Entre rap et electro décomplexé, le duo Sein signe un nouvel ep « Ultra » bouillant

Photo de Florian Duboé

Sein, c’est la rencontre explosive entre Balthazar et Joseph, deux potes qui ont formé leur groupe au lycée, produit leur premier EP dans leur chambre et reviennent aujourd’hui avec « Ultra ». En concert le 18 octobre au festival MaMA.

Ces deux Parisiens font partie de cette nouvelle génération qui s’est affranchie des barrières musicales et qui nous apporte un vent de fraîcheur avec leurs chansons à la croisée du rap, de la pop et de l’électro. Leur disque EP Ultra confirme le talent du duo, qui avait livré une prestation remarquée à Rock en Seine l’année dernière. Le duo a également fait les premières parties de certains de leurs copains, comme Thérapie Taxi et Columbine.

Le résultat de ce cocktail détonnant : des titres entraînants, des refrains qui rentrent dans la tête et qui ne veulent pas en sortir, et un sacré sens de l’humour, servi par un certain don pour la mise en scène.

Découvrez notre interview avec Joseph et Balthazar…

Les instrus électro de vos tracks sont assez éloignées des standards rap, comment vous en êtes venus à composer ce genre de musique ?

Balthazar : On a créé notre groupe quand on était au lycée. A ce moment-là, on avait chacun nos influences respectives. Joseph était très branché rap et moi j’étais fan de rock : j’écoutais beaucoup des groupes comme Nine Inch Nails ou bien Radiohead. Il a fallu mélanger toutes nos références pour créer notre musique et l’électro faisait partie de nos influences communes.

Joseph : Malgré le fait que mes parents ont une culture très rock, c’est vrai que moi j’appartenais davantage à l’école rap, mais j’écoutais aussi beaucoup de pop-rock des années 60-70 : les classiques ! C’est pour ça que j’ai réussi à me retrouver dans Balthazar. Si j’avais vraiment écouté uniquement du rap, ou lui que du rock, ça n’aurait pas matché entre nous. C’est comme ça qu’on en est venus à créer un groupe qui mélange divers influences.

C’était quoi tes classiques rap Joseph ?

Balthazar (Balt’) : Je peux répondre à sa place ! C’était Tyler, The Creator et Mac Miller.

Joseph : Il me connaît bien ! (rires) C’est vrai que Tyler c’était vraiment une grosse influence… Le dernier album (Igor), est vraiment incroyable, l’avant dernier aussi (Flower Boy). De manière générale, j’écoute plus de rap anglo-saxon que de rap français.


Photo de Florian Duboé

Et des influences communes ?

Balt’: Quand on a commencé à faire de la musique on s’est retrouvés autour d’un groupe en particulier, Odezenne, mais aussi Just Jack, qui sont pour le coup deux groupes qui mêlent rap et musique électronique.

Joseph : Dans les faits, il y a de plus en plus de projets qui sont étiquetés comme rap, parce que dans la forme, c’est du rap. Mais les influences sont très diverses, venant à la fois du funk, de la zumba ou de l’électro. Booba rappe sur des instrus reggeaton et pose même sur des chansons avec juste un clavier-voix, et ça marche super bien aussi ! Dans notre musique, il y a beaucoup d’influences électroniques, parce que c’est ce qui nous plaît le plus.

Quel est votre protocole pour composer ?

Joseph : C’est hyper variable. Balthazar peut avoir un texte court hyper cool et me le filer parce qu’il marche bien avec mon phrasé et mon timbre de voix. Et inversement, je peux aussi écrire un bon refrain, qui sera chanté par Balthazar. C’est hyper variable. Pour ma part, j’ai l’impression d’avoir de moins en moins de patience pour écrire des textes (rires). Du coup pour les textes on travaille aussi en tandem : la présence de Balt est nécessaire pour que je me motive. Je dois être trop dissipé… Balthazar est plutôt calme tandis que moi je suis plutôt turbulent, du coup à deux on s’équilibre, encore une fois.

Balt’ : Pour cet EP on a vraiment bossé ensemble pour produire et composer les tracks. C’est le projet le plus complet qu’on ait fait jusqu’à aujourd’hui. On est encore à la recherche de la méthode parfaite pour composer le plus efficacement possible…

Qu’est-ce qui a changé entre le dernier EP et celui-ci ?

