[POP TALK] Anemone fait une joyeuse pop psyché made in Montréal

On a parlé Montréal, 35mm et pieds cassés avec Chloé Soldevila

On avait découvert Anémone à Hotel Vegas, haut lieu du SXSW, à Austin, et autant dire qu’on avait vu la lumière. Voir ce groupe de gens qui s’aiment jouer autour de Chloé Soldevila, qui écrit et compose les morceaux, peut potentiellement vous coller un sourire un peu con et vous donner envie de danser avec les bras un peu trop loin du corps, d’ « avoir du fun », comme on dit chez eux, en somme. Cette joyeuse bande tout droit sortie de Montréal est un montage qui a marché et dont Chloé Soldevila est l’instigatrice au raisonnement très simple : elle est allée à la rencontre des musiciens qui faisaient le genre de musique qui lui plaisait. Sa chance, et leur chance à eux tous, c’est d’être devenus « amis pour la vie » comme elle dit, presque instantanément. Résultat, des tournées et des passages en festivals, dont la Villette Sonique qui nous a permis une bien jolie rencontre.

Le nom du groupe est tout droit tiré du tube du Brian Jonestown Massacre, Anton Newcombe est une influence majeure pour toi, ou tu aimais juste le mot « anémone » ?
Alors, oui, son travail m’inspire et j’admire son œuvre, mais ça n’est pas la source principale de mon inspiration, dans le sens où beaucoup de choses me nourrissent. Mais avec le titre Anémone, c’est la première fois que j’entendais ce genre de revival sixties fait à la manière des années 90. Cette chanson m’a fait un effet dingue, j’i adoré que ce soit une femme qui chante, puis j’ai vu son titre dans la liste des chansons sur l’album et ça m’a plu tout de suite. Je me suis fait une note mentale en me disant ue si jamais un jour j’avais un projet musical, il s’appellerait Anémone.

Dans votre process d’écriture, c’est toi qui arrives avec les morceaux déjà fabriqués et les autres qui y ajoutent leur patte. Vous envisageriez de faire des sessions d’écriture collectives ?
J’ai essayé de leur proposer, mais c’est pas leur truc. Pour l’instant on ne s’est pas encore retrouvé pour le faire mais il faudrait essayer, ça pourrait être fun. Aujourd’hui, l’essence du projet c’est moi qui écris, l’ensemble qui arrange et ajuste les différentes parties. Parfois on change tout, parfois on garde tout, parfois on étoffe, ça dépend, on reste libre, on ne peut pas contrôler la créativité.

 L’album est très optimiste et parle beaucoup d’aller de l’avant, à l’image du refrain « beat my distance », c’est un genre de mantra pour toi ?
Oui ! Toujours avancer, expérimenter, apprécier la vie. Je me dis ça tous les jours, même quand il y a des matins où je me réveille et j’ai l’impression que tout va s’écrouler, j’ai une petite voix intérieure qui me pousse.

Ton meilleur souvenir de tournée ?
Ce soir ! Ca sera le meilleur souvenir parce qu’on joue sur la même scène que Stereolab, et Laetitia Sadier c’est mon héroïne, j’ai le trac de la croiser ! Pour le reste, j’en ai plein, parce qu’on s’adore dans le groupe, mais c’est aussi vrai qu’on a joué de malchance cette année : on s’est fait vandaliser, je me suis cassé le pied, Samuel s’est cassé les deux pieds, Gabriel a eu des infections dans les deux pieds, puis Miles vient de se casser le poignet.

 L’aspect vintage et Super 8 des clips que tu réalises pour le groupe leur donne un côté très pur et naturel, c’était le but ?
Exactement. J’adore la pellicule depuis que je sais que ça existe, puis un ami m’a offert une caméra 35mm quand j’avais 15 ans, j’ai trouvé ça trop cool. J’amène ma caméra partout et dès qu’on a du temps libre, je pousse le groupe à aller dans la nature, à la mer, dans le désert etc. Je documente tout et parfois je filme en sachant que je fais un clip, mais ça reste très spontané.

À quel point Montréal est-elle une ville propice à la création musicale ?
C’est malade ! C’est une toute petite communauté qui se soutient beaucoup. Il y a tout le temps de nouvelles personnes qui arrivent à Montréal et qui repartent, mais elles sont toujours accueillies à bras ouverts. On a aussi de supers festivals, plein d’artistes francophones ou anglophones. Et puis, ça change en ce moment, mais Montréal a longtemps été une ville peu coûteuse, et a pu être un point d’ancrage pour beaucoup d’artistes ces dernières années. C’est culturellement riche, accessible, proche des États-Unis et c’est super inspirant et chaleureux.

Talk et photo Agathe R.

 

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