[POP TALK] Isma est le producteur de l’hybride

Producteur et beatmaker, Isma distille des prods subtiles et personnelles

Isma est un type ambitieux et plein de ressources, qui collabore avec des gens talentueux comme TripleGo. La musique qu’il invente depuis sa piaule de Bastille convoque aussi bien le cloud rap que l’électro ou des sonorités plus orientales et forme un tout assez fin et élégant. Il sort aujourd’hui Health, un EP riche et bien fabriqué.

Qui es-tu Isma ?
Je suis un producteur parisien de 34 ans et je m’apprête à sortir mon deuxième EP solo qui s’appelle Health. Ce projet est fondateur pour moi. Pour la première fois, j’ai l’impression d’avoir réussi à livrer une musique plus personnelle et sincère, qui me ressemble vraiment.

Tes prods sont assez riches et utilisent de « vrais » instruments comme le piano (« Bou7di »), c’est important pour toi de sortir du synthétique ?
Oui c’est un élément important de ma musique. Même si c’est spontané, j’aime incorporer des instruments plus « organiques ». Ça rajoute un peu de chaleur à mes compos, l’idée étant de les marier au mieux avec des synthés plus électroniques ou des boîtes à rythmes. Ça passe par l’usage de pianos, de violons mais aussi de percussions orientales. J’incorpore aussi beaucoup d’instruments plus traditionnels orientaux comme le Oud et le Kanoun

Tu intègres à ta musique des éléments assez orientalisants, par touches, c’est une manière de rendre hommage à un certain héritage et/ou de le faire connaître ?
Je n’ai pas forcément la prétention de faire connaitre la musique orientale. Cependant, je suis d’origine irakienne par mon père et j’aime beaucoup la musique orientale dans son ensemble qu’elle soit égyptienne, libanaise, d’Iran ou d’Irak. J’écoute aussi pas mal de musique du Maghreb, que ce soit du Raï, du Chaabi ou du Gnawa. De manière assez consciente, je voulais incorporer ma passion pour ces musiques dans mon travail, avec le souci de ne pas tomber dans « l’exotisme ». C’est certainement pour cela qu’elle n’ apparaît que par touches.

Comment s’est passé le feat avec Kahena ?
Ça s’est super bien passé. C’est Sanguee, le chanteur de Triplego qui m’avait fait découvrir un morceau de Kahena au moment où je cherchais à trouver quelqu’un avec un timbre de voix particulier qui chante également en arabe. Je l’ai contacté et le feeling est tout de suite passé. Elle est ensuite venue de Suisse pour un weekend afin d’enregistrer ensemble sur quelques prods que je lui avait envoyées. Il a découlé de ces sessions le morceau « Mektoub » qui a vraiment comblé mes attentes. Kahena est superbe dessus et s’est ultra investie pour ce morceau.
On a fait également un deuxième morceau qui s’appelle « De ta fenêtre » qui est sorti cette année sur une compilation du label Cascade Records.

Comment choisis-tu les gens qui posent leurs voix sur tes morceaux ?
Pour ce projet je voulais avant tout collaborer avec des artistes dont le timbre de voix me touchait particulièrement et dont j’aimais déjà le travail bien sur. Je suis sensible aux chanteurs qui possèdent des voix singulières et qui se distinguent des autres par un univers assez marqué. Il me semble que c’est le cas pour des personnes comme BxRod, Attila Mora ou Kahena. Après pour mes collaborations avec Juxe ou Triplego, c’est encore différent. Ce sont vraiment des amis. On a passé énormément de temps en studio ensemble à se faire écouter notre musique, à se faire découvrir des sons et à faire de la musique ensemble. Il me semblait donc évident qu’ils participent à cet EP.

C’est quoi la suite ?
Tout d’abord, défendre au mieux Health. J’aimerais aussi pouvoir faire vivre cet EP en live, certainement via des dj sets pour commencer. Enfin, continuer à faire de la musique, je commence déjà à bosser sérieusement sur un nouveau projet.

Talk Agathe R.

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