[POP CORN] Cinéma au féminin Pluri(elles), un docu nécessaire

Tonie Marshall, Agnès Varda, Noémie Saglio, Sandrine Brauer, Coralie Fargeat… Patrick Fabre donne la parole aux femmes de cinéma

Ça ne vous aura pas échappé, lors de la dernière édition du festival de Cannes, 82 femmes ont monté les marches avec l’ambition de se faire entendre et de demander l’égalité dans leurs métiers respectifs. Chef Op, productrices, distributrices, réalisatrices, preneuses de sons, toutes luttent avec des discriminations infligées par les hommes qui peuplent les strates de pouvoir. A l’origine, de ce moment historique, il y a le collectif 5050 pour 2020, qui se bat pour la parité dans un secteur excessivement masculin.

Les chiffres sont effectivement éloquents : en 71 ans d’existence,  82 femmes réalisatrices ont été invitées à concourir à Cannes contre 1688 hommes ; 71 réalisateurs ont accédé à la Palme d’Or contre 2 femmes, Agnès Varda et Jane Campion, respectivement à titre honoraire et ex-aequo ; la profession de réalisateur ne compte que 23% de femmes.

Ce constat, c’est Agnès Varda qui l’a fait lors de son discours et c’est là-dessus que repose le documentaire de Patrick Fabre, la voix de la montée des marches, dévoilé hier soir sur Canal +.
On y évoque la question des quotas, de la misogynie dans le traitements des femmes comme dans celui des financements ou de ce qui est attendu d’une femme ou d’un personnage de femme et de la difficulté à se faire respecter et aider.

Cinema au Feminin Pluri(elles) rend aussi hommage aux hommes qui s’engagent, comme Thierry Frémaux ou Jacques Audiard qui avait parlé d’ « aberration »  lorsque la Mostra de Venise avait annoncé en 2018 20 hommes en compétition contre… 1 femme. On y évoque également Alice Guy, pionnière absolue dans le cinéma, puisqu’elle fut la première femme à posséder un studio et à créer de la fiction, et l’importance de l’éducation avec l’exemple de la FEMIS qui compte désormais des classes paritaires.

Ce documentaire rassemble les paroles de femmes de l’industrie dans un discours constructif et éclairant, de la même manière qu’Aïssa Maïga s’était emparée du sujet des femmes noires dans le cinéma avec Noire N’est Pas mon Métier, et organisé une montée des marches tout aussi émouvante.

POP

 

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