincée à la guitare, désorganisée, mystérieuse, romantique et débordante de spleen !

Lorsqu’on lui demande le message qu’il a voulu véhiculer avec ce troisième album, Marco nous répond avec sincérité : « aucun«  avant de préciser, touchant :

« J’ai l’impression que je compose des petits souvenirs en forme de chansons destinées à moi-même. Dans quelques années, je découvrirai peut-être un message caché dans mes paroles.« 

Du pays jaune et vert à la ville rose

7ème titre du projet, le morceau Femme plastique est chanté dans un français maladroit et bouleversant de sincérité et surtout. Le principal intéressé en parle comme d’un « document émotionnel de son (mon) passage par la France« .

« L’album a été composé en voyageant, avec l’aide de beaucoup de gens qui m’ont prêté des instruments et des appartements. »

C’est en 2018 que Pierre Sojdrug contacte Victor sur Bandcamp. Après avoir acheté les albums précédents du groupe, le Toulousain et membre du label Pop Supérette lui propose de presser en vinyle l’album Cronopio? !

« C’est la musique qui nous a rapproché. Quand je suis allé en France, j’ai été logé chez Pierre jusqu’à ce que je trouve un logement. Le disque Mariposário n’existerait pas sans cette connexion, ou il serait toute une autre chose.« 

Entamé sur les terres de Gilberto Gil et bouclé dans la ville rose, Mariposário est une prouesse déviante. Dans un mélange de free jazz, de bossa nova et de symphonies psychédéliques, le troisième album d’Irmão Victor régale autant qu’il impressionne. Trentre-quatre minutes qui réchaufferont à coup sûr vos petits cœurs hivernaux (et confinés) !

L’album Mariposário est disponible sur Bandcamp et ci-dessous :

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Maxime Verdeille

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