L’INSAART sonne la sonnette d’alarme sur la santé mentale dans le milieu de la culture !

Autoportrait d’Albin de la Simone

Nouvel institut de soin et d’accompagnement des professionnels de la culture et des métiers artistiques, l’INSAART vient de lancer une étude sur la souffrance psychique et ses conséquences dans les métiers du spectacle. C’est le moment de participer !

Si l’association INSAART n’existe que depuis quelques mois, l’urgence de la crise sanitaire a renforcé toute sa légitimité… Sur l’initiative de Marie Nowak (anciennement éditrice chez BMG Publishing), l’association a été fondée par une équipe « issue plutôt du secteur musical » (manager, formateur, directeurs d’établissements culturels, coach scénique), rejoint rapidement par des professionnels d’autres secteurs (médecins, psychologues, orthophoniste) qui se mobilisent à leurs côtés.

L’initiative privée de l’INSAART est ainsi née de plusieurs années « de conversations croisées entre différents professionnels de la culture et du soin conscients des difficultés rencontrées par les artistes, mais aussi par leur entourage professionnel » comme nous le racontent deux de ses fondatrices : Sophie Bellet (psychologue clinicienne, formatrice certifiée en bilan de compétences) et Emma Barron (médeçin psychiatre) :

« Nous avons tous rencontré, dans nos parcours respectifs, des professionnels en souffrance et constaté la difficulté d’accès à des solutions préventives ou thérapeutiques, à la fois par manque d’information mais aussi par manque de moyens. Le contexte anxiogène lié au Covid a encore accentué les difficultés de ces travailleurs précaires.« 

Une étude indispensable sur la souffrance psychique

Conforté par différentes recherches menées récemment aux États-Unis, en Angleterre, en Suède et plus récemment en France (enquête CURA) dans le secteur des musiques actuelles, l’INSAART souhaite alerter les pouvoirs publics sur la situation préoccupante de la santé mentale dans le domaine de la culture. Une étude est en cours de réalisation et paraîtra d’ici mars 2021.

Si cette enquête a été planifiée bien avant la crise du Covid, l’impact de ce dernier n’a fait « qu’aggraver les difficultés déjà existantes » et l’équipe de l’INSAART a donc choisi de refondre son enquête pour obtenir « une photographie de la situation actuelle. »

 

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Première action de l’INSAART, cette étude nationale sur la souffrance psychique et ses conséquences dans les métiers du spectacle est actuellement relayée sur les réseaux sociaux, mais aussi par des organismes de formation ou des acteurs de la filière (Adami, Sacem…). Nous vous invitons à y participer (ça vous prendra seulement une quinzaine de minutes). Comme nous le précise ses fondatrices, plus il y aura de réponses, et puis la pertinence de cette étude pourra être grande.

Dans le viseur : tous les professionnels du spectacle

Précédemment, une enquête baptisée CURA a déjà été menée en France mais seulement auprès de professionnels des musiques actuelles, celle de l’INSAART compte bien elle s’adresser à l’ensemble des professionnels du spectacle « tous métiers et toutes disciplines confondus. »

 

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Actuellement menée par un médecin psychiatre, le Docteur Emma Barron, et par une consultante en psychologie du travail spécialisée dans ces métiers, Nadia Ahéhéhinnou, cette étude se concentre sur une question qui loin d’être nouvelle, se révèle « juste moins taboue. De nombreux artistes osent enfin parler de leur souffrance psychologique. » Et on peut dire que la récente crise de l’industrie du disque, la dégradation des conditions d’exercices de ces métiers (faute de moyens souvent)… et le COVID n’ont franchement pas aidé la santé au travail dans les métiers du spectacle !

« Une étude de l’Université de Westminster (Can Music Make You Sick ?) montre que 70% des musiciens sont en souffrance psychique (3 fois plus que la population générale), et une étude australienne souligne elle que l’espérance de vie d’un musicien est de 20 ans inférieure à la moyenne de la population.« 

Aller plus loin

Faisant face à l’urgence de la situation en 2020, l’INSAART tente de se mobiliser pour pouvoir proposer dès le premier trimestre 2021 un soutien psychologique mais aussi un accompagnement professionnel aux personnes en souffrance :

« Nous sommes actuellement à la recherche d’un premier lieu et de financements qui nous permettent de proposer un accueil dans de bonnes conditions. Nous interviendrons également à distance en visio et hors les murs. »

Ainsi, l’association souhaite devenir « un lieu ressource où les professionnels des métiers de, et en lien avec, la création trouveront les moyens de faire face à une situation difficile inhérente aux conditions particulières d’exercice de leur profession. » En clair, un accompagnement pluridisciplinaire et individualisé y sera proposé. Et tout cela débutera par « l’écoute du sujet dans sa singularité, dans un cadre neutre, bienveillant et confidentiel. »

 

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D’autres axes de travail sont également mis en branle comme « la prévention des risques psychosociaux, le soin, la recherche et l’expertise, la créativité, la ressource, l’accompagnement en structuration et en évolution professionnelles. »

Enfin, ce soutien répond bien évidemment à un intérêt certain de la part des professionnels déjà rencontrés par l’équipe fondatrice de l’INSAART, comme le concluent Emma Barron et Sophie Bellet :

« Il y a un réel besoin de soutien auquel nous souhaitons répondre au plus vite. Nous sommes effectivement alertés et sollicités, notamment depuis que nous avons commencé à communiquer sur l’association. Nous travaillons à pouvoir apporter une réponse au plus vite, la situation s’étant considérablement dégradée avec la pandémie. »

Vous pouvez répondre en ligne à l’enquête de l’INSAART .

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Abigaïl Ainouz

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