[ITW] Come Togaether, right now !

Allons tous chanter ensemble avec les Beatles.. Ah mais naaaaan attends les Beatles ça existe plus ? Par contre il y a le Togaether festival le 23 juin à la Halle des blancs manteaux.

Togather est un festival qui vise à rendre l’art accessible à tous dans des lieux propices à l’initiative cutlturelle. Ce projet repose sur la rencontre entre des artistes évoluant sur des scènes diverses : émergente et confirmée, française et internationale.

A l’occasion de ce festival pluridisciplinaire, nous avons rencontré trois artistes de médiums différents : La Chica (musicienne), Tommy Lecot (peintre) et Timo Eyeam (photographe).

Quelle est votre histoire ? Comment en êtes-vous arrivé à la chanson/l’art ?

La Chica : Je fais de la musique depuis toute petite et j’ai toujours aimé chanter. Après avoir accompagné des artistes pendant longtemps j’ai ressenti le besoin de m’exprimer à travers ma propre musique et mes mots. C’est à ce moment là qu’est né le projet La Chica.

Tommy : Je m’appelle Tommy Lecot, j’ai 25 ans, je suis français et j’habite maintenant à Bruxelles depuis 2 ans. Cela va faire maintenant 10 ans que je fais de la peinture. J’ai commencé avec mes amis à dessiner dans les rues à Paris puis dessiner des modèles dans les ateliers puis naturellement me retrouver à l’école des beaux arts et réaliser qu’on pouvait créer en permanence et que l’art avait une grande histoire derrière lui. La peinture a toujours été le medium le plus marquant à mes yeux. Déja en allant dans les musées c’est ce qui me chamboule le plus, des peintres des années 90 comme du 16ème siècle sont des véritables maitres pour moi, Ensuite dans l’acte de peindre il y a quelque chose de merveilleux, c’est très physique, très sensuel puis tu commences à vouloir dire quelque chose, à t’inscrire dans un contexte contemporain et là l’image prend une force incroyable.

Timo : Moi c’est Timo, un diminutif pour Timothée, j’ai 26 ans et je suis originaire de la région parisienne. J’ai « commencé » la photographie très jeune assez instinctivement. On m’a offert pour mes 10 ans un Polaroïd avec lequel je m’amusais beaucoup et j’étais déjà aussi très fan des jetables avec lesquels je documentais mes vacances. C’était ma première rencontre avec la photographie et j’aime d’ailleurs toujours travailler avec ces instruments aujourd’hui. De manière très autodidacte j’ai appris à maîtriser les techniques de photographie avec différents appareils, surtout pour retranscrire mes nombreux voyages par l’image. Par exemple, j’ai acheté mon premier reflex à l’occasion d’un trip au Vietnam en 2009. Plus que des souvenirs j’essaie de créer de véritables carnets de voyages en capturant les gens, des scènes quotidiennes et des détails du paysage. C’est sur la fin de mes études en 2015 que j’ai véritablement décidé de pousser ma pratique artistique de photographe et aussi de danseur. Je me suis beaucoup intéressé à ce qu’on a nommé la streetphotography. C’était facile de s’en saisir. Professionnellement, j’ai d’abord commencé par couvrir des évènements dans le milieu Hip Hop, multiplié les types de projets dans ce cadre. Puis pour participer à des festivals et des expositions j’ai réalisé mes premiers tirages. En même temps j’ai échanger avec d’autres artistes photographes ou non de ma génération. C’est une pratique quotidienne, une façon de se construire personnellement.

Où puisez-vous votre inspiration ?

La Chica : La rue m’inspire beaucoup. Les sons et bruits urbains que je sample pour créer des rythmiques. Les textures de claviers analogiques et le piano sont ma base pour composer.Le reste de mon inspiration vient des rêves.

Tommy : Dans mon travail je puise beaucoup mon inspiration dans les souvenirs de mon enfance, et dans l’imaginaire collectif que l’on a de cette pèriode de la vie. J’utilise des symboles culturels et graphiques que je retrouve à travers la publicité, les mass média et la culture populaire et j’en fais mon propre vocabulaire, mon language. C’est une source que je puise au quotidien, jusqu’à ramener tout cela à l’atelier et mettre ces éléments en forme sur une toile.

Timo : Je suis très curieux et paradoxalement assez discret, je pense que cela nourrit beaucoup mes photographies, tant dans la prise de vue que dans le rendu esthétique. En fait, mon inspiration première c’est l’observation et l’envie de retranscrire une certaine atmosphère, la singularité du moment. J’ai une approche très documentaire, et je suis finalement sensible à ce qu’il y a de commun entre des espaces et des cultures à priori différents. Je montre tout simplement ce que j’aime et je partage ce qui m’interpelle. Je me suis rendu compte que ma volonté de créer est en fait l’une des premières source de mon inspiration. J’essaye alors de ne pas me fixer d’objectifs dans la réalisation mais plutôt d’aller dans le sens de mon quotidien. A force de repérer des scènes similaires mes photographies deviennent des projets et des séries. J’aime quand une photographie répond à une ancienne que j’ai pu shooter ou au contraire qu’elle montre une situation totalement nouvelle. En ce moment j’aime prendre le premier appareil qui me vient sous la main (reflex, smartphone, jetables) et partir en quête d’images. C’est une manière beaucoup plus instinctive, car la technique n’est plus forcément au centre de mon travail et je retrouve mon enthousiasme premier pour l’image. C’est simple.

