Rencontre avec le fondateur de microqlima, le label « qui fait la pluie et le beau tempo »


© microqlima

Isaac Delusion, L’impératrice, Pépite… autant d’artistes découverts et soutenus par l’écosystème microqlima. Le label fête ses 5 ans les jeudi 10 et vendredi 11 octobre prochains à la Maroquinerie. Interview de son fondateur, Antoine Bisou.

Avec des groupes comme L’Impératrice, Isaac Delusion ou encore Pépite, microqlima a montré qu’on pouvait compter sur eux pour mettre de la lumière et des couleurs dans le paysage musical français. Promouvoir des artistes oscillants entre la pop et le folk avec un touche spéciale acidulée et pétillante semble être le maître-mot du label, qui continue de nous surprendre au fil des ans.

Hyperactifs, les joyeux drilles du label continuent d’étoffer leur palette de couleurs avec la récente signature du petit dernier ayant rejoint l’aventure : Fils Cara, artiste à la croisée entre le hip-hop, la pop et la chillwave.

Pour fêter ces cinq ans comme il se doit, le label organise non pas une, mais bien deux fêtes d’anniversaire, qui auront lieu les vendredi 10 et samedi 11 octobre à la Maroquinerie. Au programme des réjouissances : les concerts d’Isaac Delusion, Fils Cara, Alex Van Pelt et Murman Tsuladze mais aussi des DJ Sets de l’Impératrice, d’Alex Pan (du duo Polo & Pan) et de Double V. Enfin un peu de couleur et de douceur dans ce monde de brutes…

Rencontre avec son fondateur, Antoine Bisou

À l’occasion du cinquième anniversaire du label, nous nous sommes entretenus avec son fondateur, Antoine Bisou. Ce dernier en a profité pour dresser le bilan de ces cinq années ensoleillées du label qui n’a pas fini de rayonner…

A une époque où tout est gris, microqlima met du LSD dans notre quotidien. C’est votre vision ?
Antoine Bisou : Tout est gris vraiment ? Mais pas du tout, ça dépend sous quel angle et sous quelle lumière. microqlima c’est un logo en couleur, donc oui même si on n’a jamais été très psyché (sauf l’album de Pépite, quand on écoute bien !), la vision c’est de faire une musique haute en couleurs. Pas juste de pop légère ou inconsistante n’est-ce pas, mais des disques qui j’espère pourraient tous être une occasion de voir le quotidien sous un jour différent.

En deux mots microqlima, c’est comme l’Île de Ré ? Du beau temps toute l’année ?
En vrai maintenant que j’y pense : pour le nom j’ai peut-être été influencé par mes parents. On avait une maison de vacances en Normandie étant petit et je me souviens d’eux qui se répétaient tous les jours en plein mois d’août « ah oui vraiment, là oui c’est vraiment un microclimat au dessus de la maison, c’est incroyable t’as vu il fait presque beau. » Ils se voilaient bien la face haha. microqlima c’est peut-être un peu ça, on s’émerveille du moindre rayon de soleil et on le fait partager. On fait pas attention à la pluie.

La punchline de microqlima ça serait quoi au juste ?
Microqlima, le label qui fait la pluie et le beau tempo. Ou alors : musique fraiche en milieu tempéré ? Ou alors juste comme dans le dictionnaire, microqlima : « ensemble des conditions musicales observables dans un espace de très faible étendue, isolé du milieu général. »

C’est qui la family microqlima au juste ? Et les cousins cousines qui gravitent tout autour ?
Le label c’est un noyau familial très resserré : d’abord il y a les 4 artistes : Isaac Delusion, Fils Cara, Pépite, L’Impératrice. Ensuite il y autant d’employés que d’artistes, c’est un petit commando qui travaille dur. Et tout autour on a plein de copains. Que ce soient nos amis 4 ever du Pop Up Du Label et du festival Pete The Monkey, ou bien nos partenaires avec qui on travaille tous les jours : distributeurs, tourneurs, éditeurs, managers – comme IDOL, Believe, Pias, Uni-T, The Talent Boutique, Olympia Prod, Corida, Universal Publishing, les manageuses et managers, les attaché·e·s de presse, les ingénieurs, les techniciens, les producteurs de clips, les graphistes, et j’en passe…

C’est aussi ça un microqlima : un écosystème.

