L’île aux Chiens, fable dystopique au pays du soleil levant

On a vu l’Île aux Chiens hier soir en avant-première !

C’en est presque énervant avec Wes Anderson : L’Île aux Chiens, comme ses précédents films, est extrêmement réussi.

En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, ils sont alors envoyés sur une île qui devient alors l’Île aux Chiens. Rentre en scène le jeune Atari 12 ans qui arrive à se rendre sur l’archipel dans le but de retrouver son chien : Spot.
Aidé par une bande canine : Bryan Cranston, Bill Muray, Edward Norton, Jeff Goldblum et Bob Balaban, les 5 chiens se jurent d’aider le garçon coûte que coûte.
S’ensuit alors un long périple à travers l’île poubelle à bord de la bande-originale d’ Alexandre Desplat .

On le sait Wes Anderson est un créatif. Une personne qui déplace les limites de son art pour proposer des histoires féeriques, émouvantes dans un univers furieusement dense.
Si l’on pense instinctivement que le film est destiné aux enfants, il se place incontestablement au même titre que Le Petit Prince de Saint- Exupéry : c’est une œuvre aux multiples lectures.

L’Île aux Chiens est tout d’abord un reflet de la société américaine, ça saute aux yeux.
Un gouverneur- oppresseur qui ne jure que par la séparation des « races », l’usage de la « fake news » pour contrôler la population cumulé à la désinformation de masse,  des éléments qui reflètent ce qui se passe en ce moment de l’autre côté du continent.
Mais on perçoit aussi l’enfer de la jungle de Calais : l’idée d’un verdict impartial qui  renie le sort de plusieurs milliers d’êtres vivants loin de toute civilisation.

D’un antispécisme profond, L’Île aux Chiens se veut défenseur des animaux (comme son précédent film Fantastic Mr Fox), Wes Anderson profite de la stop motion, un format unique qui lui permet de rendre ses chiens plus humains que les hommes.
Car oui, dans ce dernier long métrage, les hommes se comportent comme des bêtes, et les bêtes comme des hommes.

Visuellement, les longs plans désertiques de l’île nous laissent penser à un hommage au western spaghetti de Sergio Leone, les références japonaises qui composent le film sont une immense liste de remerciements au cinéma de Akira Kurosawa. Mélangez  tout ça à l’omniprésence des plans symétriques Andersonnien et vous obtiendrez l’une des œuvres qui marquera le cinéma de 2018.

 

Ici un Bonus tout frais made in Arte :

 

Matteo est sur instagram @matteoveca

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