On y était : carton plein pour la première édition du festival bruxellois FiftyFifty Lab

Meetsystem en concert au club de l’Ancienne Belgique pour le festival FiftyFifty Lab

Pour sa première édition, le festival bruxellois nous a offert un florilège de découvertes internationales pointues et prometteuses dans les clubs et bars du centre-ville de la capitale belge. On y était, on vous raconte.

18H47. Le train Thalys rentre en gare de Bruxelles Midi. Place de Brouckère, les écrans géants de la ville revêtent les couleurs de l’affiche du festival FiftyFifty lab, qui semble avoir colonisée tout le centre-ville et les murs de Bruxelles City. On peut y lire sur certaines : Le Coconut music festival de Saintes s’invite à Bruxelles! Curieux ? Pas tant que ça ! La spécificité du FiftyFifty Lab étant de laisser carte blanche à des festivals européens, désignant chacun un coup de cœur et étoffant ainsi une affiche déjà riche et éclectique. Parmi les festivals curateurs de cette année, on compte quelques poids lourds comme Les Vieilles Charrues et le Primavera Sound de Barcelone, mais aussi des festivals de niche comme le Plissken en Grèce (à Athènes) ou le Dekmantel à Amsterdam (qui se déroule au milieu d’un bois). De quoi voir du paysage à seulement à 1H20 de Paris !

« C’est un peu comme si une série de grands chefs se retrouvaient pour confectionner un menu ensemble. Tout le monde a envie de surprendre et d’être surpris par les autres. » déclarait le co-programmateur Mathieu Fonsny* à propos de la programmation collaborative du festival, pour le magazine belge Le Vif.

L’air glacial du Nord se fait déjà sentir entre deux bouffées de clope mais pas le temps de s’appesantir sur la météo, on part en petite foulée direction le Cinéma Palace, un bâtiment historique typique Art Nouveau, abritant le centre névralgique du festival Fifty Fifty Lab où se tiennent les rencontres & talks entre professionnels (comprendre les apéros) et l’accueil des festivaliers pendant les 48H de cette première édition (les 7 et 8 novembre 2019). En cadeau de bienvenue, le traditionnel tote bag avec des goodies pas belges pour rien : une bouteille de bière micro brassée par la maison bruxelloise En Stoemelings et des chocolats gravés à l’effigie du festival. De quoi se mettre aux couleurs du pays.

Marathon de concerts dans les clubs de Bruxelles

Pass et chocolat en poche, nous voilà équipés pour entamer le marathon des concerts du soir. Au programme une demi-douzaine de salles du centre-ville accueillent les shows Fifty Fifty Lab. De la salle mythique de La Madeleine et de l’Ancienne Belgique, à des bars microscopiques tels que le jazzy Archiduc, l’éclectique Bonnefooi (« bonne chance » en wallon, ce qui présage le meilleur comme le pire) ou encore le club underground éphémère FFormaTT (qui prend place dans un parking en sous-sol de 1000m2).

Nos coups de coeur : le crooner canadien MorMor et les trublions Nyoko Bokbao et le producteur belge Bolt Ruin

Zigzaguant entre les passants et les travaux qui fleurissent dans le quartier de la Bourse, on se fraye un passage jusqu’à notre première étape : Erica de Kaiser, jeune révélation danoise. Tout en Erica nous fait penser aux années 90, de sa tenue 100% Polyester à logos à son timbre de voix. La jeune chanteuse nous offre un showcase intimiste et un échantillon de son premier album Essentials (sorti un peu plus tôt cette année). On tombe sous le charme de sa voix si naturelle, mixant soul et R&B.