Quelle est la pierre angulaire de Microqlima ? (de là où tout est parti)
On fête les 5 ans du label bientôt (les 10 et 11 octobre à La Maroquinerie venez !), mais en VRAI j’ai trouvé ce nom en 2010 lorsque j’habitais à Berlin. Donc tout au départ ça a été des soirées house et techno que j’organisais à Toulouse, j’espérais pouvoir y importer un microclimat berlinois, vaste utopie haha.

Ce n’est que plus tard après quelques années de sommeil et diverses autres expériences que je me suis dit que ce nom marcherait bien pour un label, je l’ai déterré. Pendant 2-3 ans ça a été amateur, et ce n’est qu’en 2016 quand on a décidé avec Isaac Delusion et L’Impératrice dont j’étais le manager de produire leurs albums chez microqlima, que tout a vraiment commencé.

Au final la pierre angulaire c’est que j’ai créé ce label pour servir les besoins de mes artistes, avant tout ! Le moteur c’était de pouvoir s’investir complètement dans les projets, sentir qu’on peut maitriser où on va et faire une différence en indépendants en s’en donnant nous-même les moyens.

Quelles sont les accomplissements du label dont tu es le plus fier ?
Clairement, très fier d’avoir réussi à publier en deux ans d’existence sérieuse les albums de chacun de nos 3 premiers artistes. Les 3 sont soignés et magnifiques à leur façon. Le plus récent étant Virages de Pépite cette année qui est une perle (écoutez « Rubis »), en 2018 c’était Matahari de L’Impératrice qui a connu le succès qu’on sait, en 2017 Rust & Gold de Isaac Delusion a été un vrai pas pour eux comme pour le label.

À chaque fois c’est une aventure :)

Côté événements, vous avez aussi lancé pas mal de concepts innovants comme quoi ?
Innovants je ne sais pas, mais débiles, oui. Au final ça donne toujours les meilleures soirées. Je tiens à cette vibe bon enfant, bonne humeur, qui caractérise nos événements. Jamais eu besoin d’embaucher une équipe de sécu !

En mai dernier, c’était l’open air Cuicui qui a rassemblé entre 3 et 4000 personnes (impossible de compter…) au Parc de la Butte du Chapeau Rouge. Je me suis aperçu le jour-même qu’en fait on avait créé un mini festival, l’ambiance était incroyable.

Aussi par exemple le 88ème jour de chaque année, comme les 88 touches d’un piano, on invite dans une grande église (Saint Merry) 8 artistes qu’on n’a pas l’habitude d’entendre sur cet instrument, à venir jouer piano-voix. C’est surprenant à tous les coups. On a eu Angèle, Ibeyi, Flavien Berger, Fishbach, Juliette Armanet, L’Impératrice, Nelick…

Et la soirée la plus barrée ?
Un jour on a même lancé une soirée sobrement intitulée « Micropénis », ça se passait dans un club échangiste jusqu’au matin. C’était trop bien, meilleure soirée club que j’aie faite depuis longtemps. Le nom était complètement pété parce-qu’on n’avait pas eu de meilleure idée mais au final ça a agi comme un filtre anti-cons c’était parfait. On n’a pas réitéré encore mais on hésite à lancer microqlito bientôt. Bonne ou mauvaise idée ? Mystère.

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Mes cher•es collègues et moi-même tenons à vous témoigner avec chaleur tout le plaisir que nous avons à travailler avec vous et toute notre gratitude pour la confiance que vous nous accordez. Puissions-nous tous ensemble continuer sur cette belle voie de l'échange, de la confiance, et du succès partagé. Joyeuses fêtes et meilleurs voeux de réussite et de bonheur, musicalement #noëlcorpo #musicalement #qlimaqrew #notrebellefamille #microqlima #startupnation #monplusbeausourire

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C’est quoi ton plan quinquennal pour la suite :) ?
Moi Président, je continuerai à défendre bec et ongles notre petit climat contre le réchauffement commercial. Moi Président, je signerai de nouvelles espèces rares, hybrides, vivaces. Moi Président, j’aimerais un jour créer un festival microqlima, c’est un rêve. On y est presque, cuicui.

L’anniversaire de microqlima c’est le 10 et 11 octobre à la Maroquinerie.
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