Retenez bien le nom de Jaïa Rose, chanteuse RnB et ambassadrice du voguing à la française

© Mohamed Zayanamini

Chanteuse RnB, chorégraphe et vogueuse, cette Bordelaise d’à peine 20 ans risque de faire tourner plus d’une tête avec son premier single. Rencontre avant son concert au BISE festival à Nantes le 21 janvier prochain.

En décrochant le prix FAIR 2020 (dispositif de soutien au démarrage de carrière), Jaïa Rose ne pouvait passer inaperçu. Avant de nous offrir un de ces premiers lives à l’occasion du BISE festival à Nantes, elle nous présente son tout premier single 1000MG  dont la vidéo a été tournée aux Magasins Généraux (hébergeant l’agence BETC /General Pop) :

Ancien entrepôt industriel (immortalisé dans un classique du cinéma français : L’Atalante de Jean Vigo), les Magasins Généraux est aujourd’hui un incubateur de talents et d’entrepreneurs créatifs. Sa réhabilitation et sa rénovation récente attirent de plus en plus d’artistes, comme les réalisateurs du clip de Jaïa Rose.

Découvrez l’univers de Jaïa Rose avec son tout premier clip et single 1000MG :

Rencontre avec Jaïa Rose, jeune promesse RnB

Qu’est ce que tu écoutais gamine à la maison ?
Mon père est franco-congolais donc il écoutait plus de la musique congolaise, et ma mère vraiment de tout, du reggae, hip-hop, ou même du classique. Ma grande soeur elle était branchée rnb et hip-hop américain. Et c’est vrai que les Destiny’s Child, Beyoncé et Alicia Keys, ont vachement influencé ma musique aujourd’hui. Je suis vraiment une enfant des années 2000.

La danse fait partie intégrante de ton univers ?
J’ai toujours fait de la danse quand j’étais petite et j’ai voulu me professionnaliser ensuite. C’est pour ça que je suis arrivée à Paris il y a trois ans. J’ai fait une école après 1 an de fac’ et je viens de finir début septembre. Aujourd’hui, je suis dans un groupe de chorégraphes Bien la Rose, et à l’avenir j’ai vraiment envie de développer encore plus la partie danse dans mon travail. Avec mon groupe, on va commencer à faire des concours chorégraphiques.

Pour le clip de 1000MG justement, tu les a invités ?
En effet, il y avait la chorégraphe du groupe qui était là : Sabrina Bohi  et dans la figuration, il y avait quelques personnes du voguing qui sont venues.

Comment tu es passé de la danse au chant ?
Je suis montée à Paris pour mon école de danse et j’ai tourné dans le clip d’une artiste du label Mozaï. Ils ont appris que je chantais et m’ont proposé de passer en studio et ça s’est fait comme ça. J’ai eu beaucoup de chance… Je n’avais jamais enregistré ma voix avant, je chantais pour moi et je n’écrivais pas spécialement de chanson.

Tu danses, tu chantes et tu composes aussi ?
Je ne suis pas instrumentiste, même si c’est un objectif au long terme.. C’est mon manager qui m’a mis en contact avec le producteur qui a signé les chansons de l’EP : Raphael D’Hervez (qui avait un groupe qui s’appelait Pegase). Au début j’ai écrit sur des phases B que j’avais trouvé sur Youtube, il a écouté mes voix, ça lui a donné une idée de mon univers, je lui donnais des références, des intentions, et puis ils me renvoyaient des essais. Ça a vraiment été un travail à quatre mains, un échange à distance pour son premier EP (qui sortira dans quelques mois). Et comme on a deux univers différents, lui electro et moi RnB, ça a été une vraie rencontre, un challenge de mixer tout ça.

