Figures bibliques, Crazy Horse et hommage à Bashung : l’étonnant voyage de Thousand au Paradis 

Crédits Romy Alizée

Juste avant que le confinement nous pousse au repli, Thousand a fait le pari de l’évasion. Après un premier album éponyme et Le Tunnel Végétal, l’artiste revient pour un disque sincère et non sans ironie : Au Paradis.

Au Paradis, troisième album de Thousand, nous transporte loin des sentiers battus. Le jeune artiste interprète des textes poétiques tout en parsemant de touches électroniques la patte folk de ses débuts. L’Ulysse du pauvre” était attendu au tournant après le succès de son premier album en français. Thousand fait un retour fracassant avec des images puissantes.

Retour en force

Depuis sa signature avec le label bordelais Talitres, Thousand a imposé sa poésie dans le paysage folk français. Après un premier album éponyme dont les paroles en anglais portent la trace d’une adolescence au Texas, il a rejoint les rangs de la chanson française avec des titres efficaces comme La vie de mes sœurs. Son dernier disque est l’aboutissement de cette nouvelle ligne. La voix suave de l’artiste confère aux morceaux une force instantanée. Mais les textes énigmatiques de Thousand se digèrent doucement.

“J’aime des choses de beaucoup de genres musicaux très différents, pop folk rock afrobeat expérimental etc… mais je crois que de mes influences, ce que j’essaie de restituer c’est l’image mentale que j’en conserve. De toute façon entre l’intention et le résultat, il y a toujours un écart qui fait finalement la personnalité d’un disque.”

Il y a déjà longtemps que l’on croyait au potentiel du chanteur à texte. Souvenez-vous, Mon dernier voyage figurait dans notre playlist du mois de février ! Batteur de formation, Thousand a su insuffler du rythme sur des mélodies aériennes. Dans Merle hagard et Au paradis, chanson titre de l’album, les guitares et les voix résonnent mais la précision des images est intacte.

Dessine-moi une chanson

Ces belles lettres, Thousand les partage façon Alain Bashung. Une comparaison récurrente que le chanteur apprécie, lui qui aime ses collaborations avec Boris Bergman et Gérard Manset. Il faut dire que Stéphane Milochevitch (aka Thousand) a l’art de la référence. C’est tout un imaginaire qui se déroule dans ses textes. Les chansons font écho les unes aux autres pour former un ensemble cohérent, un long voyage dont on s’imprègne. Ainsi, le rêve du cheval revient dans Merle hagard comme si les pièces de ce palais mental étaient voisines.

“J’ai écrit l’album sous la même impulsion, dans une période assez courte, autour d’une thématique bien précise. Il y a des jeux de correspondances entre les morceaux, et aussi avec l’album précédent.”

Mais l’univers du jeune artiste se nourrit aussi d’un imaginaire collectif qui devient la porte d’entrée du « paradis » de Thousand. Références historiques (Brutus, Sing Sing Prison, incendie de Notre-Dame…), artistiques (Delacroix, Degas et sa Jeune femme à l’Ibis…), populaires (Crazy Horse, Hotel Ibis…), religieuses (Judas, Caïn…) : le fourre-tout culturel forge une identité forte, unique.

Les confessions à la première personne de l’artiste prennent une dimension universelle. Les images sont frappantes et le quotidien a des faux airs d’aventure. Il semble qu’au bout de son “Tunnel végétal”, Thousand ait réussi à trouver le paradis.

Au Paradis de Thousand est sorti le 27 mars chez Talitres. Et c’est à (ré)écouter ici.

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Mathis Grosos

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