Deuxième étape de la soirée, le parking FFormatt qui reçoit le collectif Naar (Feu en français), dont le line up a été modifié en dernière minute, Ouenza remplaçant Shobee et Damost pour cause de visa refusé, comme Ouenza le fait remarquer au public : « c’est pas la première fois que ça nous arrive, et je voudrais attirer votre attention sur la galère pour obtenir des visas pour venir ici ». Les shows de Narco Polo et Ouenza n’en resteront pas moins bluffant, ce collectif marocain ayant pour mission de faire briller la nouvelle scène du Maghreb de l’autre côté de la Méditerranée. Et on peut dire que les frontières sont tombées ce soir-là !

On continue notre marathon – avec une pause obligatoire à la friterie du coin Chez Papy (on évite de peu la classique fricadelle mais pas le déluge de mayonnaise du chef), puis direction La Madeleine pour dodeliner de la tête sur les beats du trio anversois KRANKk, avant de prendre la tangente pour la Grèce, où le festival Plissken invitait l’étonnante chanteuse electro-pop Danai Nielsen cachée sous sa combinaison à paillettes et sa perruque bleu électrique. Autre fantaisie néerlandaise : le trio Meetsystem. Certes on ne bite pas un mot à ses paroles mais l’orchestration est fabuleuse !

Un foule attire notre attention sur le trottoir : le trio Nyoko Bokbae (“ensemble” en wolof) – invité par le festival Coconut – joue dans un club microscopique et pousse ses cris de Chien de chien devant un public en délire. Leur musique est aussi bien sapée et colorée que le leader Bamao Yende (boss de Boukan Records) mixant afro beat, R&B US et beats anglais.

Il est venu le moment de vous confier notre gros coup de cœur de la soirée… La venue du Canadien MorMor au club de L’Ancienne Belgique. Seth Nyquist de son vrai nom, vient de la banlieue de Toronto, et chante avec flegme sur des mélopées indie-pop douillettes, les auréoles de lumière sur scène faisant de lui un genre de héros sacré. Chanteur, producteur et multi-instrumentiste, MorMor et son ep Some Place Else sont la meilleure prescription de ce début d’année.

Nouvelle salle, nouvelle ambiance, on tombe nez à nez avec le mastodonte SL, rappeur du sud de Londres qui pulvérise tous les compteurs d’écoutes avec son tubesque Gentlemen (19 millions de vues tout de même) à seulement 18 piges. Il n’a beau ne jamais mettre un pied sur scène sans son masque intégral de ski, les jeunes filles en fleur sont au premier rang et les smartphones aussi. SL invite un de ses fans à chanter avec lui, et on sent le trac ultime de son invité. Comme le déclarait le co-programmateur du festival Fifty fifty Lab Mathieu Fonsny* pour Paris Match Belgique : « on a beaucoup de chance de l’avoir et ça sera sûrement la dernière fois dans ce genre de configuration en petit comité. »

La galerie d’arts Horta accueille les festivaliers pour la partie clubbing

Grand final, au club C12, situé dans une galerie d’art immense croisant expos, arts visuels et soirées club, le FiftyFifty Lab se paye un plateau de DJs et de producteurs hors paires. On retient la prestation planante de Bolt Ruin, un jeune artiste de Gand, qui projette des images géantes de paysages urbains pendant qu’il débite son labyrinthe de beats électroniques sombres et inspirés de friches industrielle. Et la française Fantastic Twins, Julienne Dessagne (aussi aux manettes du label Microdosing) qui mélange des textures vocales avec des expérimentations hypnotiques.

La ligne d’arrivée de notre marathon de concerts n’est plus très loin, encore une journée pour les plus courageux, le festival Fifty Fifty Lab se poursuivant ce vendredi 8 novembre à Bruxelles. Plus d’informations ici.

Revivez notre expérience au festival dans la story figée de notre compte Instagram.

*Mathieu Fonsny est programmateur du Dour festival et co-organisateur de FiftyFifty Lab, aux côtés de l’agence de relations presse Fifty PR qui s’est fait remarquer pour ses soirées mensuelles découvertes à Bruxelles (les Fifty Fifty Sessions).

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