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Nouvelle année, nouvelle vidéo pour une nouvelle rose @koisso_sery 💥 bienvenue parmi nous 🌹🌹🌹🌹🙏🏽🤲🏽 @blackpainters 🎥 @hiatuskaiyote 💿

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En plus de danser dans ton collectif Bien La Rose, tu fais aussi du voguing ?
Oui, j’appartiens à la House Ladurée et mon nom dans la scène voguing, c’est Jaïa justement. Ça fait un an que je suis dans cette House (collectif regroupant des danseurs voguing) qui existe depuis 7 ans, on est d’ailleurs la première House française. La Mother Rheeda, elle est fréquemment invitée à juger des balls (compétition de voguing). On a un danseur, Ritchie Cobral, qui a même défilé au dernier show de JP Gaultier. Personnellement, j’ai participé au dernier ball de la Gaité Lyrique, sur le thème Africa. Des balls, il y en a au moins une fois par mois à Paris. Ma catégorie c’est le Runaway, je défile. Et il y a une partie création mode, dans cette discipline là : c’est un peu les deux choses que j’adore, la partie danse avec le défilé et stylisme.

Côté stylisme, c’est donc toi qui a piloté le clip ?
Pour le stylisme, j’ai fait mes propositions et ensuite Valentin Beaufils, un ami, qui m’a aidé à orchestrer ça concrètement. Il y a une jeune créatrice, que j’ai contacté qui s’appelle Alyson Sika, elle a créé quelques pièces d’après mes moodboards. Et ensuite, j’ai fait mes achats moi-mêmes et les chapeaux, je les ai fait main. J’avais déjà utilisé des chapeaux un peu comme ça pour un ball de voguing, juste avec de la colle, du carton et du tissu (rires).

1000MG, c’est une aspirine pour soulager un lendemain de soirée, un état d’esprit générationnel ?
Quand j’ai écrit cette chanson je suis plus partie d’un état plus personnel, en jouant sur le côté maladie, le Doliprane qu’on prend quand on va pas bien. Je l’ai écrit à une période où ça n’allait pas fort, je sortais d’une rupture et je me suis vachement remis en question, moi, ma vie perso et amoureuse aussi…

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C’est la rentrée 🌝🏆 THE RISING OF SUN BALL by @ezven.paris GRAND PRIZE FF EUROPEAN RUNWAY in this beautiful outfit made by my Mothaway @ritchycobraldelavega Big thanks to my lovely fam @parisxclusive_houseofladuree congrats for the trophies🎉 And Congrats @kiddysmile ☺️🔥 @valentinbeaufils 📷❤️

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D’où est venu l’idée de ce clip 1000MG?
J’ai écrit un premier scénario et on l’a adapté par rapport au lieu et à nos moyens avec le réalisateur Samuel Kaperski (Baie de Tonnerre). Mon manager Séverin Merad a eu l’idée de tourner le clip ici aux Magasins Généraux.

Comment s’est passé le tournage ?
On a tourné le clip en une seule journée, donc c’était un peu intense. On a fait ça un samedi, les locaux étaient déserts, on avait le lieu à nous ! On a commencé par faire le premier plan dans l’ascenseur de verre, ensuite on fait une séquence dans une salle de réunion, puis à la cantine au premier étage où se trouve BETC Kitchen et on a terminé par le bar du rooftop (le Kartz) pour la scène de nuit, où les figurants étaient juste venus pour “dormir” au final (rires).

Une anecdote à nous confier ?
Comme tous les clips, on a couru dans tous les sens ! On a mis pas mal de fumée dans la cantine et ça n’a pas été facile à mettre en place, surtout à cause de l’alarme incendie (rires).

Quels artistes écoutes-tu en ce moment ?
Beaucoup de Burna Boy, un Nigérien qui fait aussi de l’afro beat et a signé un featuring avec Mahalia. J’écoute pas mal la scène anglophone, notamment Jorja Smith, des rappeuses un peu indé comme l’américaine Melli, et un rappeur belge : Dutch Norris. En fait, j’adore regarder les clips, je stalke toutes les nouveautés sur Youtube. Et souvent l’algorithme de la plateforme vidéo me suggère des trucs que j’aime. Je passe d’une à un autre..

En concert le 21 janvier pour le BISE festival à Nantes.

Abigail Ainouz

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