Music Too France, la fin de l’omerta dans l’industrie musicale

Racisme, sexisme et LGBTIphobies n’épargnent pas le secteur de la musique. Face à l’impunité des agresseurs, le collectif anonyme Music Too France recueille les témoignages de victimes qui travaillent dans l’industrie musicale.

Et si un simple formulaire pouvait faire changer les choses ? C’est le pari du collectif derrière les comptes Twitter et Instagram @MusicTooFrance. Face au constat de l’impunité (juridique et professionnelle) des agresseurs dans l’industrie musicale, des acteurs se sont regroupés pour nommer les accusés, accompagner les victimes et porter ces délits (crime dans le cas d’un viol) en justice.

Après les successifs #MeToo, #BalanceTonPorc, #Iwas, nombre d’associations sont montées au créneau pour dénoncer les agressions dans leur propre secteur. Dans le secteur de la publicité par exemple, Les Lionnes a été créé pour pointé du doigt le sexisme omniprésent dans la profession. Pour l’industrie musicale, le compte Diva s’était chargé de la misogynie « ordinaire ».

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“Nous reprenons aujourd’hui le hashtag #MusicToo pour donner un nouveau souffle à la libération de la parole dans l’industrie musicale.“  Nous (anonymes, comme vous) collectif à l’initiative de ce questionnaire, sommes issu.e.s du secteur musical. Certain.e.s d’entre-nous ont quitté la filière il y a plusieurs mois ou années, certain.e.s y évoluent encore aujourd’hui. Une filière professionnelle parfois dangereuse, souvent toxique pour les femmes, pour la communauté LGBTQIA+ et les personnes racisées sous représentées.   Depuis plus d’un an, nous repensons aux témoignages de nos ami.e.s, aux histoires d'agressions sexuelles que tout le monde connaît dans le milieu mais dont personne ne parle. Et nous constatons l’impunité des agresseurs (professionnels à des postes clés, artistes omniprésents dans les médias) qui n’ont aucune raison d’arrêter leurs agissements si personne ne parle.  Il est temps que la peur change de camp.  Sur notre google form (lien dans la bio), jusqu’au 30 septembre, nous recueillons vos témoignages de violences sexistes – propos sexistes, dégradants, ambiances sexistes – et sexuelles. Vous pouvez rester anonymes si vous le souhaitez, mais il est temps de nommer votre ou vos agresseur.euse.s.  A partir de ces informations, nous pourrons associer des agressions et violences entre elles, commencer à dessiner des profils et rassembler des plaintes. Nous travaillons avec des avocates et deux associations pour vous accompagner vers un suivi juridique ou psychologique si nécessaire. Dans certains cas, nous transmettons des informations aux médias qui voudraient mener une enquête.

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Music Too France entend recenser les témoignages, qu’ils soient nominatifs ou anonymes. Jusqu’au 30 septembre, un formulaire propose de témoigner des violences sexuelles et sexistes subies dans le monde de la musique. L’opportunité de libérer la parole et faire bouger les lignes d’une industrie dont Music Too France dénonce la dangerosité. La filière évolue heureusement mais l’impunité des agresseurs reste la norme qu’ils soient à des postes clés ou des artistes de renom.

A partir de ces témoignages, le collectif pourra recouper les informations. A l’aide d’une étroite collaboration avec des associations et des avocates, Music Too France pourra accompagner les victimes dans leurs démarches juridiques ou dans un éventuel suivi psychologique. Le compte propose aussi de mettre en relation les victimes qui dénoncent un même agresseur. Enfin, il s’agit de médiatiser la situation.

Il est grand temps que le monde de la musique change de disque pour laisser entendre d’autres voix.

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Mathis Grosos

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