Women who do stuff, le magazine qui dépoussière les clichés sur le féminisme

“Les femmes qui créent, qui tentent, qui réussissent ou qui perdent, qui apprennent, qui font quelque chose ou ne font rien — elles ont toutes leur place dans ces pages.”

Disponible dans plusieurs librairies en France et sur leur site internet (où vous pouvez le commander et voir la liste des points de vente) ce magazine annuel est entièrement bénévole. Pour sa première édition, dédiée à internet, Women who do stuff s’intéresse à l’amour 2.0, au bodypositive, mais aussi à la littérature et la poésie féministe, signe un dossier épatant sur le cyber harcèlement, la pollution numérique ou encore les nouvelles pionnières de la tech… et vous enveloppe d’un cloud de hashtags pour s’abriter les jours de pluie.

https://www.instagram.com/p/By26h7viHj6/

Rencontre avec les fondatrices du magazine

Quels sont les fondements de Women who do stuff ?
Comme on le dit dans notre manifeste, l’objectif de Women who do stuff est d’amplifier les voix de celles que l’on entend peu ou pas. Sans jamais nier les difficultés spécifiques à chacune, nous voulons créer un espace où les parcours et réussites de toutes peuvent être célébrés.

D’où est née l’idée de créer ce magazine ?
Avant la création du magazine, Women who do stuff ne comptait que deux personnes, Mathilde et Mélissa, toutes les deux aux manettes de la newsletter. L’envie de lancer un projet éditorial s’est faite sentir en 2018. On a d’abord pensé à un fanzine, puis un livre qui compilerait les différents portraits de la newsletter. L’idée a évolué et début 2019, Mathilde a partagé sur Twitter son envie de créer un magazine féministe et des copines ont glissé en DM pour dire “je veux en être”, et voilà ! Le numéro 1 de Women who do stuff était né. Depuis nous avons monté une association et nous sommes 6 bénévoles à nous occuper de la newsletter, du magazine et des réseaux sociaux.

Comment s’est imposé la thématique de ce premier numéro dédié à Internet ?
C’est un thème qui s’est imposé naturellement pour nous, car on s’est toutes rencontrées sur Internet. On fait partie d’une génération qui s’est politisée en partie sur Internet. Beaucoup de ce que l’on sait sur le féminisme, on le doit à des blogs comme celui de Valérie Rey-Robert ou encore aux centaines de threads sur Twitter.

Comment avez-vous financé ce magazine ?
Nous avons fait un financement participatif via KissKissBankBank qui a vraiment décollé et dépassé nos espérances.

https://www.instagram.com/p/Byx2SEhiCED/

Qui sont ses fondatrices ?
Les fondatrices sont Mathilde et Mélissa. Ensuite Lisa a rejoint l’aventure pour la newsletter et pour gérer notre compte Instagram (@womenwhodostuff). Quand l’idée du magazine est arrivée, l’équipe s’est formée naturellement avec les autres bénévoles de l’association (Marion, Emeline et Pauline). Notre association a un fonctionnement collégial, on prend toutes les décisions importantes ensemble (rdv dans 30 ans pour l’édition de nos conversations Whatsapp, publiée aux éditions de La Pléiade), qui a fondé quoi n’est pas vraiment important.

Quels sont les auteurs réguliers ? Vous invitez des journalistes différents et bénévolement ?
Nous n’en sommes qu’au numéro 1 mais notre but est d’essayer de donner la parole à toutes celles qui ont quelque chose à dire, donc le numéro 2 sera sûrement écrit par d’autres journalistes et autrices. Lorsque l’on dévoilera le thème du numéro 2, nous lancerons un appel à contributions et celles qui auront des idées de sujets pourront nous contacter. Il y a aussi des personnes qu’on a vraiment envie d’accueillir dans nos pages et qu’on va aller chercher, toutes les femmes ne se sentent pas légitimes d’écrire dans un magazine.

Récemment, nous avons lancé une newsletter hors-série où Pauline, membre de l’asso et journaliste culture, propose un entretien avec une artiste. Le financement participatif nous a permis de payer les contributrices.

https://www.instagram.com/p/B2MByLcCNw_/

Qui a signé la direction artistique ? Et les dessins en couverture ?
Comme une partie de l’équipe gravite autour ou bosse carrément dans le domaine des arts graphiques, on a pu se construire une identité visuelle cohérente et bien à nous, qui convoque tout ce que l’on aime.

Florent Porta a fait la mise en page et la D.A. du magazine.
La couverture est signée Aurore Carric, une illustratrice qu’on adore, qui est hyper talentueuse et qui a parfaitement compris ce qu’on voulait et qui on était.

Quid de votre compilation cassette Women who do music ?
On travaille au volume 2 de la cassette,​ ​mais on digère d’abord un peu la sortie du magazine qui a été un moment extraordinaire (nous avons réalisé plus de 600 paquets en une journée, magnifique moment de cohésion d’équipe).

Quel a été l’accueil à sa sortie ?
Il y a un très fort engouement pour le magazine et nous avons de plus en plus de gens qui nous suivent et nous soutiennent. Des personnes d’horizons divers et variés se reconnaissent dans ce qu’on fait, on se dit qu’il y a une place pour ce projet, ça intéresse les gens et ça nous donne l’énergie et la motivation pour continuer.

Vous avez aussi lancé une newsletter ?
La newsletter est notre moyen de faire découvrir chaque mois des femmes, des projets et initiatives, en plus de notre travail sur les réseaux sociaux. C’est là que nous avons commencé, afin de faire parler les personnes qu’on oublie tout le temps. Nous essayons d’être le plus diversifiées possible dans les sujets et les profils que l’on propose.

Sur votre compte instagram, vous donnez aussi des suggestions de lectures, de films… une carte des associations. WWDS c’est un couteau suisse féministe en résumé ?
Oui, on essaye de toucher à tout, de parler d’un maximum de femmes et de ce qu’elles font.
Le féminisme en France est en ébullition, on voit de plus en plus de femmes s’engager ou avoir envie de s’engager, les librairies indépendantes ont des rayons féminismes plein à craquer, il y a des événements féministes partout… c’est vraiment génial.

Tous les vendredi sur Instagram, on a #FeministFriday, où on présente des asso ou des événements féministes. C’est formidable de constater tout ce qui se passe, on ne tourne pas en rond, toutes les semaines il y a des nouveautés.
En plus de cela, on a la chance d’avoir une diversité de goûts dans l’équipe, ce qui permet de parler de plein de choses différentes et de pouvoir se renouveler. On ne veut pas se cantonner à un seul sujet, notre but c’est vraiment d’approcher le féminisme dans tous les domaines.

Le tout est pop, coloré, ludique, et loin des préjugés austères qu’on peut avoir de certaines associations engagées, c’était l’idée ?
C’est vrai que le cliché des associations engagées et sérieuses qui ont forcément un style austère est assez difficile à dépoussiérer. On n’a pas du tout construit notre DA en opposition avec ce stéréotype. L’absence ou non de couleur ne devrait pas mesurer le sérieux d’une association. Après, c’est clair que personne n’a envie de lire Judith Butler en dansant des claquettes et combinaison à paillettes. Tout est affaire d’équilibre.

https://www.instagram.com/p/B2E2ljxi7xT/

En plus d’un magazine, Women who do stuff c’est une newsletter, une compilation réunissant des artistes femmes internationales, mais aussi une carte des associations féministes. Retrouvez toutes les infos sur leur site.

Et RDV à Lille le 31 octobre prochain pour la soirée de lancement du magazine. 

Abigail Ainouz