Aimez-vous mélanger « les arts », un peu comme le fait ce festival ? 

La Chica : Absolument. Tous les arts sont liés, et je suis fan du concept de ce festival où chaque proposition artistique peut entrer en résonance avec une autre.

Tommy : Mélanger les arts est pour moi essentiel en tout cas en terme d’inspiration, il faut garder les yeux ouverts sur les différentes formes possibles d’expression. Dans ma pratique je suis amené de plus en plus à penser l’espace. Cela m’amène naturellement à l’installation et à intégrer la notion de lieu dans toute pratique artistique.

Timo : Alors oui ! Je suis aussi danseur interprète. J’ai commencé le breakdance il y a 10 ans au sein d’un groupe parisien underground qui s’appelle Bad Trip Crew. C’est d’ailleurs la création de ponts entre ma pratique de la photographie et de la danse qui m’a permis d’évoluer en tant qu’artiste photographe. Pour moi dans les deux disciplines on créé des images, du visuel, du mouvement. On touche le regard des autres. J’essaye au maximum d’avoir la même démarche, la même sensibilité dans la création d’une image et d’un mouvement. Dans un sens, je pense que la spontanéité et la liberté de créer en fonction du présent est à la base de mon expression artistique. En Hip Hop on appelle ça le « freestyle »… et ça veut pas forcément dire aller dans n’importe quel sens. C’est la construction d’un style sur le long terme. Toujours évoluer à partir de ses bases, de ce que l’on a déjà produit.

Comment s’est fait le partenariat avec le Togaether festival ?

La Chica : J’ai eu la chance de rencontrer Juliette :)

Tommy : J’ai découvert le festival TOGAETHER par Alexandre Cabaret qui m’a proposé de montrer mon travail à l’occasion de ce festival. L’art sous toutes ces formes, gratuit et accessible à tous au coeur de Paris, c’est un super projet et je suis très heureux d’y participer.

Timo : On a beaucoup accroché et échangé avec Alexandre, un des organisateurs du festival depuis nos études à l’université. J’ai pu voir son évolution professionnelle en tant que passionné d’art et de culture. A l’occasion de plusieurs visites à la galerie Ground Effectz qu’il gère maintenant, on a discuté de l’éventualité de proposer mes photographies. Et voilà comment j’en suis arrivé à Togaether Festival. De manière assez simple finalement. C’est plutôt l’histoire d’une rencontre.

Des projets pour la suite ?

La Chica : Mon album est prêt. Beaucoup de vidéo clips, des collaborations avec des danseurs…Tommy : Nous avons ouvert avec trois autres artistes un lieu à Bruxelles nommé C O H E R E N T, où nous invitons des plasticiens à créer des pièces sur place et alimenter une proposition curatoriale différente à chaque exposition. La nouvelle saison commencera en septembre et nous avons déja plus d’une vingtaine d’artistes venant de 12 pays différents, c’est une magnifique experience que nous sommmes impatient de continuer !Timo : Beaucoup de projets concrets pour la suite et encore plus d’idées ! On pourra me retrouver sur un spectacle de danse qui s’appelle Wild Cat de la Compagnie Black Sheep (dirigée par Saïdo Lehlouh et Johanna Faye, produit par Garde Robe). A cette occasion je continue une série photographique « Wild Pics » qui montre à travers des photographies de danse le processus de création chorégraphique. Je m’attache aussi à poursuivre cette recherche artistique autour du mouvement. Dans ce cadre j’entreprends un long travail de documentation, qui va s’étaler sur quelques années : le but est de montrer la diversité des contextes dans lesquels les corps et les gens s’expriment. Et pour ce qui est d’une envie je souhaite profondément repartir à l’aventure et à la découverte de nouvelles cultures et territoires.
Quelle est votre définition de la pop culture ? 

La Chica :
Une proposition artistique suffisamment généreuse et riche en émotions qui permet de toucher le plus grand nombre.Tommy : Pour moi la pop-culture, ca nous englobe tous, c’est dans le vent, c’est un truc qui vole au dessus de nous et dont chacun peut s’en emparer, ou pas.

Timo : Je pense que c’est un phénomène fédérateur. C’est un moyen de rassembler les gens autour d’une pratique, c’est ce qui les connecte au quotidien. Pour moi c’est finalement une façon d’entrevoir n’importe quelles cultures ou activités : pour le public c’est se dire que c’est accessible, et c’est pour l’artiste la manière d’emmener des publics vers un horizon plus précis, une sorte de porte d’entrée vers un univers inconnu, un peu plus subtil.

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