Hedi Slimane garde le rock à la mode

A l’heure où le hip-hop est devenu la nouvelle pop, et le rock, un truc de niche pourtant bien vivace, Hedi Slimane persiste et signe : le rock n’est pas mort.

« Oui, bon, c’est beau mais il fait du Hedi Slimane, quoi » « Tout ce cuir, et ces invitations géantes c’est n’importe quoi » « Il a transformé YSL en Saint Laurent et Céline en Celine, mais qu’il crée sa propre marque à la fin ! » «C’est vraiment toujours très rock, hein» . Voilà un petit florilège ce qu’on pouvait entendre à la sortie du défilé Celine du 20 janvier, place de la Concorde.

Ça, c’est pour la mode. Pour le reste il y avait de quoi se réjouir, et ça a commencé avec la bande son du défilé, composée par Crack Cloud et un solo de saxophone en live de James Chance avant le final, le tout devant un parterre agité de la scène rock parisienne : Marble Arch, Territory, Lulu Van Trapp, Faux Real, Lescop, Naomi Greene, Fim Noir, Rendez-Vous, le maxi best-of en somme, accompagné des amis de la maison Carl Barât et Miles Kane.

Hedi Slimane, qui s’était accompagné de La Femme et du cultissime Ian Svenonius pour son précédent after-show au Bus Palladium, a de nouveau frappé fort et offert à une foule de jeunes -et moins jeunes- gens beaux et modernes une série de live de première classe.
Il y a d’abord eu James Chance, meilleur ami de vos soirées avec « Contort Yourself » et saxophoniste de génie. On va pas se mentir, il est clairement en mauvais état à 66 balais mais, légende oblige, c’était un beau cadeau.

La claque vient de Crack Cloud. Neuf canadiens énervés : une basse, quatre guitares, deux claviers, un micro et Zac Choy, le batteur-chanteur le plus charismatique du monde -sans exagération. Un mélange tendu de Television, Talking Heads et de krautrock, un cocktail post-punk réussi, appelez ça comme vous voudrez, c’était mortel. Et puis Rendez-Vous, toujours aussi balèze, un son toujours aussi lourd, une énergie qui a achevé les téméraires de l’open bar, opération réussie.

On dira ce qu’on voudra d’Hedi Slimane, de ses mannequins trop maigres, de son mépris total des enjeux écologiques actuels, ou de son style qui n’a pas l’air d’évoluer plus que ça depuis dix ans, il a au moins le mérite de se foutre de la tendance globale, et de le faire partager. Au premier rang de tous les concerts, Hedi Slimane aime le rock et les musiciens, les photographie sans cesse et les fait travailler comme égérie ou comme performers sans considération de nombre de streams ou de followers sur Instagram. Merci.

Agathe R.

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