[POP CREW] From Lille to Paris : la Boomerie, la jeune pousse prometteuse de la scène électronique

La Boomerie, c’est un crew qui a commencé par des soirées endiablées entre potes dans une coloc à Lille et qui a aujourd’hui la volonté de se faire une place dans la nuit parisienne, en gardant toujours le même esprit de franche camaraderie.

Electro 90s, house, minimal et breakbeat sont autant de cordes à leur grand arc. Après 4 soirées couronnées de succès organisées à Paris, le jeune collectif ne s’arrêtera pas en si bon chemin, c’est pourquoi on a voulu discuter avec eux :

Vous pouvez vous présenter ?
Victor : Je suis officiellement président mais on a tous cofondé l’asso, dans les faits on est tous les trois présidents.
Benjamin : On se partage les tâches tous les 3, avec l’autre Benjamin qui n’est pas là. Victor et moi sommes résidents de notre collectif, donc on mix à tous les events.

Dans quel contexte le collectif a été créé ?
Benjamin : On était 3 colocs à Lille et on faisait souvent des fêtes privées dans notre appart, on louait un sytème son et on invitait nos potes et leurs potes. On est venu à Paris pour commencer notre stage, on est resté colocs tous les trois et on s’est dit qu’il fallait faire un truc plus sérieux et monter un collectif pour aussi partager notre esprit de la fête à un plus grand nombre et faire mixer nos potes.
Victor : On n’avait aucun problème à faire la teuf chez nous étant donné qu’on habitait au-dessus d’une boîte, on voulait continuer après le déménagement mais c’est impossible à Paris. Donc on s’est dit que le seul moyen, c’était de créer l’asso et de faire ça en club.

Quelle est la force de votre collectif ?
Victor : Je dirais que la raison principale de notre collectif est de garder l’esprit de Boomerie qu’on avait chez nous dans nos apparts à Lille et à Paris. Les gens se sont rendu compte, en venant à nos soirées, qu’il y avait toujours une bonne synergie et ils en gardaient des bons souvenirs.
Benjamin : La camaraderie sans prétention !
Victor : On est une bande de potes dans laquelle beaucoup ont des projets dans la musique, qui font de la prod etc… Le but est de créer ça tous ensemble, on ne calcule pas ce qu’on fait ou qui on invite par intérêt, tout vient de l’amitié d’abord. Là par exemple, à notre soirée du 27 juillet on a invité Kepler, un collectif de potes à Lille. Ce sont nos potes et on kiffe leurs soirées donc on les a invités. En plus, ça les aide à s’implanter à Paris.
Benjamin : Après, à Paris, pour exister, à un moment donné il faut programmer des têtes d’affiche.
Victor : Là, on invite Tom Ries qui vient de Francfort. C’est un artiste qu’on kiffe et il n’a jamais joué à Paris donc ça me tenait à coeur qu’on l’invite à Paris pour la première fois !
Benjamin : À côté de ça, on a invité Amau aussi, qui a créé la chaîne Youtube Kermesse World, et qui mix souvent avec Nemo Vachez donc on s’est dit que c’était benef de les booker tous les deux !

Quel est votre regard sur la multiplication des collectifs qui se forment aujourd’hui ? 
Victor : Je trouve ça cool, ça montre qu’il y a des opportunités pour des petits crews de se faire une place dans le paysage, un petit nom, en commençant tranquillement. Et l’avantage de Paris, c’est qu’il y a beaucoup d’infrastructures de toutes les tailles. Même si beaucoup de collectifs se ressemblent, chacun a quand même sa ligne directrice et ça fait que tous les weekends, tu es sûr de trouver une soirée, que ce soit minimal, électro ou autre, il y a une grande diversité et ça fait le charme de Paris au  niveau événementiel.

