La photographe Dina Alfasi sublime le quotidien des transports en commun avec son iPhone


© Dina Alfasi

La jeune israélienne Dina Alfasi prend à la dérobée des portraits de personnes qui croisent sa route dans les transports en commun et dépeint une société israélienne multiculturelle. Une oeuvre salutaire dans un pays rongé par les tensions communautaires.

Ingénieure architecte de formation, Dina Alfasi est une photographe israélienne résidant à Hadera dans le nord du pays. Son travail a été exposé dans différentes galeries à travers le monde et notamment lors du Cheerz Festival à Paris en novembre dernier.

La spontanéité du Smartphone

Elle a reçu pour ses photographies plusieurs prix lors de compétitions internationales et notamment le prix « Shot on Iphone », compétition organisée par Apple, qui sélectionne les plus beaux clichés pris avec leurs appareils.

« L’appareil photo de l’iPhone est parfait pour le style de ma photographie : c’est petit, de haute qualité et ça me suit partout. (…) Je ne pourrais pas prendre la plupart des photos que je prends dans les transports publics avec un appareil classique. L’iPhone me permet de prendre des photos rapidement et sans attirer l’attention ». nous a-t-elle expliqué.


En Israël, le service militaire est obligatoire pour les hommes et les femmes © Dina Alfasi

Le sujet préféré de Dina : des inconnus en face desquels elle est assise dans les transports publics et dont elle tire le portrait à la dérobée : « C’est la seule façon de capturer un moment réel et authentique », confesse-t-elle. Cette idée lui est venue alors qu’elle s’ennuyait lors de ses trajets quotidiens : au départ, elle ne faisait qu’observer les gens qui l’entouraient. C’est assez naturellement qu’elle a commencé à prendre des photos et à les poster sur Instagram.


Si la société israélienne est majoritairement juive, 14% de la population est musulmane et 2% est chrétienne. © Dina Alfasi

Capter des « moments magiques »

Bien souvent, les visages qu’elle capture sont pensifs et les regards perdus dans le lointain paysage. « J’ai besoin de sentir qu’il y a une histoire derrière la personne. Quelque chose d’intriguant, d’attractif et excitant » :  une manière pour elle de saisir la profondeur des personnages et de faire le portrait intérieur de ces anonymes qui croisent sa route.

Certaines scènes peuvent également interpeller ou se révéler cocasses : c’est le cas de cette photographie (à la une) dans laquelle une famille observe un bébé tout sourire, assis sur une table, tandis qu’en face de lui siège une jeune fille en uniforme et armée d’un fusil d’assaut en bandoulière (le service militaire est obligatoire en Israël et d’une durée de 2 ans pour les femmes) : « Lorsque vous voyagez en train, vous rencontrez des gens de tous les âges et de toutes les régions. En Israël, les jeunes filles et les jeunes hommes font tous leur service militaire, qui est un aspect important de nos vies ici. » détaille-t-elle.

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Girls Just Want to Have Fun #mydbusmoments #shotoniphone vsco J5 #fisheyexima

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Son inspiration, Dina Alfasi la tire « des petits moments qui ponctuent le quotidien » et la photographe voit son œuvre comme « le témoignage d’une histoire, à travers une seule photographie » mais est également convaincue que son travail est « la preuve qu’il suffit de regarder autour de soi pour trouver ces moments magiques ».

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But first, Let me take a selfie🤳🏻 #mydbusmoments #shotoniphone #vsco J5 #tsvboundaries

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« J’ai l’impression de documenter une mosaïque humaine »

On connaît le climat social et religieux compliqué d’Israël : photographier ces inconnus de confessions et de cultures diverses apparaît également comme un moyen de rassembler les multiples communautés dont Israël est constituée. « J’ai parfois l’impression que ce train est comme un microcosme de la société israélienne. Ces personnes qui sont prétendument en conflit, voyagent tous ensemble dans le même wagon, les religieux comme les laïques, les juifs comme les arabes, les jeunes comme les vieux », philosophe-t-elle.

« J’essaie de montrer qu’au-delà de tous les traumatismes, les gens ordinaires qui vont tous les jours au travail ou bien à l’école vivent tous ensemble, dans le respect mutuel, avec modestie et générosité », continue-t-elle. « Je capture des images, plutôt que des mots. Pour moi, chaque image est une histoire et j’ai l’impression de documenter une sorte de mosaïque humaine de la vie et de l’époque dans laquelle je vis. »

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Retrouvez toutes les photographies de Dina Alfasi sur son compte Instagram.

Clément Perruche

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