Balt’ : C’est l’EP de la maturité ! (rires)

Joseph : On avait fait notre premier EP dans notre chambre, totalement en indé. Juste après ça, on a signé en label (chez Chapter2, Wagram) et le fait d’avoir des moyens, ça change tout. Pour cet EP on a eu un studio et on a même pu choisir l’ingé son qui nous convenait le mieux, c’était le pied.

Balt :  Grâce à ça, on a eu beaucoup plus de marge de manœuvre dans notre démarche artistique. On a aussi fait une tournée de 70 dates, qui a commencé à Rock en Seine de l’année dernière. On est très potes avec Thérapie Taxi, et on a pas mal de leurs premières parties. On s’est aussi produits dans différents petits festivals cet été. C’était parfait pour se roder, et construire un show que tu maîtrises, sur une scène à taille humaine.

Ça vous a laissé le temps de composer ?

Balt’ : Pendant tout le mois de juillet, on était au studio. On a juste eu deux semaines de vacances, quelques dates en festival, puis on est retournés au studio, c’était super productif ! Du coup on n’est pas particulièrement reposés mais du coup on est dans le jus ! Et ça nous permet aussi d’être chauds pour commencer notre premier album qui est prévu pour début 2020.

Dans le clip de Passion, il y a le footballeur Thomas Meunier du PSG, c’est quoi ce trip ?

Balt’ : C’était un délire ! Pour illustrer le titre Passion, on voulait un peu illustrer le concept avec différents sports, d’où le tournage dans le Decathlon de Bondy. On voulait ramener une « star », pour un caméo un peu marrant. Un des mecs de notre label avait le numéro d’un agent qui gérait Thomas Meunier mais aussi des gars comme Benoît Paire. Comme on est fans de foot, on était super partant. Un jour on a reçu un message sur Whatsapp qui nous disait « Salut les gars, c’est Thomas le belge« . On s’est dit : « Putain mais c’est qui Thomas ??? ». Et en fait c’était Thomas Meunier. Pour qu’on l’identifie, il nous a envoyé une photo Google Images de lui (rires) C’était marrant.

Joseph : Il était vraiment hyper dispo. Il est venu sur le tournage et il est resté beaucoup plus longtemps que prévu : vraiment adorable. On est restés en contact depuis, il est trop cool. Il nous a proposé plein de fois de venir au parc pour les matchs de Paris, mais on a pas encore eu le temps d’y aller.

Dans le clip de Legal, il y a un jeu d’acteur intéressant, c’est quelque chose que vous allez creuser ?

Joseph : Le clip de Legal, c’est mon frère qui l’avait écrit. Le but c’était vraiment de faire un mini film de 10 minutes. Au début, il est arrivé avec un scénario auquel je n’avais rien compris, avec des gens qui se battaient au sabre laser et des scènes avec des dialogues un peu absurdes. A l’époque, on n’avait pas encore signé, du coup on a tout fait « maison ». On a fait venir des potes et on a tourné chez les uns et chez les autres. Comme on avait loué le matos pour une journée seulement, on a dû tourner le clip en 24h. C’était hyper intense… On a pris ça comme un défi et comme le clip est un peu décalé, ça nous a permis de nous démarquer. D’ailleurs, tous les sons de l’EP vont être clipés.

Quels sont vos coups de coeur musicaux de cette année ?

Joseph : Je mets Tyler en 1 c’est sûr ! J’ai aussi beaucoup kiffé l’EP de Odezenne. L’album d’Octavian aussi, c’est du lourd. Le clip Baltimore de Kobo est vraiment trop bien aussi. L’album de Post Malone est bien, mais très chelou.

Balt’ : J’écoute beaucoup l’album de Voyou. Y’a un groupe belge qui s’appelle Balthazar que j’ai vu l’autre jour à Rock en Seine. Ils ont sorti un album cette année. C’est du rock calme, mais c’est travaillé et très bien foutu. On écoute aussi beaucoup le disque de notre pote Johan Papaconstantino. On s’est croisés quelques fois en tournée, il est vraiment sympa.

Sein sera en concert à la Machine du Moulin Rouge le 18 octobre dans le cadre du MaMA Festival.
Le disque EP ULTRA, est disponible à partir du 11 octobre en version digitale.

Clément Perruche

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