[POP EN STOCK] Pour en finir avec la « World Music »


Gaye Su Akyol, mi-superstar mi-wonder woman Turque.

« MUSIQUE DU MONDE ». Sans doute l’un des termes qui fait le plus froid dans le dos.

Ce côté fourre-tout, un brin dédaigneux et qui rassemble sous la même dénomination la bossa brésilienne, le blues touareg ou l’électro cubaine.

D’autant plus qu’en réalité, il n’y rien de plus passionnant que la musique du reste du monde (enfin si, en vrai il y a peut-être 2/3 trucs). Parce qu’il s’en passe des choses sur cette belle planète morte bleue, et qu’on en a un peu marre de manger tous les jours la même tambouille, c’est le moment de faire preuve d’un peu de curiosité et de mettre Angèle en stand-by.

La musique n’a sans doute jamais été aussi développée : avec internet et la démocratisation des moyens de (s’auto-)produire et de s’enregistrer, tout le monde peut faire partager son talent (ou pas) au plus grand nombre, avec pour résultat un brassage culturel à son paroxysme dans lequel tradition rime avec modernité.

Comme on est sympa, on vous a fait une petite sélection. Des artistes qui n’hésitent pas à briser les codes pour nous rappeler que, en fin de compte, nous sommes et nous restons des citoyens du monde.

Altin Gün (Turquie… enfin pas vraiment)

On est au summum du brassage culturel. Un groupe Hollandais qui fait du rock psyché Turc. Impossible de résister, ça groove et la voix envoûtante de la chanteuse (turque, il n’y a pas de secret) nous donne envie de sniffer de l’encens. Le psychédélisme à son apogée. Sur scène, c’est impeccable, Altin Gün était la révélation des Transmusicales de 2017. Depuis ils ont sorti un album et tournent partout dans le monde.

ISSAM – Trap Beldi (Maroc)

“Trap Beldi”, ca veut dire Trap du bled. Un flow et un clip qui vous envoient au Maroc, une instru qui vous fait passer par Los Angeles, Issam maîtrise son sujet. L’esthétique est parfaite. TN, jogging Kappa, posés entre potes dans les rues ou sur les toits de Casa, on croirait un clip de The Blaze, la sincérité en plus. Bientôt 5 millions de vues sur YT en seulement 3 mois, c’est plus que De Pretto avec son dernier titre. Rassurant.

Imarhan (Algérie)

Dans un registre plus traditionnel, mais sacrément efficace, Imarhan nous a ébloui de son blues/rock touareg irrésistible. Dans la veine de Tinariwen ou Bombino, les algériens d’Imarhan sont des sorciers du live. Percus transcendantes, guitares folles et basse qui groove, leur musique est magnétique et passionnante. De quoi faire remuer n’importe quelle hanche artificielle.

Deena Abdelwahed (Tunisie)

La DJ Tunisienne Deena Abdelwahed a permis un gros coup de projecteur sur la scène techno maghrébine. Outre le talent indiscutable de la jeune femme pour produire du son moite et rempli de bonnes basses, elle est porteuse de vrais combats presque aussi sombres que sa musique, mais surtout indispensables. Lutte contre les injustices, l’homophobie, elle souhaite également casser les préjugés sur l’Orient, tout ça a grand coup de kick. En mélangeant chants traditionnels et instrus carrément techno, elle est le symbole d’une musique globalisée.

Charlotte Adigéry (Caraïbo-belge)

Nouvelle protégée des mythiques producteurs de Soulwax et 2manydjs, Charlotte Adigéry a une histoire qui en dit long sur ses influences musicales. Descendante d’une tribu Yoruba du Nigeria qui s’est libéré du joug esclavagiste en Martinique, elle s’inspire de la musique de ses ancêtres pour proposer une musique électronique et atypique. C’est sûr que c’est un peu plus inspirant que ta grand-mère qui a quitté Tourcoing pour Roubaix en 2004.

Rodrigo Amarante (Brésil)

Lui, c’est le Johnny d’Amérique du sud, les motos et la mulette en moins, et le chouchou des jeunes indie du monde entier. Adulé au Brésil et aux alentours, il est l’auteur de certaines des plus belles balades (non, on n’ exagère pas) écrites à ce jour, quelque part entre le folk, le blues et la bossa, autant de genres articulés avec souplesse et d’agilité que le chat qu’il est (on l’adore).

Soichi Terada (Japon) 

Mêlant dance/house 90’s, mélodies japonaises traditionnelles, et esthétique gaming, Soichi Terada est devenu le DJ Japonais incontournable. Il a fallut 20 ans pour que son titre Do It Again rencontre le succès, le voilà maintenant en top list des tracks à mettre en soirée pour faire bouger les petits culs.

POP

Antoine B.

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