[POP TALK] Qu’attendre d’un premier Rendez-Vous ?

On a parlé autopsie, post-punk et mariage avec la relève du rock qui tabasse

Il est 18h à Paris, pas mieux au Bottle Shop où je retrouve le groupe, amputé pour cette fois de Francis (chant) et Guillaume (batterie). Chacun sa pinte, lunettes verres bleus pour Elliot, cheveux rouge/rose pour Simon, bloody pour Maxime. Pas de melon à l’horizon, juste une release party qui promet de déboîter pour la sortie de Superior State, le 9 novembre à la Machine. Vous pourrez pas dire qu’on vous avait pas prévenu.

Cet album est bien différent des EP précédent, moins froid et plus nuancé, qu’est-ce qui s’est passé ?
Deux ans pour un groupe c’est long, et puis même quand t’es juste quelqu’un qui écoute de la musique, ça laisse le temps de digérer pas mal d’influences. On avait aussi envie que ça soit différent, on voulait pas refaire le même disque, que ce soit forcément dans la même veine etc.

Il y a des choses présentes dans les EP qui vous ont saoulées, ou que vous ne vouliez en tous cas pas reproduire ?
On avait envie de se détacher du côté 80’, très synthé. On avait envie d’épurer les morceaux : moins de synthé, plus de guitare. C’est pas non plus l’opposé de ce qu’on a fait avant, c’est une évolution quoi. Avant on voulait que le gimmick arrive assez tôt, alors que là ça prend plus le temps.

Ca vous va qu’on vous qualifie de post-punk ?
Ca nous va dans le sens où post-punk implique un métissage de plusieurs choses. Déjà on dit « post-punk » parce que c’est censé être du punk un peu re-digéré avec des rythmiques différentes et des choses plus mélodiques. Ca nous va en tous cas vachement mieux que l’étiquette « cold wave » dans laquelle on se retrouvait moins.

Le clip « Double Zero » plein de barbaque toute rouge, c’était pour mener une réflexion philosophique sur la mort ou pour faire chier les végétariens ?
C’est d’abord esthétique : on trouvait que la viande était une matière intéressante à travailler visuellement. C’est beaucoup de viande humaine dans ce clip

Pardon ?
Ouais, y a pas mal d’images d’autopsie. Donc il y a quand même une réflexion, sans qu’on aie trop envie non plus d’en parler et d’expliquer, on pense que les gens sont assez intelligents pour se faire leur propre interprétation du truc. C’est une réflexion autour de qu’est-ce qu’on est quand on est mort, les humains, les animaux, tout ça, mais sans point de vue militant : c’est ni anti viande ni pour faire chier les vegan.

Ca change quoi d’avoir Rottier (le batteur) avec vous ?
Sur scène ça change beaucoup. Cet album a une énergie différente au niveau des rythmiques et ça n’avait quasiment plus de sens de continuer à travailler avec des drum machines sur scène. On a davantage de liberté en impro aussi, ça change tout. Puis on a bien choisi notre batteur !

Vous avez crée votre propre label, Artefact, les existants ne vous bottaient pas ?
En terme d’agenda et de proposition on a rien trouvait qui nous correspondait vraiment. On a été signé pour le dernier EP mais on avait envie d’en sortir. Avoir un label à nous ça nous rend libre question calendrier.

Vous comptez y signer d’autres artistes ?
Pourquoi pas un jour mais c’est pas la priorité. Mais si on découvre un jour un groupe qui nous plait vraiment au moins on aura la possibilité de le faire.

Votre meilleure anecdote de tournée ?
Rottier s’est marié avec une fille de Bratislava (rire)… Nan c’est pas vrai. La tournée dont on revient dans l’Est était vraiment géniale : remplir des salles et voir autant de gens à fond qui connaissent toutes les paroles, c’est super.

J’ai vu que Francis et Guillaume était sobre depuis un mois, vous virez straight edge ?
Non non ils sont juste boring ahah. Mais non pas du tout ça vient juste d’un pari entre eux, ils font une pause quoi.

 

Superior State est juste

Photo – CG Watkins
ITW – Agathe R.

 

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