[POP LIFE] Soumission et domination financière

Se faire plumer, « claquer du biff », être traité comme un pigeon ou comme un chien.  Voici les rapports qu’entretiennent esclaves et dominateur.ice.s  financier.e.s. 

Nouvelle forme de pratique BDSM, la soumission financière tend à s’étendre. Et comme son nom l’indique, l’argent y tient une place centrale. En petits curieux que nous sommes, on a interviewé un esclave (Clément, qui aime raquer) et une dominatrice financière (Sophie, qui aime recevoir).

 

Clément – Esclave :

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Clément, j’ai 30 ans, dans le conseil/audit comptable et financier, je suis parisien, de naissance également.

Qu’est ce que veut dire « esclave financier » ?
Soumission financière. La femme gère les comptes et se sert à sa guise.
L’objectif est de verser de petites ou grosses sommes d’argent à des femmes sans rien attendre d’elles en retour.

Quel type de relation entretenez-vous avec les femmes ?
Je n’ai pas d’enfant et je ne suis pas marié.
Ca fait 4 ans que je n’ai pas touché une femme. J’ai quelques connaissances féminines mais il n’y a rien de sexuel entre nous. Je connais notamment celle qui m’a présenté le concept.

Comment est-ce arrivé ?
En résumé, j’étais frustré et craintif de tempérament, bien que paradoxalement gros macho. Une fille que je connaissais de l’université m’a parlé de sa cousine qui fêtait son admission à l’Essec… elle m’a fait payer l’ensemble de la soirée de sa cousine avec ses copines pour fêter ça.
Puis, elle m’a expliqué le concept. Elle avait un esclave financier depuis de nombreuses années. Et je suis devenu celui de la cousine pendant plus de deux ans.
En résumé, la fille expérimentée a décelé mon profil et a fait de moi celui de sa cousine.

Est ce que tu continuerais cette pratique si tu as un copine ou une femme ?
Pour moi, les deux sont incompatibles.
Un esclave financier n’est pas en situation de trouver une femme de toute façon. Et tout est organisé pour que ça tienne comme ça.

A t-elle quelque chose à faire en échange ? Ou le fait qu’elle se serve « à sa guise » vous satisfait ?
Je le fais pour me sentir contrôlé, lâcher prise, voir l’euphorie de la femme qui en profite, lui apporter satisfaction en se laissant juste faire.

Votre situation vous permet-elle de faire cela ?
Disons que la femme prend le pouvoir et ses envies et projets passent avant les nôtres… donc même avec peu de moyens, on peut être esclave financier.

 

Sophie -Dominatrice :

Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 35 ans et je suis directrice (juste sous le grade d’associé) dans le domaine du service – en couple, sans enfant pour le moment.

Comment avez vous commencé cette pratique ?
Un proche m’a parlé du fait qu’une de ses connaissances lui avait parlé de cela pour lui. Cela m’a tout de suite intriguée. J’ai donc pu échanger avec cette personne qui, elle-même, a son pigeon à disposition depuis bien longtemps. C’était étonnant d’apprendre cet atout de puissance de la part d’une jeune femme à l’époque à peine sortie de ses études… alors, j’ai commencé petit à petit par des expériences « one shot » (shopping, retraits au distributeur ou paiement en ligne) avant de ferrer mon poisson durable :)

Avez vous plusieurs esclaves financiers ?
J’en ai un et un seul. Je réfléchis éventuellement à en prendre un autre, maintenant que le mien est bien dressé et que je n’ai plus du tout à me fatiguer pour que l’argent tombe !

Comment êtes-vous rentrée en contact avec lui ?
Au début, j’ai fait des forums et des annonces Internet mais mon pigeon actuel est salarié de mon ancienne boîte. En réalité, avec l’oeil et la discussion, il n’est pas très difficile de repérer les profils d’individus susceptibles de se laisser aller si on sait leur parler et leur faire comprendre, petit à petit, le rôle que l’on attend d’eux.

Les rencontrez-vous physiquement ?
Je rencontre physiquement fatalement ceux dont je révèle la nature de pigeon et que je ne trouve pas sur Internet :) Ça m’arrive de faire des choses ludiques (shopping, espèces, et autres) mais souvent, une fois le poisson ferré, c’est tellement bon que l’argent tombe sans avoir à les croiser… s’il faut les voir pour des aspects administratifs, il faut parfois s’y résoudre. Certaines amies envoient leur copain.

Dans cette situation, vous considérez-vous comme dominatrice ?
Je développe fatalement le côté dominante mais pas par folklore car il faut décider pour eux, leur faire faire les choses, et prendre en main les aspects de leur vie. Parfois, surtout au début, il faut s’énerver pour que les choses se fassent… donc oui, on a le mépris qui monte et qui se ressent envers eux, malgré nous. Et plus on les plume, plus on se dit « mais il est vraiment con de se laisser faire comme ca ».

Êtes-vous dominatrice au quotidien ?
Au quotidien, je suis déterminée et ambitieuse mais je n’aime pas écraser les autres, à part ceux dont la personnalité s’y prête, car ils m’énervent énormément…

Merci à vous deux ! On va désormais revoir nos plans de carrière …

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