A Lille c’est plus compliqué ?
Victor : Ha oui clairement, pour le coup il y a beaucoup moins d’infrastructures, il y a quelques clubs de référence mais c’est tout. Il n’y a pas de spots inédits type warehouse etc. A côté de ça, le public est moins averti car il est purement étudiant au sens où ils sortent parce qu’ils veulent sortir de manière générale et qu’on leur propose un truc, globalement ils sont moins intéressés par la musique. A Lille, il y a peu de petits collectifs, il y en a quelques uns qui sont plus gros et bien en place, qui arrivent à faire leur truc. Mais on donne moins leur chance aux petits collectifs.
Benjamin : Il y a un gros club qui fait la culture musicale des étudiants, c’est le Magazine et donc les gens sont très techno, techno indus parce que c’est la dominante de la prog du Magazine. Il y a aussi le troisième étage du Smile, une boîte hyper commerciale dont le premier étage est souvent exploité par les petits collectifs, mais ça reste très techno. On va essayer de ramener avec nous la micro et la minimal en faisant des events pas seulement à Paris mais là bas aussi, on verra ce que ça donne.
Victor : Donc notre avantage c’est qu’on a pu commencer à Paris, on a des trucs à montrer, un background, pour après proposer des choses à Lille, c’est cool !

Comment fonctionne le collectif en terme de modèle économique et de hiérarchie ?
Victor : Avec un collectif de cette taille, si tu veux grossir tu ne peux pas te rémunérer, ça devient galère sinon. On réinvestit tout dans l’asso et je pense que ce sera comme ça jusqu’à la fin, on veut faire passer le collectif avant.
Benjamin : L’autre Benjamin est trésorier et nous faisons la com, la direction artistique. Et on a tous notre mot à dire côté décisionnel.
Victor : L’avantage c’est qu’on est 3 donc on trouve des accords assez vite. Et vu qu’on est colocs on n’a pas besoin de faire des réunions formelles, on se pose et hop on discute de nos projets pendant 30 minutes.

D’un point de vue des politiques mises en place, est-ce qu’en France, et plus particulièrement à Paris, ce n’est pas trop compliqué d’investir des lieux ?
Victor : Pour l’open air de la semaine dernière, c’était assez informel on a demandé aux collectifs qui avaient fait des teufs là-bas si c’était ok pour eux, mais on savait que c’était sans risque d’annulation. Il y avait quelques règles à respecter pour ne pas se faire choper. Après, le Klub nous a laissé notre chance, on a détaillé le projet auprès d’eux, on a un peu insisté pour montrer qu’on était sérieux, qu’on allait ramener du monde. On a envoyé beaucoup de mails, on a eu beaucoup de refus ou alors juste aucune réponse. Après on tombait sur des lieux qui demandaient des locations à 2500 euros, ce qui n’est clairement pas à notre portée.
Benjamin : Les bars, par contre, c’est toujours super sympa, tu arrives, tu poses ton son, tu ramènes du monde, ils sont contents. Et ça nous a permis d’amasser un peu d’argent qu’on a mis de côté au début pour lancer vraiment le truc.
Victor : On a fait un premier event à l’ALF en prenant une partie de la recette du bar, c’était trop cool. Après on a fait un truc au Gambetta Club avec un barbecue en plus dans la cour, très sympa aussi pour un jeudi soir. Mais globalement, les bars, c’est plus chill pour les assos de notre taille.
Benjamin : Et puis les soirées en bar, c’est aussi sur une plage horaire qui plaît aux gens en semaine, ce qui nous laisse notre chance.

Quelles sont vos actus ?
A la rentrée, on va tourner entre Lille et Paris, en commençant par un open air à Lille. A Paris, on voudrait faire une coprod avec un collectif lyonnais qui s’appelle Cartes Records, dont le président est un pote. Comme ça, ça leur permettra de commencer à s’implanter à Paris.

Quel conseil donner à des gens qui ont envie de s’y mettre ?
Victor :
Je leur dirais de ne pas voir trop gros et d’y aller à son rythme. Et aussi, que ça aide beaucoup d’avoir un gros public de potes derrière pour soutenir le collectif. Inviter d’autres collectifs c’est cool aussi parce qu’on te le rend à chaque fois, c’est très agréable et ça permet à l’asso de se développer.

 

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Talk Louise G.

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