[ITW] Macadam Crocodile, les sauvageons du live

On a pris un thé menthe (« car c’est bon pour la santé ») avec les Macadam Crocodile.

Vincent et Xavier sont les membres de Macadam Crocodile (Crocodyle pour les anglophones). Plus connu pour leur live sauvage que pour leur musique en ligne, ils sont les stars des festivals de l’été. On a testé lors du Pete The Monkey festival et le moins que l’on puisse dire, c’ est que leur live envoie du paté !

Tout d’abord, Macadam Crocodile, c’est quoi ?
Mh, un mélange de business et de Cac40 !
Plus sérieusement, c’est une envie de faire de la musique de manière spontanée sans direction vraiment définie ou de stratégie. On est chacun musicien depuis longtemps et est venu un moment où on avait envie de faire des choses simples et spontanées.
On écoute des musiques positives, on essaie de mélanger un peu de funk, de disco, d’électro, en fait toutes les musiques sur lesquelles on peut lever le bras en l’air.

Vous vous êtes rencontrés comment ?
On était au lycée ensemble. On a eu un groupe de blues à l’époque avec des amis, on faisait des reprises. On ne se connaissait pas bien (ndlr Vincent a 3 ans de plus que Xavier).
Xavier a eu ensuite un groupe plus officiel qui s’appelait Gush, mais on continuait à faire beaucoup de Jam ensemble, et c’est comme ça que la rencontre s’est vraiment concrétisée.

D’ailleurs vous êtes plus Jam improvisée qu’écrire un album non ?
Tout à fait. Macadam Crocodile c’est ça. À force de jouer, il y a forcément des mélodies, des grooves, des thèmes qui ressortent. Mais à la base c’est jouer spontanément, sur le moment et pas forcément avec l’optique de sortir un disque.
Avec nos projets respectifs nous avons déjà beaucoup enregistré et avec ce nouveau projet nous souhaitons vraiment que la base se fasse face aux gens, avec une nouvelle énergie. On a pas un projet classique : EP, puis album suivi par 3 clips.. On est plus au compte goutte.
Notre but est d’être meilleur en festival, de générer encore plus d’énergie pour mieux capter l’attention des gens.

Vu que c’est de « l’impro », ca vous est déjà arrivé d’avoir des ratés ?
On part sur des choses qu’on a déjà entendu, mais on a pas de structure. On essaie de se sentir. Maintenant ça fait longtemps qu’on fait ça, donc on a des signes et repères. Mais c’est déjà arrivé qu’on se rate sur le refrain aha.

Avec quel artiste rêveriez-vous de faire une jam ?
Ceux qui se présentent en fait.
On était à Cannes, il y avait Mathieu Chedid.
On a déjà joué avec Izia.
On a pleins de potes musiciens, saxophoniste…
Où qu’on aille, les musiciens sont les bienvenus.
Le plus long qu’on ait joué c’est 3h15 dans un café. À la fin on ne transpirait même plus, on saignait (rires).

Vous avez pas envie de pisser à un moment donné ?
Si si, mais on y pense pas vraiment. Je pense que l’urine ressort par la transpiration.
Notre set n’est pas traditionnel : une chanson, des applaudissements, une chanson… C’est un dj set, mais en tant que musicien : « set live ».


Vu au Pete The Monkey le 14.07 @sophierabreau

Avec une seule musique, vous êtes quand même programmé sur beaucoup de festivals cet été. Comment l’expliquez vous ?
Le titre est sorti au mois de juin. Mais nous, ça fait 2 ans qu’on tourne de plus en plus. Et la programmation de cet été s’est faite grâce au bouche à oreille après nos lives. Sortir des tracks pour nous, c’est vraiment un bonus. On a pas besoin de ça pour tourner. Comme des DJs qui ne font pas de disques, mais qui tournent beaucoup. On aime faire bouger les gens.
En plus c’est bien d’avoir des tracks qui tournent, mais la vente de disque c’est fini.

Pourquoi ce nom au fait ?
C’est une dualité. Quand on arrive sur scène, on ne sait pas ce qui va se passer, on va suer le plus possible, donc il y a quelque chose d’assez animal, très primaire, d’un peu ancestral. Mais on joue aussi beaucoup dans les clubs, donc il y a quoi qu’il en soit une approche assez urbaine. On avait besoin de cette dualité : on aime la ville et la nature, et on trouve que la musique qu’on fait correspond bien à ces deux éléments (et en plus ça sonnait bien).

Vos influences disco ? 
Beaucoup de James Brown, Fela Kuti, Chic, donc les bases de funk, disco, afro-funk. Mais il y a des trucs un peu plus electro comme Todd Terje.

Est-ce qu’aujourd’hui vous avez des artistes coup de coeur, autre que disco ? 

Nous sommes très diversifiés. Il y a toute une bande que tu rencontres au fur et à mesure des festivals, des concerts auxquels tu vas. On a pas mal trainé avec les Papooz, avec qui on a fait pas mal de Jam, et puis avec Pépite aussi. Nous avons un coup de coeur global sur la musique en ce moment. Il y a cet amour commun, cette envie partager de faire de la musique…
Il y a une scène émergente que nous trouvons super intéréssante avec Juliette Armanet, Moodoid, Clara Luciani… Et qui chantent en français ! N’oublions pas Feu! Chatterton (on les a rencontré ici) également, oh oui. Nous sommes dans une époque où il y a des choses plus intéressantes, mieux qu’il y a 10 ans, où c’était que de la variété un peu relou.
Sinon, un groupe de funk américain que nous aimons beaucoup et qui prône le retour aux jeunes musiciens avec la musique sur ordinateur est Vulfpeck.

Mot de la fin :
Xavier : On essaie de cultiver l’instant présent, autant sur scène, dans notre musique, que dans la manière de communiquer. C’est pour ça qu’on a sorti qu’un titre pour l’instant, et qu’on en sortira un autre plus tard.
Vincent : Je vais vous raconter une anecdote. Quand j’avais 12 ans, en vacances en Corse avec mes parents, j’ai fait de la musique pour la première fois. Nous avions le bouquin : Diapason (livre de reprise de musique), et on chantait avec des Hippies, et c’était la première fois que je voyais l’impact de la musique sur les gens. Tout le monde chantaient ensemble, et personne ne regardaient le guitariste. C’est un peu utopique et un peu naïf ce que je vais dire mais on aime ce côté partage, et on essaie avec Macadam Crocodile de développer ça : on enlève la musique, qui n’appartient pas qu’aux musiciens, car finalement les gens qui viennent écouter et danser, eux-aussi apportent quelque chose. C’est eux qui donnent de l’énergie aux artistes. Et ce ping-pong est important.
On ne fait pas quelque chose de contemplatif, mais quelque chose de plus global : déposséder la musique pour en faire quelque chose de participatif.
Xavier : Oui, on veut vraiment mettre le curseur sur la musique et pas sur « ah, il a vraiment bien géré son business plan ! ».
En coeur : Venez danser à nos concerts !

04.08 Seanapse festival 
11.08 festival Belle île on air 
14.08 Portisssol festival Sanary 
15.08 Places des Lices, le café Saint Tropez 
26.08 Très Cool Music festival Deauville 

Crédit photo : Damien Boisson-Berçu

Sophie est sur Instagram @sophierabreau

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