« The Neon Skyline » : le nouvel album-concept du songwriter canadien Andy Shauf est toujours aussi beau

photo originale : Colin Medley

Après le bijou The Party et une échappée belle en compagnie du band Foxwarren, Andy revient avec une histoire filée, un disque urbain entre rupture et nuit de biture. Et une chose est sûr, Andy n’a rien perdu de sa superbeRencontre.

En 2017, le canadien Andy Shauf défrayait la chronique avec son disque The Party, un ouvrage pop folk étincelant par sa sincérité et retraçant une soirée entre amis, chaque chanson étant la version d’un invité différent. Après une longue tournée en solo puis avec le band Foxwarren, le songwriter est de retour pour un nouvel album-concept.

Plus spontané (et composé exclusivement à la guitare et non au piano comme à son habitude), ce disque dévoile une nouvelle facette de son auteur… L’Andy des champs s’est mué en Andy des villes, déménageant de sa petite bourgade reculée du Saskatchewan à la grande métropole de Toronto.

Et si le sujet principal, la rupture sentimentale, pourrait faire tomber l’ouvrage dans la noirceur ou la fatalité, ses chansons restent lumineuses et apaisantes. On vous pitch sa nouvelle histoire filée : un rade de nuit The Neon Skyline où s’invite un narrateur en peine de coeur, rejoint rapidement par ses amis de biture. Coup de théâtre : son ex déboule au comptoir… Rassurez-vous on ne va pas vous spoiler la fin !

Rencontre avec Andy Shauf

Avant de le retrouver en concert à Paris, le 7 avril prochain au Trianon, mais aussi en tournée dans toute la France (voir à la fin de l’article), on vous invite à lire notre entretien avec ce génial songwriter nord-américain.

Dans ton album, le narrateur se rend au bar The Neon Skyline pour oublier son ex. Quel genre de rade apprécies-tu dans ce genre de situation ?

En fait, le bar où je vais tout le temps à Toronto s’appelle The Skyline donc l’album est basé là-dessus. C’est un vrai bar, assez calme et tamisé, où tu peux parler tranquillement sans crier à cause de la musique de fond.

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On a forcément envie te demander si cet album est aussi né d’une rupture personnelle…

Pour l’album précédent The Party, ma vie ressemblait vraiment à ça au moment où je l’ai écrit. Et, pour celui-là, c’est une fiction bien-sûr, mais ça ressemble aussi un peu à ce qui se passe autour de moi ces dernières années. Après je ne suis pas vraiment un solitaire comme le narrateur.

Selon toi, l’histoire se passe plus dans une grande ville comme Toronto où tu habites ou dans le bled d’où tu es originaire ?

A la fin du disque, il y a cette parole : “did you get the city blues ?” et on peut se demander si le personnage féminin revient d’une ville plus grande ? Donc je pense que c’est plutôt un petit bled, oui ça pourrait être ma ville natale Regina (province de Saskatchewan)!

Qu’est ce qui t’a poussé à quitter la quiétude de ta ville natale pour la grande ville de Toronto ?

J’ai écrit l’album à Toronto et j’ai vécu à Regina pendant 10 ans, et j’avais besoin d’un changement dans ma vie. Je faisais un peu du surplace. Je ne suis pas parti à Toronto pour écrire particulièrement mais ça a changé le rythme de ma vie. Chez moi c’est tout petit, et très à la cool et trop détendu, un peu comme un vortex (rires). Tu vois les mêmes gens tout le temps. Je crois qu’il y a moins de distraction là-bas mais aussi moins de motivation.

« Toronto est très animée et l’énergie de cette ville fait que tu as besoin toi aussi de t’agiter et de faire quelques chose. Pour moi, ça va être ce besoin d’écrire. Et j’y écris beaucoup. »

A part picoler dans les bars comme le héros du disque, tu fais quoi quand tu as le coeur brisé ?

Je crois que je regarde de très mauvais sitcoms américains dans ces cas là. Je trouve ça réconfortant. Des trucs vraiment mauvais et seul de préférence.

Comme après une rupture, où on tourne en boucle avec la même idée… Tu es plus du genre à écouter tout ce qui se fait de nouveau ou écouter en boucle tes artistes préférés ?

« Je fais partie de ces gens à qui tu peux demander ce qu’ils écoutent et 10 ans plus tard, c’est toujours la même chose. Je crois que je suis vraiment cyclique, j’ai une phase Beatles, en ce moment c’est Abba. »

Abba vraiment ?

Cette musique pop est juste parfaite, et ces arrangements ! C’est assez complexe, et en écoutant à l’aveugle on pourrait pas toujours se douter que c’est Abba parfois.

Quelles sont tes albums préférés quand tu as le cafard ou le coeur brisé ?

Surement, The Harvest de Neil Young, ça ne peut pas empirer les choses cet album. C’est comme une belle réflexion.

Tu travailles seul. Tu te donne un programme strict à respecter pour enregistrer ?

Pour cet album, j’avais complètement inversé mes nuits de sommeil et mes journées de travail. J’allais au studio vers 20H le soir et je restais là jusqu’à 8H le matin. Quand je commence à me mettre sur un truc, c’est parti pour longtemps. Souvent j’arrivais au studio sans une idée précise en tête, et je restais là jusqu’à ce qu’un truc arrive, et comme ça peut être le cas à 3H du matin, je voulais pouvoir l’enregistrer toute suite.

C’est quoi le pire truc à faire quand on retrouve nez à nez avec un(e) ex – comme ça arrive dans ton disque ?

Quand ça m’arrive en général, j’essaye déjà de faire comme si on s’était pas vu (rires). Ce qui est probablement la pire chose à faire. Je pense que c’est bien mieux de se confronter.

L’idée du concept-album t’es venue comment ?

Je suis influencé par des artistes comme Randy Newman (ndlr : chanteur américain qui a écrit de nombreuses musiques de film et oscarisé deux fois pour ses B.O. Pixar) et la manière dont il raconte ses histoires.

« Je veux continuer à écrire des albums concepts comme ça, c’est assez challengeant pour moi. »

J’ai cru comprendre que tu as composé 50 chansons pour ce disque. Tu as donc coupé des chapitres de cette histoire, lesquels ?

Y’a pas mal de chansons que j’ai écrites où j’essayais de comprendre où ça allait amener l’histoire de The Neon Skyline. Par exemple, il y a une chanson où la barmaid Rose et le narrateur largué restaient au bar et finissaient ensemble (rires). C’était une fin possible et finalement je l’ai fait continuer sa tournée dans d’autres rades de la ville…

Andy Shauf sera en concert le 7 avril 2020 au Trianon (Paris) mais aussi le 13 mars à Lyon (Epicerie moderne), le 14 mars à Bordeaux (Krakatoa) et le 6 avril à Rouen (le 106).

Son album The Neon Skyline (ANTI- ) est disponible sur toutes les plateformes digitales et en édition vinyle.

Abigail Ainouz

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