TINALS : Le pire report du meilleur Festival

This Is Not A Love Song Festival, le bien nommé, on vous en avait parlé, on l’a fait. Enfin, on a essayé.

Plus qu’une histoire de concerts et de programmation, un festival, c’est avant tout une tranche de vie tartinée de rillettes de son. Récit immersif de 3 jours de live, de potes, de bières et de photos ratées.

JOUR 1 – L’extase

Après 5 heures d’embouteillages sur l’autoroute du soleil, nous arrivons à destination. Il est 16h, et nous posons nos bagages dans notre bungalow « Mimosa 7 » de CAPFUN, camping Nîmois qui allie confort rustique et bonne humeur, tout ça à 15 min du TINALS.

A peine le temps de se changer, nous montons dans la navette pour le festival. Là c’est la colonie de vacances, ça crie, ça se chamaille, des regards complices s’échangent entre festivaliers… on est à la fois oppressés et heureux, un peu comme dans les douches à l’armée.

Arrivés sur le lieu du festival, on est merveilleusement accueilli par l’équipe qui nous donne nos pass, nos bracelets et nos fameuses cartes Cashless qui permettent une circulation dématérialisée simple et rapide de la monnaie.

Le soleil de plomb nous rend euphorique, il nous suffira d’une bière pour devenir hystérique. On entend The Nude Party qui commence, un groupe ricain qui surf entre les genres, nous rappelant les Rolling Stones et Mistery Lights. Clairement un premier moment fort du festival, on se sent bien et les heures d’embouteillages nous paraissent déjà bien loin.


Men I Trust

L’ambiance est tellement bonne et chaleureuse qu’on ne peut s’empêcher de flâner de « chill zone » en « chill zone », de bar en bar, au risque de louper du lourd. 20h10, on se dirige vers le club Paloma pour voir Black Midi, un de nos gros coups de cœur. Porte close, trop tard, c’est plein. On se réconforte avec la pop aérienne de Men I trust, nous sommes charmés et un peu soûls, un peu comme dans les douches à l’armée.

On entend les gens sortir du concert de Black Midi : apparemment c’était la grosse claque. Mais il nous en faut plus pour nous décourager. On assiste au concert électrique de Ron Gallo, la nuit tombe et nous sommes au sommet de notre béatitude.


Ron Gallo

On retrouve ce bon vieux Kurt Vile sur la grande scène et sa pop folk pleine de classe. On va voir ensuite Caroline Rose et son rock charmant et terriblement efficace. On a, malgré tout, la tête ailleurs, car dans la grande salle, les sales bonshommes de FAT WHITE FAMILY vont clôturer cette première journée et on ne veut pas se faire avoir, pas encore.

On arrive à temps pour le show. Nous allons être transportés par 1h de rage et de sueur, tout ça parfaitement en place musicalement. Le charisme de Lias Saudi, les cheveux fraîchement rasés, nous donne à la fois envie de se battre et de s’enlacer. Un peu comme dans les douches à l’armée. C’est furieux et Lias l’iguane nous convainc que les « manboobs » peuvent être sexy s’ils sont agités avec grâce. Saul Adamczewski, plus discret, tient la baraque musicalement quand son pote Lias hurle dans le micro. On est très loin de la performance complètement stérile et expéditive à Rock en Seine l’année dernière.

Il est 2h du matin, on sort du concert en chantonnant « Touch the Leather » prêt à rejoindre la navette pour une nuit de repos bien méritée.

JOUR 2 – La révélation

Quelques heures de sommeil suffisent, nous nous réveillons avec des étoiles dans les yeux. Quand on dit « étoile », on veut surtout dire l’œil vitreux et rouge.

On profite de la piscine de CAPFUN pour apprendre la chorégraphie du camping et remettre des couleurs sur nos mines grisâtres.

Pour être honnête, on avait un peu moins d’attente sur ce jour 2. Pourtant, dès le premier concert de la soirée, on comprend que TINALS a un coup d’avance. Il est à peine 19h quand Big  Thief entre en scène. Déjà vu quelques mois auparavant, le groupe confirme que rock peut rimer avec élégance et volupté, emmené par la superbe voix d’Adrianne Lenker.

