Le Voyage à Nantes : la Loire sur le devant de la Seine

Lit à baldaquin de l’artiste Vincent Olinet © Remy Chanteloup, Ouest-France

Du 8 août au 27 septembre, Nantes offre un voyage inédit : un parcours urbain (mais pas que) qui met les artistes à l’honneur. Art contemporain, réinvention du patrimoine et espaces conviviaux se partagent une ville constamment réinventée.

La belle endormie s’est réveillée. Nantes a été largement malmenée par l’histoire. Marquée par la traite négrière, la Seconde Guerre Mondiale et la désindustrialisation, la cité a dû être repensée pour rester attractive. En bref, il a fallu mettre en avant la créativité de ses habitants. On vous parlait de ses friperies cet été, découvrez la vie culturelle nantaise avec un festival singulier : le Voyage à Nantes.

Parcours mouvementé

S’il arrive que le temporaire se heurte au temps pourri (à l’image de ce lit à baldaquin sur le canal Saint-Félix qui a dû être restauré à cause des conditions météorologiques), c’est là que réside tout le charme du Voyage à Nantes. L’éphémère est mis à l’honneur avec des expositions Le temps du festival, le théâtre Graslin accueille par exemple une chute d’eau. Une installation de Stéphane Guidet qui rafraîchit la façade de l’Opéra de Nantes.

View this post on Instagram

A post shared by Jean Teulmane (@jean_teulmann) on

Le festival n’est pas seulement hors les murs, il est aussi hors des remparts. L’art déborde en banlieue nantaise avec la Maison radieuse de Le Corbusier à Rezé mais le projet va plus loin. Avec le parcours Estuaire, le voyage s’étend jusqu’à Saint-Nazaire avec 120 km de croisière commentée sur la Loire avec 23 sites permanents ! Voilà une belle façon de découvrir la région, son histoire, ses enjeux.

Le programme s’annonce donc alléchant. Et le voyage fait partie intégrante de l’expérience ! Les artistes se sont emparés des tramways et des bus. Chourouk Hriech redessine les lignes 1 et 3 du tram nantais. Avec son projet Voci della Strada (Rumeurs de la route), la dessinatrice entremêle souvenirs, références à l’architecture locale et fantasmes. Sur les bus nantais, 22 artistes (Karina Bisch, Frédéric Bouffandeau, Claire Chesnier…) se sont chargés d’illustrer le mouvement. A Nantes, l’art ne fait pas de pause et c’est pour cette raison qu’on vous conseille le détour.

La Maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult © Bernard Renoux/LVAN

Réinventer le patrimoine

Derrière le Voyage à Nantes, il y a Jean Blaise. Un nom désormais bien connu des acteurs français de la culture. Il faut dire que le directeur artistique a de beaux projets à son actif. On lui doit le festival d’art contemporain Nuit Blanche à Paris, la création de la scène nationale Le Lieu Unique à Nantes ou encore l’organisation des 500 ans de la ville du Havre célébrés en 2017. Avec le Voyage à Nantes, Jean Blaise repousse les murs de la ville. La Société Publique Locale décline le projet sur plusieurs échelles spatio-temporelles. Le festival concilie constructions temporaires et pérennes, patrimoine urbain et rural avec des parcours uniques en leur genre. Avec une fréquentation constamment à la hausse, tout porte à croire que Jean Blaise a encore visé juste.

Il y a longtemps que la cité aux portes de la Bretagne a su se (re)faire un nom. Pour cela, les artistes nantais puisent dans l’histoire, le patrimoine et le savoir-faire local. En 2003, Nantes réinvestit son histoire industrielle avec les Machines de l’île qui croisent les univers de Jules Verne et Léonard de Vinci. Un pari gagnant de François Delaroziere, scénographe marseillais et Pierre Orefice, un homme à tout faire, familier des projets insolites, qui accompagne le renouvellement urbain de la pointe ouest de l’île de Nantes au début des années 2000. Figure de proue de ce projet fou : le Grand Éléphant, une créature mécanique de douze mètres de haut qui fonctionne avec un moteur hybride.

Mais là n’est pas le seul projet géré par le Voyage à Nantes. Le festival inclue aussi le Château des ducs de Bretagne, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, la hab galerie (ou hangar à bananes), le parc des Chantiers et la collection permanente d’œuvres d’art Estuaire entre Nantes et Saint-Nazaire. La ville a su capitaliser sur ses lieux permanents mais aussi sur les artisanats historiques comme l’entreprise de biscuits Lu. A Nantes, le patrimoine est aussi culinaire !

View this post on Instagram

Aujourd'hui débute l’expo “LU: un siècle d’innovation (1846-1957)” au Château des ducs de Bretagne, un retour sur l’histoire de la marque avec de nombreux objets inédits. @chateaunantes #LVAN #Nantes #LigneVerte #art #artcontemporain #culture #voyage #sortie #igersnantes #NantesGrandAngle

A post shared by le Voyage à Nantes (@levoyageanantes) on

Abonnez-vous à notre POP NEWS hebdomadaire ici.

Mathis Grosos

En poursuivant votre navigation, vous autorisez l'utilisation de cookies pour vous permettre une meilleure expérience et réaliser des statistiques de visite. En savoir plus