[POP LIFE] Sexpowerment, vous saurez tout tout tout…

… Sur le zizi et sur celui des femmes, aussi

À un moment de ce spectacle ludique et pédagogique, les deux acolytes demandent au public de dessiner un sexe de femme. Le résultat est saisissant : personne, femmes incluses, ne savent trop bien à quoi ça ressemble, une chatte.

Lisa Wisznia et Claire Assali s’en sont aussi rendues compte à la lecture de Sexpowerment de Camille Emmanuelle. Ce livre en forme d’essai instructif et féministe déconstruit les clichés et remet en perspective l’idée de libération sexuelle à l’échelle individuelle : en gros, « le sexe, c’est ce que vous voulez », à consentement égal bien sûr. Le spectacle livre ainsi un certain nombre de questionnements et de solutions pour sortir du banal « préliminaires, pénétration, dodo », en remettant en cause, par exemple, le terme même de « préliminaire », puisqu’on vous explique TOUT est du sexe, même un baiser, même une étreinte, c’est l’intention qui compte. Le tout est étayé d’anecdotes et d’extraits d’archives, de citations et de beaucoup d’humour.

Rencontre avec deux comédiennes portées sur « la chose ».

Le sexe, ça vous taraudait déjà avant la lecture du livre de Camille Emmanuelle ?
Claire : Oui, mais avec des attentes et exigences au sein du couple et la question du désir qui circulait mal. La rencontre avec le livre a coïncidé avec ma décision de remettre de la liberté et de la simplicité dans ma vie sexuelle et dans ma parole la dessus.
Lisa : Oui. C’était une zone très tabou dans ma vie. Je pensais que c’était pas pour moi, que j’étais pas capable de prendre du plaisir. C’était un sujet de souffrance.

 

Le spectacle est très pédagogique, vous sentez qu’il y a un vrai besoin ?
Claire : Oui le besoin de dire certaines choses de manière simple, concrète, de donner quelques clés aux spectateurs.
Lisa : Le vrai besoin il s’est d’abord manifesté entre moi et moi. Alors je me suis dit que si j’avais autant manqué de mots à ce sujet, j’étais peut être pas la seule .

 

Par quoi passe/devrait passer l’éducation sexuelle des hommes et des femmes ?
Claire : Ça commence dans le cercle familial, avec moins de peur pour répondre aux questions naturelles des enfants sur le corps et ses sensations. Puis sans doute à l’école, avec les notions de plaisir et de respect de soi, à mettre en balance de la peur et du danger.
Lisa : Par une parole plus libre autour du corps, du désir, de la sexualité. S’autoriser à dire. À exprimer. Et si on a manqué de mots en étant jeunes, il n’est jamais trop tard pour oser s’en libérer plus tard. Y’a pas d’âge.

 

Comment prendre le pouvoir par le sexe, et sur qui/quoi ?
Claire : Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir sur qui que ce soit ou quoi que ce soit, mais de retrouver son pouvoir de s’exprimer, d’écouter son corps et de suivre ses besoins et ses désirs, seule et dans la rencontre avec l’autre. Pas à pas, en explorant.
Lisa : Comme le dit Camille ça commence par soi-même. En s’autorisant à en parler plus librement.

 

La libération sexuelle est-elle un vecteur indispensable au féminisme ?
Claire : Oui, si une femme fait pour elle même le chemin entre ses conditionnements et une vie sexuelle qui lui convient alors oui elle participe à l’émergence d’une nouvelle façon d’être femme.
Lisa : Une femme libre est une femme qui s’autorise à exister en tant que femme désirante, en tant que femme libre de jouir de son corps comme elle l’entend, comme elle en a envie. Sans subir d’injonctions.

 

Se libérer sexuellement c’est se libérer tout court ?
Claire : Ça participe à plus de liberté tout court et ça rejaillit sur tout le reste.
Lisa : Se sentir libre avec son corps et avec sa sexualité fait qu’on ne marche pas pareil dans la rue, qu’on ne fait pas de réunion professionnelle ou de courses au supermarché de la même façon. Un rapport libre à son corps et à son sexe permet de se sentir plus forte et plus libre dans tous les autres domaines.

 

Ce spectacle a-t’il changé des choses dans vos vies intimes respectives ?
Claire : Oui sur le plan de la sexualité, car tout est toujours en mouvement et se cultive chaque jour, le désir, l’amour de soi. Sur celui de la créativité- très lié d’ailleurs- car Sexpowerment c’est aussi une aventure de création de chaque jour, et de plus en plus heureuse.
Lisa : Depuis que ce spectacle existe dans ma vie, je rencontre des hommes et des femmes qui ont besoin et envie de parler de sexualité. Il me permet d’inventer de nouvelles manières de faire l’amour. Avec plus d’écoute, d’échange, de partage.

Tous les mercredis et jeudis soir, 21h30 à La Nouvelle Seine

Talk et photo Agathe R.

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