Petite pause food truck et toilettes sèches, et c’est Courtney Barnett qui débarque sur la grande scène. Barnett, c’est le rock sauce nonchalance, un charme fou et des chansons accrocheuses. Pourtant, après à peine 30 min de concert, on doit filer voir Lizzo. On ne veut pas la louper, oh non, Lizzo c’est la Beyoncé de demain, et personne n’a envie de louper la Beyoncé de demain. Sur scène, la chanteuse nous en met plein la vue et les oreilles, un show à l’américaine qui se vit à 100%, ce qui implique un lâcher-prise et des tentatives de pas de danses assez osés pour des blanc becs de 70 kg.


Lizzo

Le TINALS bat son plein, et l’ambiance est plus chaude que le volant d’une twingo garée au soleil. James Blake nous amène un peu de calme dans la tempête nîmoise, entre mélodie pop et nappes électroniques – James le romantique était la grosse tête d’affiche du festival.

Un samedi plus éclectique et inégal, mais on retiendra la claque Lizzo qui nous a rappelé qu’il n’y a rien de plus sexy et envoûtant qu’une danse dans une lycra léopard rose. La classe. Vivement le jour 3 (voir ci-dessous).

Jour 3 – La Guerre

Dring Dring. Le jour 3 est là. La journée la plus #rock, la journée la plus #chaude.

Un rapide tour du côté de MorMor, pour vite se retrouver devant la scène de Fontaines D.C qui commence à se faire la solide réputation de groupe live du moment. Bingo. Sur la scène de Mosquito, le soleil légèrement couchant et la poussière en apesanteur, on assiste au live le plus classe du séjour. On sent que les 4 irlandais sont parfaitement rôdés et le charisme de Grian Chatten est carrément magnétique. On ne peut s’empêcher de scruter les mouvements du chanteur, qui ressemble à un lion en cage, un boxeur sur le ring. Il n’hésite pas à regarder les spectateurs droits dans les yeux, avec provocation et complicité, un peu comme dans les douches à l’armée.


Fontaines D.C (ou quelque chose d’autre).

Pause dîner. J’essaye de rester en vie après avoir oublié de mâcher mon wrap Chevre-Miel. Le rock est plus fort que ça.

On assiste ensuite au live de Rendez-Vous, fiers représentants français de cette chaude soirée. Leur post punk est impeccable, avec une énergie live incroyable.

Shame commence son live quelques minutes après la fin de Rendez-vous. On se précipite – un peu trop – d’une scène à l’autre. Piégé par des immondes festivaliers allongés par terre, notre photographe manque de perdre la totalité de son visage poupin. On aurait aimé dire que cette chute explique la qualité des photos. Malheureusement, non.

On assiste donc au concert de Shame depuis le stand de la Croix Rouge. Ce qui n’est pas plus mal car il est habilement situé derrière la scène. On peut donc constater toute la rage du chanteur, qui enchaîne les clopes avant son concert et fait les 100 pas avec une détermination rappelant cette d’un lutteur avant un combat. Sur scène, Charlie Steen et ses compagnons semblent survoltés, et c’est carrément jouissif.

On se dirige dans le calme vers la scène du Patio pour attendre Fontaines D.C pour leur deuxième set. Malheureusement la magie n’opère plus totalement, même si le groupe fait l’effort de proposer un set différent, on voit dans le regard des musiciens une légère lassitude… on ne peut pas leur en vouloir après une tournée mondiale de presque 1 an et un premier set absolument parfait plus tôt dans la journée.

Après tant d’émotion, on se décide à tester pour la dernière fois le club de fortune du festival, une caravane qui déroule une playlist année 90 idéale pour finir, en beauté, un événement qui a tenu ses promesses. Direction la navette qui nous ramènera pour la dernière fois dans le lit bancal de Mimosa 7. Nous allons nous coucher, éreintés mais tellement comblés…Un peu comme dans les douches à l’armée.

Antoine B.

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