Le « Manifeste du Cu » : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Cuivre sans jamais oser le demander

Crédit Chaunu

Le cuivre (Cu), cet élément chimique indispensable au vivant est aussi utilisé dans l’agriculture biologique comme une alternative aux pesticides. Un manifeste vient lui redonner ses lettres de noblesse.

Cher lecteur, passe ton chemin si tu crois trouver ici un manifeste rose ! Le Cu, c’est avant tout le symbole chimique du Cuivre. Utilisé en viticulture et en agriculture, le cuivre est un ami peu connu du grand public. L’ouvrage Manifeste du Cu vient pallier cette méconnaissance, en rappelant qu’il est aussi indissociable du vivant, bon pour l’environnement et en ventant ses effets comparés à ceux des pesticides classiques toxiques.

Mise à mal par certains lobbyistes de l’agriculture chimique et OGM, cette alternative biologique et naturelle défendue dans ce livre illustré, se fonde sur une vraie enquête scientifique, un article publié en avril 2019 dans Food and Nutrition Journal : Le cuivre dans les vins et les vignobles : goût et toxicité comparés des pesticides. 

Aux manettes du Manifeste du Cu, on retrouve le caricaturiste Emmanuel Chaunu, mais aussi le caviste Jean-Charles Halley, le scientifique Gilles-Eric Seralini (professeur, chercheur et spécialiste des effets des pesticides sur la santé) et le chef Jérôme Douzelet.

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Rencontre avec un de ses auteurs, le chercheur Gilles-Eric Seralini

Pourquoi les lobbys de l’agriculture chimique sont sceptiques face au Cu ?
Gilles-Eric Seralini :
La fin de l’agriculture intensive et toxique est programmée. Elle ne fonctionne que grâce à des aides financières et subventions depuis la seconde guerre mondiale, nos sous. Elle ne fonctionne que grâce à la pétrochimie fabriquant des pesticides, qui font utiliser 10 Cal de pétrole pour 1 Cal de nourriture consommée. D’ailleurs, des pesticides comme le Roundup – utilisé en viticulture intensive – peuvent contenir des résidus de pétrole et des métaux lourds comme l’arsenic, mon équipe de recherche l’a publié. Cette agriculture chimique ne nourrit plus la planète, mais le bétail en camps de concentration. C’est le cas du soja transgénique plein de Roundup qui nourrit cochons, vaches et poulets et dévaste l’Argentine.

L’agriculture intensive ne nourrit plus le monde (famine et malnutrition sont des maux majeurs), elle l’exploite, l’empoisonne, et dérègle le climat. Donc, ses lobbys se démènent comme ils peuvent pour lutter contre l’agriculture et les vins biologiques et naturels et ses pratiques, car elle est d’une concurrence déstabilisant les fondements de l’agriculture chimique.

En quoi le cuivre est-il bon pour l’environnement ?
On ne peut pas parler ainsi sans parler de doses. Comme tout oligo-élément, il est essentiel à petite dose pour faire fonctionner nos fonctions vitales (enzymes), même donné en ampoules en pharmacie pour stimuler notre système immunitaire : c’est aussi vrai pour les plantes et les animaux. Allez visiter un vigneron bio : l’écosystème entre les plants démontre qu’à faible dose le cuivre est excellent pour l’environnement ! A forte dose (comme ce qui fait que cela va se retrouver beaucoup plus dans les vins non bio) il dénature le goût du vin ! Nous l’avons testé et le racontons dans le livre avec des images évocatrices : le goût du Cu !

Crédit Chaunu

Dans quelle mesure le Cu peut-il être utilisé comme un pesticide pour nos cultures ?
Mais le cuivre n’est pas un pesticide aux doses utilisées en agriculture biologique aujourd’hui (1-4 kg/ha) ! C’est le message principal de notre livre. Il est indispensable à la vie, pour la fabrication des sucres par les plantes, des arômes, du bois (de la vigne), il est un cofacteur crucial des enzymes, du coup, les plantes se défendent mieux des attaques. Sans cuivre utilisé par les plantes (qu’elles trouvent aussi dans la terre, mais peuvent en manquer un peu), pas de vin !

Est ce que le Cu est utilisable à grande échelle ?
A 40-50 kg/ha, c’est un pesticide toxique avec de la chaux, qu’on appelé après la guerre bouillie bordelaise : on en a sur-abusé et intoxiqué les sols, c’est comme si on vous laissait tremper dans du sel des semaines, vous en mourriez ! Il doit être proscrit à ces doses ! Or les vins pesticidés (euh pardon, certains les nomment conventionnels) contiennent dix fois plus de cuivre (Cu) que les vins nature !! Vous voulez comprendre ? Nous l’avons expliqué simplement dans ce petit Manifeste du Cu : du cuivre est non déclaré dans les résidus de pétrole des bouteilles de fongicides, dans ce qu’on appelle les formulations ou adjuvants ! Est-ce bien légal ? Il faut que cela soit déclaré et réglementé vite fait -avec obligation de transparence- car les agences sanitaires ne l’avaient pas vu ni analysé. Il est vrai qu’elles prennent d’abord en compte ce que leurs disent les vendeurs de pesticides pour donner des autorisations. Nous le dénonçons.

D’où vient ce cuivre ? et sous quelle forme physique et chimique est-il utilisé dans les cultures ?
Il a deux formes essentielles : dans les résidus de pétrole pour l’agriculture chimique, il est avec les pesticides chimiques (et n’est pas pur) ou par extractions minières. On peut l’utiliser plus pur sous forme de sels de sulfate de cuivre. Toujours avec modération. Pour les sulfates et les sulfites, voir notre prochain livre…

 

Le Manifeste du Cu, est disponible chez BBD éditions, dès le 27 septembre, tarif 9 euros en librairie et en ligne.

Abigail Ainouz

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