[POP TALK] Carpenter Brut, brut.

On a parlé metal et identité secrète avec Carpenter Brut (et on l’aime encore plus)

Vous avez sans doute déjà entendu son nom, sa musique mais jamais vu sa tête, c’est normal. Entre esthétique metal et set electro aussi sombre que violent, Carpenter Brut c’est celui qu’on attendait plus et dont on est très, très heureux de l’existence. On l’a rencontré en Normandie lors du Festival Beauregard pour un entretien franc et… brut.

Ton style est plutôt hybride, tu considères appartenir à une des familles du metal ou à un genre de techno ?
En fait je considère pas grand chose sur ce que je fais. Je voulais juste faire un truc que j’avais pas l’impression d’avoir déjà entendu en écoutant des groupes d’électro ou de metal. Y avait comme un trou à combler. Honnêtement, à la base je pensais pas à la scène metal du tout, j’avais suffisamment bossé avec des groupes de metal pour vouloir m’en détacher, mais c’est vrai que comme 80% de ce que j’écoute reste du metal ça se ressent forcément dans les structures et j’avais envie que quand ça pète ça soit assez violent. Un truc que je trouve dommage dans l’électro c’est que souvent c’est assez efficace rythmiquement mais il manque souvent ce côté chanson qui fait que ça te reste en tête -ce que Justice a réussi d’ailleurs.


Cover de Trilogy, réalisée par Fortifem

Tu as beaucoup tourné avec des groupes de metal comme ingé son, est-ce qu’il y a un groupe en particulier qui t’a décidé à t’y mettre ?
Justice ouais. Ils avaient à la fois des shows intéressants, à enchaîner les morceaux un peu comme un set électro classique mais avec une énergie plus rock. Après, je voulais faire quelque chose tout seul donc tu pars forcément avec un ordi et donc un truc plus électronique qu’avec un groupe. Sur scène en revanche je suis pas seul : histoire de pas avoir l’impression d’envoyer des mails derrière mon ordi, j’ai un guitariste et un batteur. C’est plus sympa de partir en tournée avec des potes, puis ça me rassure d’avoir des mecs sur scène qui assurent plus que moi.

Le visuel est très important dans ton projet, notamment par la collaboration avec Fortifem comment vous vous êtes rencontrés ?
C’était des copains d’une copine. Je cherchais à faire un logo, elle m’a dirigé vers eux, c’est toujours le logo qu’on utilise et depuis je bosse qu’avec eux, ça fait 6 ans maintenant.

« On est dans une génération qui est plus liée à qui sont les gens plutôt qu’à ce qu’ils font (…) La musique est toujours plus intéressante que celui qui la fait ».

 

Le visuel est fort mais toi, on te voit jamais. D’ailleurs, on a pas été autorisé à prendre de photo de toi, tu veux pas sache qui tu es ?

On est dans une génération qui est plus liée à qui sont les gens plutôt qu’à ce qu’ils font. On montre à mort et maintenant on a l’impression que l’élément principal de la musique c’est ce qu’on voit. Eddy de Pretto par exemple, moi j’ai jamais écouté, mais j’entendais tout le monde qui en parlait, et j’ai l’impression que ce gars-là on en a plus entendu parlé pour son image que pour sa musique. Mais j’ai jamais écouté, alors je me demande quel est le but de faire toute une com basée sur la personne et pas sa musique. Il est musicien le mec, c’est ça qu’on devrait connaître d’abord. Moi je préfère prendre l’exemple du patron de Nike, personne sait qui c’est mais tout le monde connaît la marque. De la même manière, la musique est toujours plus intéressante que celui qui la fait.
C’est pour ça que j’ai bagarré un peu pour garder l’identité secrète, pas parce que je suis connu et que je voulais pas que ça se sache mais pour empêcher que les gens identifie la musique à quelqu’un.

« En art, si t’es trop dirigiste les gens peuvent plus s’évader ».

 

Et visiblement ça fonctionne puisque tu as fait un Coachella et plein de grosses dates

Bah c’est bien la preuve qu’il n’y a pas besoin de montrer sa tête si la musique est bonne. J’pense que ma musique est quand même pas trop mal et que les gens en ont rien à foutre de savoir qui l’a faite. Ca leur permet aussi de se faire leurs propres films : en art, si t’es trop dirigiste les gens peuvent plus s’évader et la musique est là pour ça.

Le metal pour les nuls : tu pourrais nous donner 5 groupes pour s’y mettre ?

Commencer historiquement par les premiers Metallica, la base du thrash avec Slayer.
Meshuggah, c’est ce qui se fait de plus extrême en violence cérébrale, c’est une musique très mathématique, faut s’accrocher puis t’as une espèce de transe qui arrive.
Un petit Deftones pour la partie un peu plus mélodique.
Les français de Gojira si vous voulez voir ce qui se fait en France, c’est les plus connus et ils sont très forts.
Et puis Iron Maiden avec un côté un peu heroic fantasy vite fait ou Judas Priest plus cuir, plus moto.

 

Agathe est sur Instagram @ag_rou

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